ÈTRE PATRIOTE

Je meurs, mais l’Algérie vivra (Ahmed Zabana, chahid, première victime de la guillotine coloniale française, 19 juin 1956) -Vous savez bien ce que je pense du ...

ÈTRE PATRIOTE
Je meurs, mais l’Algérie vivra (Ahmed Zabana, chahid, première victime de la guillotine coloniale française, 19 juin 1956) -Vous savez bien ce que je pense du patriotisme, sentiment païen qui n’a pas encore été baptisé. Il ne peut pas l’être, étant pour le moins indifférent, étranger à la pensée, à l’enseignement du Christ. L’Histoire est là pour l’attester, «les plus grands crimes furent toujours commis au nom et en vertu du patriotisme» (Montesquieu). Aussi, n’ai-je nullement l’intention d’en laisser un pour adopter un autre. Etant né sur son sol, j’y resterai, s’il plaît à Dieu, avec la nationalité qu’on voudra. Il suffit qu’on me laisse libre d’aider les humains, mes frères… (Abbé Alfred Bérenguer, «Un curé d’Algérie en Amérique Latine, 1959-1960». Mémoires © Enal/Sned, 1966) - Etre patriote au bout des lèvres, le manifester émotionnellement à l’écoute de Kassamane, notre chant patriotique, ne suffit pas. Encore faut-il être pénétré du sens de la responsabilité citoyenne et civique, être conscient de l’enjeu que représente politiquement et symboliquement l’Etat en tant qu’entité transcendante (Ahmed Rouadjia, universitaire, «La patriotisme algérien en mal d’éthique». Idées-débat © El Watan, mardi 23 septembre 2008). - L’amour de la patrie n’est pas comme le patriotisme (…). La patrie est une terre qu’on hume chaque matin et des passions qui renaissent sans cesse de leur mystère (…). Quant au patriotisme (….), il peut s’autodétruire sans hésiter si l’intérêt l’exige (Waciny Laredj, «Les balcons de la mer du Nord». Roman © Editions Alpha, Alger 2010) - Il y a risque, à terme, qu’un résultat sportif ne suffise plus pour entonner l’hymne de la nation (Younès Karim, «Aux portes de l’avenir. Vingt siècles de résistance, cinquante ans d’indépendance». Essai © Casbah Editions, Alger 2013) - Comment veut-on que l’Algérien aime l’Algérie s’il ne connaît pas l’Algérie, la vraie ? Quand on ne connaît pas quelque chose, on ne peut pas l’aimer (Mohamed Said Mazouzi, homme politique «J’ai vécu le pire et le meilleur». Mémoires © Casbah Editions, Alger, 2015) - Le patriotisme ne se lit ni dans la couleur de la peau, ni dans l’idiome parlé et ni dans la religion pratiquée. Il se vit par l’intensité qui rattache l’être humain au sol natal (Tessa Ahmed, «L’impossible éradication. L’enseignement du français en Algérie». Essai © Editions Barzakh, Alger 2015) - Le patriotisme, c’est l’amour des siens. Le nationalisme, c’est la haine des autres (Romain Gary, cité par Metref Arezki, «La traversée du somnambule. Chroniques du mentir/vrai» © Koukou Editions, Alger 2015) - Etre patriote, ce n’est pas aimer son gouvernement, mais aimer son pays (Lachichi Mohamed Chérif, «La faille». Roman © Editions L’Harmattan Algérie, Oran 2018) - La situation post-indépendance, le parti unique et les forces rétrogrades ont fait du patriotisme algérien un patriotisme futile, qui a peur de l’autre et de la diversité (Nacer Djabi, sociologue, universitaire. Entretien © El Watan week end, vendredi 5 juillet 2019) -La religion n’est pas un facteur déterminant dans l’amour d’une patrie, c’est l’engagement politique pour l’indépendance qui détermine le patriotisme (Amin Zaoui, Chronique «Souffles» © Liberté, samedi 10 août 2019) - La lutte pour la libération du pays a été le fait de toutes les couches de la population. Personne n’a le monopole du patriotisme. Celui-ci se mesure à l’aune de la constance de la foi, de la force des convictions et de l’esprit de sacrifice (Dahou Ould Kablia, «Boussouf et le Malg. La face cachée de la Révolution» .Essai et mémoires © Casbah Editions, Alger 2020) -Les citoyens entendent mieux l’appel au patriotisme face à un danger existentiel pour la nation, et y répondent avec ferveur, lorsque le pouvoir civil est exercé par des institutions démocratiques élues. Le patriotisme va de pair avec la démocratie. L’un ne va pas sans l’autre (Cherifi Mohand Amokrane, homme politique et expert international. Entretien © El Watan, samedi 15 janvier 2022) -La patriote n’est pas celui qui aime son pays, mais celui qui en est digne (Yasmina Khadra. «Les Vertueux», Roman © Casbah Editions, Alger 2022) * Citations tirées du «Dictionnaire des citations algériennes», de Belkacem Ahcene-Djaballah, Editions El Qobia, Alger 2021