Sétif : Ces terrasses de café qui font défaut

Sétif étouffe en cet été caniculaire. Ni les côtes bougeottes ou djidjiliennes, toutes proches, ni lattrait des rabais hôteliers tunisiens nont pu se découdre à...

Sétif étouffe en cet été caniculaire. Ni les côtes bougeottes ou djidjiliennes, toutes proches, ni lattrait des rabais hôteliers tunisiens nont pu se découdre à réduire laffluence grandissante qui y circule. Le Park-Mall sest ainsi érigé en un noyau distractif incontournable. Nombreux visiteurs dautres wilayas viennent sentir le goût du luxe, des jeux et du shopping. Cependant, dans le ventre éventré de la ville, dès le crépuscule, les jeunes en groupuscules, guettent la tombée de la nuit pour sagglutiner qui sur les bordures de trottoir, qui sur les murettes ou les seuils dinstitutions. Le centre-ville par définition reste, toujours, attractif. Lavenue centrale est vite happée à ce moment de fraîcheur. Pas de bancs publics, plus de cafés, le long de lartère principale, lavenue du 08 Mai 45. Tout a disparu par enchantement. Les cafés et les terrasses de la Potinière, du Novelty, de Chez Mus, du Bon accueil et de bien dautres sont des enseignes consignées dans loubli. Rares sont ceux qui sen souviennent. Il y avait de lélégance et du bon service. Lon sy attablait sans gêner personne, ni par la nuisance vocale de son téléphone, ni par ses vociférations de parler. Il y avait tout de même une certaine culture du comment siroter paisiblement son breuvage. Fini, le temps des chaises en osier, les tables guéridon, des tasses et sous-tasses et des cafetiers papillonnés. Néanmoins, aux extrémités de la cité, à ses sorties plusieurs « coffee» naissent et offrent même la bouffe sans modération. Devant labsence criarde despaces de proximité et de convivialité, la minime place publique de la Poste principale est squattée, le matin par les seniors, le soir par les jeunes. Situé pourtant en face directe du siège de la wilaya, cet espace noffre aucun confort urbain. Deux ou trois bancs ne suffisent aucunement à la foule des pauvres retraités qui aiment sy rencontrer. Si les uns sont assis, les autres restent debout ou sempressent de recourir à des cartons pour se mettre à même le sol. Désolante image pour une ville qui aspire au rang dune mégapole. Quant aux plus jeunes, cest la nuit et au parterre et les marches descaliers de la poste de leur tenir lieu de sièges de fortune. Frustrant constat pour une jeunesse que lon glorifie à tout discours politique. Au niveau du légendaire lycée Mohamed Kerouani, cest le même désolant paysage qui sied. Pas suffisamment de bancs. Sa murette en tient, tout son long, une assise de pause et de repos. Cest cette raison qui nous donne, hélas, ces clichés devenus habituels de voir des gens postés à la devanture, gobelets en main. Les terrasses dit-on sont soumises à autorisation municipale, pourtant lon accorde bien des autorisations dans un site inadéquat pour des promotions immobilières hideuses et pour des démolitions dangereuses. Sétif gagnerait à se remettre dans lair du temps. Cest tout aussi simple dencourager, au lieu dentraver louverture de tels commerces. Dinciter au lieu de rebuter leurs terrasses. Un cahier des charges bien établi dans ses volets dhygiène et de sécurité, permettrait le retour de ces terrasses évaporées. La municipalité est priée dagrémenter le quotidien citadin. Il sagit en fait dun service public qui, lui, est obligatoire. Linstallation de quelques bancs publics sobres et remarquables de Ain Fouara jusquà ce que lon appelait à lépoque « lidéal », ferait, au moins, un bonheur instantané pour un citoyen en quête de quiétude civique.