Football oranais

Quand une ville de légendes perd ses repères

Pourquoi le MCO est-il aujourd’hui le seul représentant d’Oran en Ligue 1 ? Pourquoi l’ASMO, autrefois véritable école de formation, semble-t-elle condamnée à é...

Quand une ville de légendes perd ses repères
Pourquoi le MCO est-il aujourd’hui le seul représentant d’Oran en Ligue 1 ? Pourquoi l’ASMO, autrefois véritable école de formation, semble-t-elle condamnée à évoluer dans l’antichambre de l’élite ? Pourquoi le RCO, auteur de trois accessions consécutives historiques, est-il aujourd’hui menacé de disparition ? Et que reste-t-il de la notoriété du RCGO, du SCMO et de la glorieuse équipe de l’USMO ou encore de tous ces clubs qui ont longtemps constitué l’ossature du football oranais ? Ces questions traduisent à elles seules l’inquiétude qui gagne le sport-roi à Oran. Une ville qui fut jadis l’un des principaux viviers du football algérien, semble aujourd’hui avoir perdu une partie de son identité et de son influence. Au fait que sont devenus l’EMO, le Najah AC, le CDJ, le CAP ou encore l’ASPTTO ? Le constat est d’autant plus amer qu’Oran possède une histoire exceptionnelle. Cette ville a enfanté de grands dirigeants tels que les Lahouari Chaila, Si Mohamed Brahim, Hadj Daho, Kacem Hamida, Hadj Ghalem Chaouch, Kacem Elimam, de grands arbitres comme les Benzellat, Mokhtari, Kaid, Bendjahene, Hansal, Sendid et les autres. Oran a également vu éclore des joueurs emblématiques comme les Cherraka, Bouhizeb, Ouanes, Freha, Miloud Hadefi, Abdelkader ‘’Pons’’, Hasni, Bendida, Dalla ‘’Tamengo’’, Serradj et la liste est encore longue. Ces noms appartiennent à une époque où le football représentait bien davantage qu’un simple résultat. Les clubs étaient des lieux de formation, d’apprentissage, de transmission et d’appartenance. Aujourd’hui, cette tradition semble s’être considérablement affaiblie. Les raisons de ce regrettable naufrage sont évidemment multiples. Elles sont sportives, administratives, financières et surtout humaines. Au fil des années, une mentalité davantage tournée vers les intérêts personnels, les conflits, les rivalités et le manque de respect d’autrui, aurait contribué à éloigner de nombreux cadres, techniciens, dirigeants et bénévoles. Lorsque la compétence s’éloigne, que les bonnes volontés se découragent et que les intérêts particuliers prennent le dessus sur le projet collectif, c’est nécessairement le club qui finit par payer la facture. Alors, Oran est-elle devenue orpheline de ses hommes de football ? C’est, en tout cas, l’impression qui se dégage lorsqu’on observe l’état actuel de plusieurs de ses clubs historiques. Comment expliquer qu’une ville aussi riche en histoire footballistique soit aujourd’hui confrontée à une telle situation ? Comment accepter que des clubs qui ont participé à l’écriture de cette histoire soient progressivement relégués au second plan, voire menacés dans leur existence même. Le populisme, l’opportunisme, les intérêts personnels et certaines pratiques malsaines qui privilégient l’immédiat au détriment de la construction ont profondément fragilisé le football local. Ceux qui ont contribué, à quelque niveau que ce soit, à cette situation doivent désormais avoir le courage de faire leur examen de conscience devant l’histoire. Car l’histoire du football oranais ne peut pas être réduite à quelques souvenirs glorieux. Oran a besoin de retrouver ses hommes de football. La question n’est donc plus seulement de savoir où sont passés les grands clubs d’Oran, mais de savoir qui pourra sauver ce qu’il reste de leur héritage et de reconstruire, demain, le football oranais. Ce sera très difficile car comme le dit le proverbe, ‘’au milieu de gens médiocres, le talent n’est pas à sa place’’.