La chasse aux dos-d’âne sauvages est ouverte !

Il était temps ! Après des années durant lesquelles les automobilistes algériens ont dû apprendre à distinguer un véritable ralentisseur d’un simple monticule d...

Il était temps ! Après des années durant lesquelles les automobilistes algériens ont dû apprendre à distinguer un véritable ralentisseur d’un simple monticule de béton improvisé par un comité de quartier particulièrement inspiré, le ministère de l’Intérieur a décidé de remettre un peu d’ordre sur nos routes. Une instruction ministérielle ordonne désormais le démantèlement immédiat des ralentisseurs anarchiques et la mise en conformité réglementaire de ceux qui répondent réellement à un besoin de sécurité routière. Une vaste opération nationale est donc lancée pour mettre fin à la prolifération incontrôlée des célèbres « dos-d’âne sauvages », ces obstacles qui surgissent parfois plus vite qu’un champignon après la pluie. Car il faut bien l’admettre : dans certains quartiers, chaque rue semblait avoir son propre architecte. Entre le voisin inquiet pour ses enfants, le commerçant soucieux de ralentir les voitures et le comité de quartier persuadé de rendre un service public, le béton coulait généreusement… souvent sans étude, sans autorisation et, surtout, sans respecter les normes. Résultat : des ralentisseurs plus hauts qu’une marche d’escalier, capables de transformer une simple traversée en séance gratuite de montagnes russes. Les suspensions des véhicules en gardent encore un souvenir douloureux, les amortisseurs réclament une retraite anticipée et certains conducteurs jurent avoir perdu un pot d’échappement quelque part entre deux quartiers. Quant aux ambulances et aux véhicules de secours, ils ont parfois dû ralentir… précisément là où chaque seconde compte. L’instruction est claire. Les Autorités locales devront recenser tous les ralentisseurs existants, supprimer ceux qui ont été installés illégalement et ne conserver que ceux qui répondent aux normes techniques. Désormais, toute nouvelle installation devra être autorisée exclusivement par le wali, après une étude complète de l’impact sur la circulation. Cette démarche s’inscrit dans le respect du décret exécutif n° 05-499, qui interdit notamment l’installation de ralentisseurs sur les axes à grande circulation et en dehors des zones où ils sont réellement justifiés, comme à proximité des écoles, des hôpitaux ou dans certains secteurs résidentiels présentant un risque particulier. La sécurité routière est une affaire sérieuse. Elle ne peut reposer sur l’improvisation ni sur la bonne volonté, aussi louable soit-elle. Un ralentisseur mal conçu peut devenir lui-même un facteur d’accident, endommager les véhicules ou retarder l’intervention des services de secours. Vouloir protéger les usagers est une noble intention, mais en matière de sécurité routière, le ciment ne remplace jamais la réglementation, et le bon sens ne dispense pas du respect des normes. Sur la route comme ailleurs, les meilleures idées sont celles qui ralentissent les accidents… pas seulement les voitures.