La route tue encore

La route algérienne est malheureusement le théâtre dune hécatombe assourdissante.

Loin dêtre le fruit du hasard, cette sinistralité trouve ses racines dans une conjonction de facteurs structurels et comportementaux. Sur le plan matériel, la vétusté du parc automobile constitue un danger permanent. Des véhicules âgés, souvent maintenus en état de marche précaire, circulent avec des freins usés ou des directions défaillantes. Ce phénomène est aggravé par la pénurie de pièces de rechange et le manque de pneus de qualité, contraignant les conducteurs à rouler avec des équipements dangereux ou à recourir à des réparations de fortune. Linfrastructure routière nest pas en reste. Létat des routes - nids de poules, chaussées dégradées, absence de glissières de sécurité - transforme le moindre écart en drame. À cela sajoute une signalisation insuffisante ou obsolète, qui désoriente lusager et le prive de repères essentiels, surtout la nuit ou par mauvais temps. Mais le facteur le plus meurtrier reste sans doute le comportement humain. Lignorance du code de la route, couplée au non-respect volontaire des règles (excès de vitesse, refus de priorité, usage du téléphone), témoigne dune culture routière défaillante. Les conduites dangereuses - dépassements hasardeux, queues de poisson, circulation entre les files - banalisent le risque et finissent par le rendre normal. En définitive, réduire laccidentalité en Algérie impose une double réforme : rénover le parc et les infrastructures, mais surtout reconstruire un rapport citoyen à la route, par la formation, le contrôle et la répression. Tant que ces causes ne seront pas traitées de front, le bilan restera lourd.