L’esprit d’équipe et la discipline
En fait, c’est un tout.
L’esprit dans une équipe s’apparente beaucoup plus à une adhésion collective pour atteindre un objectif qu’à une individualité ouvrant le droit à toute liberté. Quant à la discipline, c’est évidemment le socle fondateur nécessaire pour réussir toute œuvre. Un joueur, une fois incorporé dans un groupe est tenu, outre son engagement moral à s’astreindre aux règles générales et impératives régissant la corporation. Il doit déposer son égo aux vestiaires pour se dissoudre dans la décision statutaire que lui signifie le coach. Sortir du banc de touche n’est pas de l’apanage du remplaçant. L’acte de suppléer quelqu’un à un autre provient d’une réflexion stratégique, d’un plan tactique entériné par celui qui pense, concocte et dirige la corporation. A charge pour lui de ne pas léguer ses propres attributions. La responsabilité décisionnelle de l’entraîneur ne se partage pas. A un certain niveau de compétition, il n’y plus de personnages distincts de l’ensemble, peu importe la stature ou l’aura de l’éventuel rouspéteur. L’on ne peut faire valoir nul palmarès ou un quelconque rang fût-il de dimension internationale. Le meilleur triomphe n’est pas de faire la tête ou de gesticuler, mais d’ensorceler la galerie et d’épater ses coéquipiers. Et puis un ordre d’échauffement n’est pas une décision automatique et finale d’entrée en jeu. L’on a bien vu des sommités footballistiques le faire sans pouvoir fouler le terrain, un instant. Messi (quart de finale CM 2006). L’équipe nationale est comme l’Algérie, une et indivisible, cohérente et unie. Personne n’a à s’attribuer de privilèges ou de priorité. Il n’y a pas de « very important person ». Toute célébrité reste fondue dans la défense des couleurs de son pays. L’individu et ses propres exploits s’écrasent devant la sacralité de la sélection nationale. Le regrettable incident serait le fait, dit-on, d’un manque de préparation psychologique et d’un défaut de communication. Ah ! cette communication qui régente toute réussite. Si elle s’absente, tout s’écroule. Dans la théorie dogmatique militaire, l’on dit : si l’on gagne une bataille c’est grâce à l’infanterie, si on la perd c’est à cause des transmissions, soit de la communication. Il est d’une évidence que si l’indiscipline tue la performance; la rigueur la consolide. Une équipe disciplinée même vaincue vaut mieux qu’une autre indisciplinée même victorieuse. Néanmoins, eu égard au contexte, à la qualité du joueur incriminé, son adhésion précoce au groupe ; il serait judicieux que la sentence d’éloignement ne soit que temporaire. La leçon prônant que personne n’est indispensable est bien assimilée par les autres. Alors, cet écart inoffensif en soi reste toutefois pardonnable pour la sérénité mentale de l’équipe.