L’été américain vire encore un peu plus au gris après l’élimination au Mondial

Les Américains espéraient un été placé sous le signe de la fête. Ils ont finalement eu droit à une nouvelle foire d’empoigne version Donald Trump. L’élimination...

L’été américain vire encore un peu plus au gris après l’élimination au Mondial
Les Américains espéraient un été placé sous le signe de la fête. Ils ont finalement eu droit à une nouvelle foire d’empoigne version Donald Trump. L’élimination lundi des Etats-Unis face à la Belgique en Coupe du monde est venue assombrir un peu plus une ambiance nationale déjà tendue, à l’image des célébrations très clivantes de la fête nationale du 4 juillet. Avant cette lourde défaite (4-1), la «Team USA» avait pourtant réussi à conquérir le public. Dans un pays où le football ne suscite qu’un intérêt limité, des milliers de supporters reprenaient en cœur le tube kitch «Country Roads» pour encourager leur équipe, pendant que les réseaux sociaux regorgeaient de messages de fans étrangers admiratifs du mode de vie américain. Mais avant même d’affronter la Belgique à Seattle, cette équipe pleine de promesses s’est retrouvée au cœur d’une controverse estampillée Donald Trump. L’intervention du président américain auprès de la Fifa pour faire annuler le carton rouge infligé à la vedette Folarin Balogun a fait basculer la compétition dans l’arène politique. Trump a peut-être obtenu ce qu’il voulait, mais la magie s’est dissipée. Les Belges se sont indignés. De nombreuses personnalités du football mondial ont fait part de leur consternation. Et les supporters américains se sont retrouvés divisés entre les mêmes camps pro et anti Trump qui s’affrontent déjà sur tous les autres sujets. «On est passé (...) d’une Coupe du monde qui a fait que tout le monde tombait amoureux des aspects les plus typiquement américains de notre quotidien à un rappel des raisons pour lesquelles 90 % de la population mondiale nous déteste», a écrit sur X Rob Dauster, cofondateur d’un média consacré au basket universitaire. L’équipe nationale américaine «bénéficiait d’un énorme capital sympathie qui a disparu en l’espace de 48 heures. A la place, elle s’est retrouvée associée à une histoire de corruption politique qui l’a faite passer pour les méchants», a estimé sur la même plateforme le journaliste sportif Shane Ryan. Même la commentatrice pro-Trump Sage Steele a écrit sur X: «J’aurais préféré que le président Trump ne s’en mêle pas.» Amertume Deux jours plus tôt, la fête nationale du 4 juillet, habituellement fédératrice , avait déjà été transformée en champ de bataille politique par le président républicain. Pour le 250e anniversaire de la déclaration d’indépendance américaine, il a prononcé un discours émaillé d’attaques contre ses adversaires et de sombres mises en garde contre une prétendue menace communiste. Il avait tenu des propos similaires la veille au mont Rushmore, pourtant l’un des symboles de l’unité nationale. Le ton avait été donné le mois précédent avec l’organisation à la Maison Blanche d’un combat de MMA dans une arène spécialement installée pour l’occasion. Le président s’était aussi lancé dans une bataille autour de l’emblématique bassin du National Mall à Washington, en accusant sans preuves des militants de gauche d’être à l’origine de dégradations après les coûteux aménagements qu’il avait ordonnés. Au milieu de toute cette agitation, le duel entre les Etats-Unis et la Belgique promettait un moment plus heureux. Mais il a été gâché par la polémique autour de Balogun déclenchée par Trump et l’amertume qui s’en est suivi. «J’ai été personnellement déçu par beaucoup de gens, ils ont parlé de politique, de manipulation, d’éthique, d’intégrité, ils ont tout mélangé», a regretté le sélectionneur des Etats-Unis, Mauricio Pochettino, après le match. Dave Portnoy, fondateur du site influent Barstool Sports, a qualifié la prestation des Américains d’»embarrassante». Mais il en a aussi profité pour égratigner les politiques: «Avec le recul, toutes ces jérémiades sur la présence de Balogun ne paraissent-elles pas ridicules ?»