Football algérien
Quand l’influence des pseudo-managers brouille les cartes
Le football algérien traverse une crise profonde. Si les critiques se concentrent souvent sur les instances dirigeantes, les entraineurs, les présidents de club...
Le football algérien traverse une crise profonde. Si les critiques se concentrent souvent sur les instances dirigeantes, les entraineurs, les présidents de clubs ou encore les joueurs, un autre acteur, plus discret mais de plus en plus influent, mérite également d’être interrogé, c’est celui des managers. Au fil des saisons, certains intermédiaires ont largement dépassé leur mission première, qui consiste à accompagner les joueurs dans la gestion de leur carrière. Aujourd’hui, leur influence s’étend bien au-delà. Ils interviennent dans le marché des transferts, orientent certains recrutements et semblent parfois peser sur les choix sportifs de plusieurs clubs. Chaque mercato illustre cette dérive. Des joueurs signent des contrats de trois ou quatre ans avant de quitter leur club après une seule saison. Cette instabilité chronique empêche les équipes de construire des projets solides. Les effectifs sont constamment remaniés, les entraineurs doivent repartir de zéro et toute continuité sportive devient quasiment impossible. De nombreuses voix dénoncent désormais un système où les réseaux d’influence et les intérêts privés prennent parfois le pas sur les critères sportifs. Dans cette logique, le football devient un marché où les mouvements de joueurs génèrent davantage de profits que de valeur sportive. Plus les transferts se multiplient, plus les commissions augmentent. Les conséquences sont lourdes. Les clubs s’affaiblissent, les jeunes talents voient parfois leur carrière guidée par des considérations financières, tandis que le niveau général du championnat peine à progresser. A cette situation s’ajoute un phénomène de plus en plus préoccupant: la confusion entre journalisme et management. Plusieurs sources indiquent que certains journalistes exercent également comme managers de joueurs, soulevant de sérieuses interrogations sur le plan de l’éthique. En s’appuyant sur leurs médias ou leurs réseaux sociaux, ils participent à alimenter les rumeurs, orientent le débat public, influencent parfois les présidents de clubs, avant de se retrouver eux-mêmes impliqués dans les négociations des transferts. Le football algérien a aujourd’hui besoin de retrouver des règles claires, une gouvernance forte et une meilleure répartition des responsabilités. C’est à cette condition que les clubs pourront bâtir des projets durables, que les jeunes évolueront dans un environnement plus sain et que notre sport-roi retrouvera progressivement sa crédibilité, sa stabilité et ses ambitions.