Le taux de réussite des filles au baccalauréat et évolution de la société
Nous observons ces dernières années que le taux de réussite des filles à lexamen du baccalauréat est nettement supérieur à celui enregistré par les garçons, ave...
Nous observons ces dernières années que le taux de réussite des filles à lexamen du baccalauréat est nettement supérieur à celui enregistré par les garçons, avec des écarts parfois assez significatifs. Ce constat ne se limite pas aux grandes villes. Il est quasi général et touche lensemble des régions du pays. En effet, en 2026, le taux de réussite global sélevait à 56,8 %, tandis que celui des filles a atteint 62,58 % contre seulement 49,13 %pour les garçons. Ce constat est devenu structurel, puisque ces pourcentages et ces écarts entre les résultats enregistrés par les filles et ceux des garçons se répètent depuis plusieurs années. A tire dexemple, en 2025, le taux de réussite enregistré par les filles était de 62,56 % dans la wilaya de Tizi-Ouzou,de 65,58 % à Relizane, de 63,85 % à Ghardaïa et de 61,42 % à Souk-Ahras. Alors que le taux global de réussite était de 51,57 %. Ces résultats confirment que cette progression est générale et concerne lensemble du pays. Cette évolution remarquable est facilitée par lexistence dimportants moyens dans le secteur de lenseignement supérieur qui compte au moins 115 établissements. Il se compose principalement de 58 universités et plus de40 écoles supérieures et normales. Sajoutent à ces possibilités en moyens pédagogiques lexistence de structures dhébergement et de moyens de transport qui viennent faciliter davantage laccès à la formation universitaire. Ce résultat montre que les obstacles qui freinaient lévolution des filles, tels les préjugés sociaux, les tabous ou encore léloignement des lycées et des universités, ont été surmontés et dépassés. Actuellement, la jeunesse est très ouverte sur le monde et bien informée sur les avancées scientifiques, techniques et sociales. Les filles sont désormais placées au même niveau que les garçons, sur un même pied dégalité. Elles ne sont plus reléguées au second plan comme cétait le cas dans le passé. Les filles veulent évoluer et participer activement à la vie économique et sociale. Elles ont de lambition et sont convaincues que le moyen le plus approprié et le plus efficace pour la concrétisation de cet objectif réside dans lacquisition dune formation universitaire. Dune manière générale, la femme instruite, dun niveau universitaire, possède les capacités de résoudre ses problèmes, danalyser et de prendre des initiatives, elle est capable de sadapter et faire preuve douverture desprit, de saisir des opportunités, dassumer ses responsabilités et de travailler au sein dun collectif. Elle est en mesure defaire un diagnostic, didentifier les causes de tout problème et de proposer des solutions.Elle est apte à défendre ses droits. Elle est un membre actif et influent dans la société. Cette évolution est confirmée par le nombre croissant de femmes qui accèdent à diverses professions et spécialités, telles que lenseignement, la médecine et la gestion,entre autres. De plus en plus, des postes ministériels ou de direction dentreprise sont confiés aux femmes. La récente nomination dune femme à la présidence de lAPN, devenant ainsi la 3epersonnalité de lÉtat, est la confirmation absolue de cette évolution positive et remarquable. Quels sont les effets de cette évolution sur la société, sur les rapports sociaux et la gouvernance ? La société humaine a besoin de lensemble de ses moyens humains et matériels. Son développement et son évolution nécessitent des compétences variées et de qualité, le rôle des hommes et des femmes est primordial et déterminant. Ces deux facteurs constituent les fondements sur lesquels repose une société. Ignorer ou sous-utiliser lun des facteurs réduit les potentialités de la société, entrave son progrès et engendre des déséquilibres dans la structure et lévolution de la société. Dans la société algérienne, le niveau de la réussite des filles au baccalauréat a deux aspects positifs pour la femme et pour la société : le niveau de la femme progresse et lui ouvre des possibilités importantes dintégration dans le monde du travail, et dautre part, il renforce et favorise lévolution de la société. Cependant, ce résultat ne doit pas nous conduire à occulter la faiblesse du taux de réussite des garçons.Il est impératif pour la société de rechercher les causes profondes du manque dintérêt de beaucoup de garçons pour la formation. En effet, le taux de déperdition et dabandon est important. Labsence dintérêt et de motivation pour le savoir nécessite des études et des analyses pour corriger ce type de comportement très dommageable pour lavenir de notre jeunesse.Quelles sont les mesures à prendre pour redonner à nos garçons de lespoir et le désir dapprendre et dévoluer ? Cette contre-performance conduit à des conséquences multiples sur le plan économique, social et également sur le plan éthique. À moyen et long terme, si ce constat perdure, la société algérienne aura une structure déséquilibrée où la majorité des femmes seront diplômées et peu dhommes instruits. Quelle sera alors la nature des rapports sociaux et de la gouvernance de la société ? Pour quune société soit rayonnante, épanouie et performante, elle doit nécessairement reposer sur ses deux piliers : lhomme et la femme. Si lun de ces piliers est défaillant et déficient, la société sera imparfaite et peu performante. Lexpérience de développement de beaucoup de pays nous fournit des informations intéressantes sur le rôle des ressources humaines dans le développement dun pays et leur impact positif ou négatif sur la réussite dune stratégie de développement. Tenant compte de ces exigences de développement, quelle est la stratégie à mettre en place pour encadrer les jeunes et leur inculquer le désir dapprendre et de se former ? Que faire pour corriger la contre-performance des garçons dans leur scolarité ? Quelle approche retenir pour réduire les échecs scolaires et motiver les jeunes et leur faire admettre que la formation est un tremplin déterminant dans la réussite et lévolution dans la vie ? Quels sont les facteurs de motivation et de changement de comportement à retenir comme objectifs pour instaurer une société équilibrée et performante ? Lapproche pour résoudre ce problème obéit aux conditions quexige toute stratégie. En premier lieu, un diagnostic pour identifier avec précision lensemble des causes profondes qui contribuent à cette situation et déterminer les freins et les facteurs psychologiques qui ont conduit à cette situation ? Il convient de favoriser le dialogue et lécoute pour comprendre ce qui les motive et ce qui les empêche dêtre performants dans leurs études. Quelles sont les causes qui les démobilisent ? Pourquoi ils sous-estiment le savoir et la formation et ne les considèrent pas comme un facteur dévolution dans la société et dans leur vie professionnelle future ? Cette approche ne doit pas condamner leur comportement, au contraire, elle doit chercher à comprendre et à faire preuve dempathie envers eux pour saisir leur vision du futur ainsi que les facteurs quils considèrent essentiels à leur réussite et à leur intégration dans la société. Tenter de connaître leurs objectifs dans la société et par quel moyen, ils veulent les atteindre ? Ce dialogue doit être mené à tous les niveaux : au sein de la famille, dans les lycées et CEM,dans les moyens de communication, dans les mosquéesCest une question fondamentale pour lévolution de la société et son équilibre. Lévaluation continue est nécessaire pour connaître lévolution des résultats de la démarche et prendre les mesures correctives dont le but suprême est la valorisation du savoir et de la formation par notre jeunesse. Dans une société moderne, le capital humain est fondamental pour garantir lévolution de la société et favoriser la maîtrise des nouvelles technologies et le renforcement de la productivité. Une population instruite et formée permet à la société dêtre dynamique et apte à améliorer la performance économique du pays. Le développement économique et social dune nation repose en particulier sur la qualité du capital humain, sur la disponibilité dune main-duvre qualifiée. Cette qualité ne peut être réunie que grâce à la compétence, au savoir et au savoir-faire de la société, dans toutes ses composantes (hommes et femmes). Le savoir et les qualifications de la société sont devenus un véritable facteur stratégique dans lévolution qualitative de la société et dans la concrétisation de ses objectifs. *économiste