Le Football Oranais
De la gloire à l’anonymat
Que se passe-t-il avec le football de l’Ouest algérien ? Une région qui a longtemps constitué l’un des principaux bastions du ballon rond national, traverse auj...

Alors, comment est-on arrivé à une telle situation qui n’est ni inappropriée, ni inadaptable avec l’histoire. C’est ce qui arrive quand on perd ses traditions et ses coutumes. A Oran, le MCO n’a plus remporté le moindre trophée depuis plus de trente ans. L’ASMO semble avoir signé un pacte avec l’antichambre de l’élite et ce, malgré le changement des dirigeants. L’USMO, le club mythique, a complètement disparu par la faute de certains inconscients qui ont porté un coup fatal à l’histoire de cette équipe des ‘’Noir et Blanc’’ sans pour autant oublier le SCMO, le RCO, le RCGO, le Najah, le CDJ et les autres. Pourtant, tous ces clubs ont marqué l’histoire, soit par leurs consécrations, soit par les générations de joueurs talentueux qu’ils ont formées. Ils étaient autrefois des références et des écoles de formation. Aujourd’hui, ces institutions sont tombées dans l’anonymat et l’indifférence au point où d’anciens pensionnaires de l’élite risquent la disparition de la scène footballistique. Comment peut-on expliquer ce déclin ? Comment est-on arrivé à une telle mascarade ? Les raisons de ce naufrage sont multiples. Le populisme, la gestion approximative, les intérêts personnels, les faux discours, les promesses trompeuses et les décisions unilatérales ont progressivement détruit les fondations de ces clubs historiques. Le constat est amer : le football oranais, jadis fierté de toute une région, est aujourd’hui victime d’une véritable catastrophe sportive. Plus qu’une crise de résultats, il s’agit d’une crise de gouvernance qui menace l’identité de ces clubs emblématiques du football algérien. La situation est encore des plus inquiétantes avec des dirigeants qui ont montré leurs limites avec les membres de ces fameuses assemblées générales qui sont à l’origine de ce désastre. Aussi, au lieu d’axer leurs efforts dans le développement du football, nos dirigeants sont devenus maîtres dans l’art d’honorer les responsables et négliger leurs jeunes catégories qui représentent l’avenir. Dans tous les pays du monde, le développement du football s’articule autour d’une politique bien définie imposée aux clubs sur la base de règlements et en fonction des objectifs recherchés. Chez nos clubs, prétendus professionnels, il se passe des choses bizarres en leur sein. Parachutés dans le football, avec la complicité du pouvoir de l’argent de l’Etat, ces mêmes personnes ont pris le football en otage. A présent, c’est tout le patrimoine footballistique d’Oran qui en pâtit. Au fait, pourquoi les clubs oranais, notamment le MCO et l’ASMO n’arrivent-ils pas à se mettre au même diapason que les autres clubs du Centre et de l’Est ? La question reste posée même si tout Oran connaît la réponse mais personne ne veut lever le petit doigt. En somme, la situation est accablante pour une ville qui a enfanté de grands serviteurs de football et militants du football. Des notables du sport dont personne ne doutait ni de leur compétence, ni de leurs grandes qualités morales. Aujourd’hui, le football d’Oran est otage de certains intérêts et personne ne se soucie de l’histoire de cette ville qui a enfanté, les Miloud Hadefi le ‘’Kaiser Africain’’, Fréha ‘’tête d’or’’, Abdelkader Reguieg ‘’Pons’’, Mohamed Ounès ‘’le gardien volant’’, Hasni, Bouhizeb, Dalla Nour Eddine ‘’Tamengo’’, et beaucoup d’autres.