Face aux aléas hydrométéorologiques et géophysiques
Une feuille de route pour anticiper les risques et garantir la continuité des soins
L’élaboration d’une feuille de route destinée à renforcer la préparation des établissements de santé face aux catastrophes constitue l’un des principaux objecti...

« Nous espérons sortir de cette journée avec une feuille de route claire permettant à nos établissements de santé d’anticiper, de résister et de rebondir après une catastrophe», a souligné la Dr Nawel Blaarbi, directrice de l’Observatoire régional de la santé et spécialiste en épidémiologie et en médecine préventive. Organisée hier par l’Observatoire régional de la santé, sous l’égide de l’Institut national de santé publique (INSP), en collaboration avec l’Établissement hospitalier universitaire du 1er Novembre 1954 d’Oran, cette rencontre est consacrée à la résilience des établissements de santé face aux aléas hydrométéorologiques et géophysiques. Elle intervient à l’occasion de la Journée internationale de la réduction des risques de catastrophe, célébrée le 13 octobre, et a réuni des professionnels de santé ainsi que des représentants des institutions partenaires, dont la Protection civile, Sonelgaz et la SEOR. Pour la docteure Belaarbi, l’enjeu est de préparer les structures sanitaires à faire face aux conséquences d’un séisme ou d’un événement météorologique majeur, sans attendre que la crise survienne. Elle plaide ainsi pour un changement d’approche, fondé sur l’anticipation, la prévention et la coordination entre les différents intervenants. « Nous voulons passer du paradigme de l’intervention dans le cadre de l’urgence à l’anticipation», a-t-elle insisté, en soulignant que les établissements de santé, placés en première ligne lors des catastrophes, doivent être en mesure de poursuivre leurs missions malgré des conditions particulièrement difficiles. Cette feuille de route devra notamment prendre en compte la préparation des personnels médicaux et paramédicaux, appelés à intervenir de jour comme de nuit et à faire face à une augmentation importante du nombre de patients. La disponibilité des équipes, leur préparation physique et psychologique ainsi que leur capacité à travailler dans des conditions exceptionnelles constituent, selon la responsable, des éléments essentiels du dispositif. Au-delà des dégâts susceptibles d’affecter les bâtiments et les équipements, les aléas peuvent provoquer des coupures d’électricité et d’eau, perturber les télécommunications et compliquer l’approvisionnement des structures sanitaires. La disponibilité des moyens de secours, des stocks de médicaments et des équipements indispensables au fonctionnement des services doit donc être anticipée. La concrétisation de cette démarche repose sur une coordination étroite entre les établissements de santé et les organismes concernés par la gestion des risques. Dans ce contexte, le directeur général de l’EHU du 1er Novembre 1954 d’Oran, M. Bar Rabah, a mis l’accent sur le renforcement de la résilience hospitalière, qui passe par l’évaluation régulière des risques, l’élaboration de plans d’urgence, la formation des équipes et l’organisation d’exercices de simulation. La disponibilité des groupes électrogènes, de l’eau, de l’oxygène médical, des moyens de communication et des médicaments figure parmi les conditions nécessaires au maintien des activités hospitalières. À l’échelle nationale, cette démarche s’inscrit dans le cadre de la loi n°24-04 du 26 février 2024, relative à la prévention, à l’intervention et à la réduction des risques de catastrophes dans le cadre du développement durable. À travers cette journée régionale, les organisateurs entendent ainsi faire émerger des orientations concrètes pour mieux préparer les établissements de santé aux risques géophysiques et hydrométéorologiques. La feuille de route attendue devra permettre de renforcer leur capacité à anticiper les crises, à maintenir les soins essentiels et à reprendre rapidement leurs activités après une catastrophe.