Des projets structurants inspectés et d'autres mis en service

Entre transferts hydrauliques, dessalement de l'eau de mer, réutilisation des eaux épurées et modernisation des réseaux, l'Algérie accélère sa transition vers u...

Des projets structurants inspectés et d'autres mis en service
En visite de travail à Oran, jeudi, le ministre de l'Hydraulique, Lounès Bouzegza, a présenté les grands axes de cette stratégie nationale tout en saluant les performances de la wilaya, désormais érigée en référence dans le secteur. Accompagné du wali d'Oran et des responsables locaux du secteur, le ministre a effectué une tournée à travers plusieurs infrastructures stratégiques dédiées à l'alimentation en eau potable, à l'assainissement et à la valorisation des eaux usées traitées. Une visite qui a également permis de dresser un bilan des réalisations engagées par l'État pour renforcer durablement la sécurité hydrique du pays. À partir du centre technologique de télégestion de la société Seor à Aïn El Beïda, première étape de la visite, le ministre a rappelé que les ressources en eau figurent parmi les priorités majeures des pouvoirs publics. Il a souligné que d'importants investissements ont été mobilisés afin de concrétiser une vision prospective reposant sur la diversification des sources d'approvisionnement et la garantie d'un accès équitable à l'eau pour l'ensemble des citoyens. Selon lui, cette stratégie nationale s'appuie sur plusieurs leviers complémentaires. Le premier concerne le renforcement des capacités de stockage à travers les barrages. L'Algérie compte actuellement 82 barrages en exploitation dont le taux de remplissage dépasse les 60%, représentant près de 4,5 milliards de mètres cubes d'eau mobilisés. Plusieurs nouveaux ouvrages sont en cours d'achèvement tandis que des études portant sur vingt-quatre autres barrages sont déjà finalisées. Le deuxième pilier repose sur les grands transferts hydrauliques qui permettent d'acheminer l'eau depuis les régions les mieux dotées vers les zones confrontées à un déficit, consacrant ainsi le principe de solidarité hydrique entre les territoires. Le ministre a également mis en avant les progrès considérables réalisés dans le domaine du dessalement de l'eau de mer. Avec seize stations actuellement en exploitation produisant près de 3,6 millions de mètres cubes par jour. Le programme national prévoit en outre l'extension des réseaux de distribution vers plusieurs wilayas de l'intérieur grâce à des conduites pouvant atteindre 250 kilomètres. Les régions du Sud ne sont pas en reste. Le responsable du secteur a évoqué les projets d'envergure destinés à améliorer l'exploitation des ressources souterraines, notamment à travers les opérations de déminéralisation et de traitement des eaux dans des wilayas comme Tindouf et Tamanrasset. Au niveau local, le ministre a réservé un hommage particulier à la wilaya d'Oran, qu'il a qualifiée de « modèle national de gestion moderne des ressources hydriques ». Une reconnaissance qui s'explique par les résultats obtenus ces dernières années dans un contexte marqué par une forte croissance démographique et une activité économique et touristique soutenue. Produisant plus de 650.000 mètres cubes d'eau par jour, Oran s'appuie aujourd'hui sur un système diversifié où les ressources non conventionnelles occupent une place prépondérante. Plus de 80% de l'eau distribuée provient des stations de dessalement d'El Mactaa, de Chatt El Hilal et de Kahrama, complétées par les ressources conventionnelles et les forages. Le ministre a également salué les performances de la société Seor dans le domaine de la numérisation et de la gestion intelligente des réseaux. Les systèmes de télégestion, le suivi en temps réel des données, la lutte contre les fuites ainsi que la réduction des raccordements illicites ont permis d'améliorer considérablement l'efficacité du service public de l'eau. Lors de cette visite, plusieurs projets structurants ont été inspectés ou mis en service. À El Kerma, le ministre a suivi l'état d'avancement du programme de réhabilitation et de modernisation de la station d'épuration ainsi que le projet de renouvellement de la conduite principale acheminant les eaux usées depuis le Petit Lac vers la station de traitement. À Tafraoui, il a procédé à la mise en service du nouveau système d'alimentation en eau potable reliant la commune et sa zone industrielle au réseau alimenté depuis la station d'El Mactaa via Oued Tlélat. Cette réalisation permettra de sécuriser durablement l'approvisionnement des habitants et d'accompagner le développement économique de la région. La délégation ministérielle s'est également rendue sur le chantier de la station de traitement des eaux usées de Oued Tlélat, un projet piloté par l'Office national de l'assainissement comprenant une station d'épuration, un collecteur de quatre kilomètres, une station de pompage à El Mahdia et une conduite de refoulement de sept kilomètres. À Aïn El Bia, un château d'eau d'une capacité de 1.000 mètres cubes a été inauguré et mis en service afin de renforcer les capacités de stockage et d'améliorer la qualité de la distribution au profit de la population locale. La dernière étape de la visite a été consacrée au lancement des travaux de renouvellement et d'extension du collecteur principal des eaux usées de Mers El Kébir. Un projet attendu qui vise à éliminer définitivement les problèmes de déversement des eaux usées et à améliorer les conditions environnementales dans cette zone côtière. Par ailleurs, le ministre a insisté sur la nécessité de généraliser la réutilisation des eaux usées épurées dans les domaines agricole, industriel et urbain. À ce titre, il a salué les initiatives engagées à Oran pour l'irrigation des espaces verts à partir des eaux traitées, estimant que cette démarche constitue une solution efficace pour préserver les ressources destinées à la consommation humaine. Au terme de sa visite, Lounès Bouzegza a estimé que les résultats enregistrés à Oran démontrent la pertinence de la politique nationale mise en œuvre dans le secteur de l'hydraulique. Il a affirmé que la conjugaison des efforts de l'État, des collectivités locales et des opérateurs publics permettra à l'Algérie de relever durablement le défi de la sécurité hydrique et d'assurer un approvisionnement régulier en eau potable au profit de l'ensemble des citoyens.