Occident chaotique ou le salaire de «sa» violence
La liberté d’expression, c’est beau, c’est bon, mais dans un monde médiatique (les réseaux sociaux y compris) ouvert à tous vents, on verse rapidement et facile...
La liberté d’expression, c’est beau, c’est bon, mais dans un monde médiatique (les réseaux sociaux y compris) ouvert à tous vents, on verse rapidement et facilement dans la cacophonie et la manipulation qui éloignent de l’essentiel et du nœud des problématiques du moment. Se suffisant seulement des présentations et/ou des critiques des problèmes Il en est ainsi de ce qui se passe actuellement outre-Méditerranée autour d’un sujet d’une extrême gravité, celui de la paix sociale et politique, ayant d’ailleurs ébranlé sérieusement-en plus des difficultés économiques et financières- la vie quotidienne des citoyens (tout particulièrement les commerçants, l’organisation sécuritaire et la «tranquillité des «politiques» stressant les plus jeunes et angoissant les aînés) Cela ne s’est pas vu depuis Mai 68 en France et, juste avant, aux Etats-Unis et en Allemagne, entre autres. Toute la société occidentale s’était alors retrouvée contestée dans ses fondamentaux, tout particulièrement sociétaux, politiques et culturels. Un élément essentiel ayant concouru à de véritables insurrections populaires. Des insurrections! Pas des émeutes, car elles ont changé (Pour un temps? Pour longtemps?) le cours des choses. Autour de deux évènements principaux: la fin des guerres et des occupations coloniales («la colonisation, ce mal absolu» dixit Gilles Keppel et il faut relire Fanon et Césaire) et la guerre injuste au Vietnam. Résultat: Le ras -le bol puis une révolte des jeunes générations en recherche de travail et pas de chômage, de joie et pas de douleur , d’amour et pas de guerre… La leçon n’a pas été retenue par les pouvoirs en place. On a donc eu bien pire. D’abord, en raison d’un ultralibéralisme sauvage, qui a entraîné des révoltes plus corporatistes que politiques (ex: les « gilets jaunes » et les agriculteurs en France).Ensuite, des guerres interminables frappant l’Europe elle-même, mais surtout des pays du Sud global que l’on voulait toujours exploités pour leurs ressources minérales: Libye, Irak, Syrie, Soudan, Sahel… L’Algérie y a échappé de peu, mais quels dégâts! Depuis peu, on assiste à des soulèvements de jeunes portés beaucoup plus par la contestation des ordres établis; ordres qui n’arrivent pas à fournir le minimum de conditions pour un «mieux-vivre» et «l’espoir de futurs de paix». Des soulèvements cette fois-ci, violents, le mouvement allant de la France à bien d’autres pays. Plusieurs causes dont celles économiques et financières mais les plus importantes et les plus visibles émanent des discours et projets des droites extrêmes et des extrêmes droites, toutes deux habitées par des «abrutis de haine», de plus en plus totalement décomplexées oubliant même leurs noirs passés antisémites et pro-nazis, pro-OAS, pro-colonialistes, pro-impérialistes. Avec des discours contre tous les «autres»: surtout les immigrés, les Noirs, les Arabes, les musulmans, les…, les…Tout ce qui est, peu ou prou, différent. Et qui n’entre pas dans leur étonnant concept «judéo-chrétien» .Comme si celui-ci avait vraiment existé. N’échappent à la moulinette que ceux qui ont beaucoup, beaucoup d’argent et que les grandes banques occidentales tiennent par les c******s ! Le summum est atteint avec le soutien, pour ne pas dire l’encouragement, déclarés ou non, aux nouvelles «guerres civilisationnelles» pro-impériales, pro-sionistes, racistes même : contre les Palestiniens, contre les Iraniens, contre…. Une forme de violence institutionnelle, scandaleuse qui, paradoxalement, a « fait des petits » chez les nouvelles générations d’occidentaux qui la transforme en « violence émeutière révolutionnaire » (avec pour étendard le drapeau palestinien, « symbole de toutes les révoltes, d’une révolte universelle « (dixit Gilles Keppel) pour beaucoup et en « violences individuelles racistes » pour certains. Le virus de la violence d’Etat a essaimé et a contaminé les nouvelles générations, re-politisées, qui ne croient ni au dialogue, ni aux promesses politiques, ni à la négociation. Qui ne veut pas « remplacer » les populations « de papier » mais bel et bien « effacer » les tenants des pouvoirs. Un effet boomerang (« retour de manivelle ») qui n’est pas prêt de s’arrêter. L’Occident dans l’antichambre de guerres civiles? Au minimum, le chaos. «Bismillah, c’est les ténèbres!». Qui sait? Bien sûr, on ne le souhaite pas pour notre diaspora et pour les « Français de souche » qui ne nous haïssent pas.