Les «colériques» du foot «pro»

D’abord , on a un joueur (d’une équipe pro’ du Centre du pays) qui écope de six matches de suspension ferme pour avoir insulté l’arbitre lors du match pourtant ...

Un peu plus à l’est du pays, un autre joueur (capitaine de son équipe pro’, svp !) écope de huit matches de suspension, car il avait tenté de s’en prendre à l’arbitre, avant de l’insulter et de refuser de se conformer à une décision d’expulsion du terrain Enfin, on a un autre élément, un «super-pro’» celui-ci, jouant à l’étranger, qui s’est vu exclu du groupe formant l’équipe nationale de football, ce samedi 26 septembre, vingt-quatre heures à peine après la victoire contre la Zambie à Tizi-Ouzou. En cause : son attitude sur le banc de touche (sous les yeux du public - dont des femmes et des enfants- présent, devant les caméras de la télévision), jugée inacceptable par l’encadrement. Des comportements publics objectivement déplorables et donc condamnés tant par les hiérarchies que par le public. Mais, comportements surtout incompréhensibles car venant de joueurs évoluant dans le cadre du professionnalisme. Un niveau régi par une réglementation, une déontologie et une éthique connues et acceptées dès la signature des contrats. À prendre ou à laisser ! Il en est de même pour le staff technique qui est totalement responsable de l’organisation et du fonctionnement de l’équipe sur le terrain...et même en dehors (la vie intime familiale exclue). À prendre ou à laisser ! Les seules contestations et/ou critiques généralement admises sont celles des Assemblées générales ou des Directions générales et -si on est démocrate populiste- des supporters et de la presse. À prendre ou à laisser. Jusqu’ici, on a surtout vu des « rébellions » internes au niveau de clubs amateurs lesquels, en cas de sanctions des joueurs (dont la suspension durant plusieurs rencontres) ne perdent pas grand chose ... sinon du temps de jeu. Au niveau professionnel, il en est tout autrement : les pertes sont bien souvent énormes. A l’image de toute une usine qui voit sa production de pointe ralentie en raison d’un matériel essentiel subitement hors d’état de fonctionner. Il y a eu des dépenses. On attend une rentabilité permettant soit des bénéfices soit un équilibre du budget. Et, cela ne peut venir que d’un fonctionnement productif de plus value... sur le terrain...dans les gradins des tribunes avec du public nombreux et payant en publicité commerciale et en image positive des sponsors ou des propriétaires, que ces derniers relèvent du secteur privé ou du secteur public. Tout ceci dit sur la base de tout ce qui est dépensé, la plupart du temps de l’argent public provenant soit d’entreprises soit directement de l’Etat. Des sommes assez importantes pour ne pas dire colossales. A titre d’exemple, six clubs de Ligue 1 Mobilis consacre(raient) cette saison plusieurs centaines de milliards de centimes, soit presque une dizaine de milliards de dinars, aux seuls salaires de leurs effectifs. Et encore, ces montants ne couvrent que les salaires. Ils n’intègrent ni les primes, ni les déplacements, ni les frais de recrutement, ni les autres charges de fonctionnement. Le tableau ne concerne en outre que six des seize clubs de l’élite : étendu à l’ensemble de la Ligue 1, le total dépasse(rait) les 1.000 milliards de centimes par an. Et, les seize clubs de Ligue 1 auraient versé près de 70 millions de dollars de salaires à leurs joueurs en 2024-2025, contre 42 millions la saison précédente, soit une hausse de 64 % en un an. Des chiffres, bien sûr contestés, donc à vérifier. En attendant une transparence régulière et publique des comptabilités. Par contre, ce qui est sûr, c’est que de telles fortunes dépensées surtout en salaires de nos « pros » ne garantissent pas toujours, hélas, des résultats. Ainsi, on a eu bien des performances décevantes de plusieurs joueurs très bien payés. Ceci dit, l’erreur de gestion des compétences, bien qu’incompréhensible (en dehors des cas de corruption), est à la limite acceptable. Et bien de nos « coachs » et/ou dirigeants l’ont payé assez cher. Ce qui l’est moins, c’est évidemment la conduite sur le terrain comme en ville...et le tort causé à l’image socio-sportive du pays, en Algérie même et à l’extérieur. Elle doit être exemplaire. Surtout qu’il y a de plus en plus de jeunes, d’enfants et de femmes, parfois en famille, dans les tribunes. À prendre ou à laisser !