«Hal fdal men hal»
Un ami qui souffre de diabète et qui a malheureusement été amputé d’une partie de la jambe a accepté son sort avec un certain stoïcisme.
Il évoque ce qu’il traverse sans s’apitoyer sur lui-même, avec un courage et une sagesse qui forcent le respect. «Malgré mon handicap, dit-il à qui veut bien l’entendre, je conduis, je voyage, je mène une vie presque normale.» Puis il ajoute, comme pour résumer sa manière de voir les choses : «Hal fdal men hal» - une situation peut être difficile, mais il y en a toujours une autre qui pourrait l’être davantage. Cet adage populaire, qu’il a fait sien, paraît anodin, mais il en dit beaucoup. Nous nous focalisons souvent sur ce que nous avons perdu avant de penser à ce qui nous reste. Nous mesurons notre vie à ce qu’elle aurait pu être, plutôt qu’à ce qu’elle est encore. Mon ami n’ignore rien de ce que son handicap a changé dans son quotidien. Il connaît les limites qui se sont imposées à lui. Mais il mesure aussi ce qu’il peut encore accomplir. Il ne prétend pas que tout est comme avant. Il a simplement choisi de ne pas réduire son existence à ce qui lui manque. Peut-être que «Hal fdal men hal» ne signifie rien d’autre que cela : apprécier ce qui reste, sans trop s’attarder sur ce qui n’est plus là.