Coupe du monde foot’ 2026: ce que nous avons (vraiment) gagné
Terminus! Tout le monde revient. Dans la tristesse.
C’est donc fini pour notre équipe nationale seniors de football éliminée de la compétition mondiale, et ce au second tour. Deux défaites, un nul et une seule victoire. Et, surtout, 9 buts encaissés contre 4 marqués. C’était évident: une ligne de défense faible et une attaque stérile. Bien sûr, l’attaque se réveillait parfois mais cela ne durait qu’un court moment comme contre l’Autriche. Il manquait à nos artistes du ballon rond cette “grinta”, cette « gnaque » ou ce « fighting spirit », bref cette vigueur, que l’on a vu chez les joueurs iraniens, capverdiens , irakiens, norvégiens et d’autres cette rigueur dans la gestion des énergies et des hommes très visible chez bien d’autres entraîneurs et beaucoup, beaucoup de préparation psychologique. La faute à qui ? En tout cas, pas au public. Bien sûr, les habituels contempteurs, et tout simplement, tous ceux qui veulent seulement et surtout “se” mettre en valeur à travers des analyses « critiques », plus personnelles qu’au service de l’intérêt général, ont trouvé beaucoup de « grain à moudre ». Normal! Et, hélas, il faut, désormais, faire avec. Il est vrai que beaucoup de choses restent à analyser tout particulièrement au niveau du management général du secteur et de la discipline, à tous les niveaux. Un secteur et surtout une discipline, depuis 1962, ballotés entre la gestion rigoureuse « souhaitée » et la gestion appliquée « politicienne », entre l’atteinte d’objectifs à moyen et long termes et les résultats immédiats, entre les pressions passagères des foules et celle des demandes ou besoins permanents de la société, entre l’intérêt général et les intérêts personnels. Terminus. Et retour au bercail. Pour faire le point. Pas pour être reçus en vainqueurs ou en « Fennecs » ou encore moins en « combattants ». Pour, peut-être, annoncer des changements. De tout un peu et un peu de tout! Assurément, pour pallier au plus urgent .La prochaine CAN, nous dit-on, ou/et nommer un entraîneur. Encore un. Comme d’habitude. Il reste cependant vrai qu’il ne faut pas, ou plus, agir dans la précipitation. Et, ne pas se soumettre aux jugements toujours hâtifs des réseaux sociaux et des commentateurs de presse. Même s’il faut aborder la prochaine CAN avec modestie et sans ambition mal placée. Il faut d’abord analyser minutieusement et rigoureusement (je n’ose même plus utiliser le terme scientifiquement) la question de la place du sport dans la société et de la gestion du football. Il faut, pour l’instant, garder raison et son sang-froid et voir ce que l’on a gagné bien plus que ce que l’on a perdu dans la mal-aventure nord-américaine. Ce que l‘on a gagné ? Une image de marque extérieure que nulle campagne publicitaire n’aurait pu obtenir. Il ne faut pas méprendre. Il ne s’agit nullement des habituelles manifestations de joie et de soutien des publics dans les stades ou dans les rues. Içi ou là. Il s’agit de tout ce qui s’est passé en la bonne, belle et petite ville de Lawrence (Kansas / Etats Unis d’Amérique). 97 000 habitants, et plusieurs dizaines d’entreprises qui ont activement participé à une atmosphère exceptionnelle et unique créée par les Algériens d’Amérique et d’ailleurs. Ils ont assisté à l'accueil, aux entraînements, aux joies ou tristesses, les jours du matches, aux festivités prévues des mois à l'avance. Toujours l’emblème national planté partout et le “one, two, three” scandé sans arrêt. Le point d'orgue est sans doute l'inauguration d'une œuvre d'art paysagère monumentale sur le campus universitaire. Réalisée par l’artiste local Stan Herd, cette création matériellement éphémère mais désormais bien ancrée dans les esprits, représentant le drapeau algérien a été dévoilée devant un parterre de centaines personnes. Et, “Kassamem” interprété par la fanfare de Lawrence! Voilà donc un simple cadre de la présence d’une sélection nationale devenu une véritable histoire de connexion humaine et culturelle. Qu’il faut absolument exploiter en Algérie à travers des invitations, des jumelages, des échanges et des festivités communes. Citoyennes, sportives et universitaires. Tout en dépassant les habituelles contingences idéologiques ou politiques toujours conjoncturelles et, hélas, bien souvent, contre-productives.