Elections de mi-mandat : Trump est-il encore audible ?
C’est à la fin du bal que l’on paie l’orchestre, ou bien les musiciens, comme certains paraphrasent cette maxime.
L’échec et le succès, d’une quelconque entreprise se vérifient à la fin, quand la démarche atteint son terme. Ceci étant, le chef d’orchestre n’est pas obligé de savoir jouer de tous les instruments. Il est tenu cependant assurer le tempo, maintenir la dynamique et rythmer les cadences. Il doit pareillement maîtriser les préludes et monitorer les variations, marquer les nuances et coordonner les transitions. Ce faisant, il assure l’harmonie de l’ensemble, ce qui engage l’auditoire à applaudir exprimant ainsi sa satisfaction. Dès lors l’ensemble musical devient audible et intelligible. Cela c’était pour l’allégorie. La réalité du sujet de présentation est bien différente de la propagation de l’esthétique et des émotions par le son. Elle dépend souvent des calendriers politiques, particulièrement quand il y a d’élections aux États-Unis, que sans faute, le monde entier scrute. Les plus puissants dirigeants et tous les décideurs politiques comme ceux qui sont minces et les fluets aussi. Les banquiers, les rentiers de grosses fortunes, les chefs de grandes entreprises internationales et les grands pontes de la Tech, sont aux aguets. Les stratèges communicants, les architectes aménageurs d’agendas et autres façonneurs d’opinions, demeurent à l’affut. Inutile de détailler, il s’agit d’un arbitrage au sein de la première puissance mondiale dont le réseau de maillage conditionne toute la géopolitique de la planète. Cela étant indiqué ; dans l’hypothèse de l’interrogation de présentation, le dénouement se vérifiera, aux États-Unis, via les résultats des élections de midterms du 3 novembre 2026 qui détermineront qui est vaincu et qui sera déclaré victorieux. Les républicains et les démocrates vont s’affronter dans le challenge du renouvellement des membres du congrès où les républicains détiennent la majorité. Il s’agira d’élire la totalité des parlementaires de la chambre des représentants -les 435 sièges de députés- et le tiers des 100 membres du sénat. Ceci constitue le principal enjeu de cet affrontement électoral. L’objectif pour les démocrates est de devenir majoritaires. Il leur faudra pour cela reconquérir au moins,3 sièges à la chambre et 4 autres au sénat, ce qui leur donnera une majorité législative bloquante contre l’exécutif républicain menée par Donald Trump depuis le 20 janvier 2025. Subsidiairement, il y aura l’élection de 36 gouverneurs, de nombreux membres de parlements d’états et quelques référendums aussi. En tout cas, pour la circonstance et afin de sauver les deux années qui lui reste à la tête de l’administration US, Trump est contraint de faire barrage aux démocrates qui à quelques jours des élections, sont annoncés vainqueurs quasiment par tous les instituts de sondages. A cet effet, en campagne électorale depuis, le président Trump a promis de verser 5 000 dollars : «le divident trump», à chaque américain adulte si le parti républicain remportait ce suffrage de mi-mandat. Autrement dit : c’est le chef d’orchestre qui se propose de payer l’auditoire, contre une performance inharmonique où fera défaut la grâce et l’élégance. En clair c’est le monde à l’envers, c’est l’inversement des rôles : «upside down «comme disent les étasuniens. Mais outre atlantique tout est possible. La fin justifie les moyens et qu’importe la nature ou bien la netteté de ces moyens. Est-ce régulier ? Est-ce légal au pays de la liberté, ou bien les règles du jeu démocratique deviennent-elles monnayables chez les ultralibéraux ? Les débats entre juristes étasuniens ne tranchent pas. Les uns considèrent cette démarche comme une promesse électorale à l’intention des tous les électeurs étasuniens et pas exclusivement destinée à l’électorat républicain. Les autres soutiennent que l’influence ou l’achat du vote des électeurs est une forme de corruption. Parce que si cela venait à se réaliser, ce qui en l’état des choses est compliqué et complexe, cela coutera au trésor US 1 350 milliards dollars. Il s’agira en effet de rétribuer 270 millions d’adultes. Pour cela, il faudra au président étasunien passer par le congrès. Cette institution étant entre les mains des républicains ; l’espoir lui est permis, mais les chances d’aboutissement de cette promesse, bol d’oxygène pour le camp républicain, le sont moins, voire illusoires. D’ailleurs au chapitre des promesses, le président Trump en fait un label politique. Le site internet étasunien Politifact, qui est spécialisé dans la vérification des faits, particulièrement, politiques et auxquelles il attribue une note, selon un thermomètre de vérité, en a composé un inventaire librement consultable. Cet instrument a gradué son système en six échelons de notation : de vrai à complètement faux, en passant par à moitié vrai. Le site a même élaboré un outil baptisé Maga Meter, spécifique au président étasunien pour chiffrer et quantifier ses promesses durant son deuxième mandat. Ainsi, selon le site, sur 75 promesses : 31 sont en cours de réalisation, soit 41%. 22 sont bloquées ou au point morts, soit 29%. 15 ont été tenues, soit 20%. 3 sont compromises ou partiellement réalisées, soit 4% et 4 demeurent non tenues, à savoir 5%. Ce portail donne également un échantillon de chaque catégorie : tenue : sauver tik tok. En cours : expulser massivement les émigrés sans statut légal. Non tenue : mettre fin à la guerre d’Ukraine en 24 heures. Partiellement réalisée : faire baisser les prix des produits alimentaires. En outre, le site répertorie d’autres exemples qui avaient en leurs temps d’annonce fait tressaillir le monde. La liste inventorie l’achat du Groenland, la fusion avec le Canada. Mais aussi les déclarations et les avertissements concernant l’Iran, faits d’ambigüités et d’ambivalences. C’est pareillement le cas pour le financement par le Mexique du mur frontière et bien entendu les yoyos que font les tarifs douaniers. Ce mode opératoire pratiqué par le président us peut paraître changeant et fait d’équivocités. Inconstant, variable et fluctuant. Probablement sera-t-il classé comme un marqueur d’excentricités. On pourrait conclure que cette façon là de faire de la politique est désordonnée, agitée, capricieuse, confuse, décousu, excessive, extrémiste et sans frein. Certes c’est ce qui la singularise à première vue. Cependant, elle a ses buts, ses objectifs et un sens. Elle a surtout des cibles, des impacts et des résolutions qui s’inspirent de diverses sources idéologiques. Pour ce qui concerne les Etats-Unis, elle a été théorisée sous l’identité de : «la théorie du fou» traduction de l’original : «the madman théory». C’est une stratégie basée sur un faisceau de manœuvres et un échafaudage de manipulations tendant à installer le doute chez ses interlocuteurs, camper l’instabilité et mettre en place un désordre mental chez ses adversaires. En gros, il s’agit de faire croire à son contradicteur, que comme un fou, on est imprévisibles, irrationnels et capables du pire à tout moment. L’obligeant en conséquence à s’aligner sur notre objectif, redoutant de se retrouver dans des situations extrêmes impossibles à rattraper. C’est une forme de neutralisation de son concurrent pour l’amener par crainte de vous provoquer, à l’hésitation, à l’inertie même et à vous laisser le champ libre et la latitude d’agir sans entrave aucune. Après avoir été conceptualisée dans les années 60 par Daniel Ellsberg un ancien marin’s, devenu économiste et analyste militaire, mais surtout mondialement connu pour avoir été à l’origine de l’affaire : Pentagone papers en 1971. À savoir, le scandale qui révéla les secrets que les politiques et les militaires étasuniens cachaient, sur ce qui se passait réellement au Vietnam. Cette affaire dévoila au peuple des États-Unis que ses jeunes servaient de chair à canon dans la guerre d’Indochine, par élucubrations de ceux qui les gouvernaient. Ces derniers ne voulaient pas de l’humiliation d’une défaite qu’ils savaient pourtant sûre et incontestable. Ces révélations firent exploser la contestation publique et conduisirent au refus de la guerre du Vietnam, par l’opinion publique. Ce qui chahuta violemment la classe politique et installa une défiance critique à son égard. Ce sont aussi les conséquences de cette affaire qui déclencheront en 1974, l’affaire Watergate et la destitution du président républicain Richard Nixon. Par la suite, cette doctrine reçu ses fondements scientifique par le prix Nobel d’économie 2005, Thomas Schelling, dans son livre : the strategy of conflict dont la synthèse serait selon des spécialistes, condensée ainsi : «en stratégie militaire, paraître imprévisible, hors de contrôle ou irrationnel peut constituer un avantage stratégique décisif «. Depuis et au regard du développement explosif des outils de l’information et de la communication, et leur popularisation notamment sur les supports réseau sociaux, il fallut aux panégyristes de cette dialectique les exploiter au plus haut point. L’un des planificateurs de cette variante de la théorie du fou, se trouve être un proche du président Trump et qui fut son conseiller stratégique entre le 20 janvier et le 18 Août 2017 ; Steve Banon. Un banquier qui fait partie des idéologues d’extrême droite aux Etats-Unis. Il est classé parmi les plus actifs propagateurs de dogmes nationalistes en Europe et à travers le monde. On le dit conseiller de partis d’extrême droite et de groupes européens néofascistes. On lui prête, pareillement, l’entregent d’avoir été celui qui inspira à Donald Trump le décret n°13769, du 23 janvier 2017, portant protection de la nation contre l’entrée des terroristes étrangers aux États-Unis. Il s’agissait en réalité de l’interdiction aux ressortissants de sept pays musulmans, l’Irak, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen, l’entrée aux États-Unis pendant au moins trois mois, à l’exception des minorités chrétiennes. Le zélateur de cette théorie avait hélas, perdu son poste de conseiller du président le 18 août 2017, pour avoir contesté le rapprochement entre Trump et Vladimir Poutine. Par ailleurs, Steve Bannon a été condamné, pour escroquerie en octobre 2022, pour avoir refusé de coopérer à l’enquête parlementaire sur l’assaut du Capitole qui eut lieu le 6 janvier 2021, par des partisans de Donald Trump. Il avait pour cela purgé quatre mois d’emprisonnement et fut libéré fin octobre 2024. Il nomma sa propre version : «flood the word with shit», c’est-à-dire : «inonder le monde avec de la merde». Avant cela, il avait dirigé de 2012 à 2016,le média de droite ultra-conservatrice Breitbart News Network, qui possède des bureaux à Londres et à Jérusalem. En aout 2016, quand il orchestra la campagne électorale de Trump, pour son premier mandat 2017/2021, il mit en œuvre sa manière de procéder, en qualité de directeur exécutif de la publicité présidentielle. Son fil rouge, en ce temps là fut ce postulat : «la véritable opposition n’est pas le Parti démocrate, mais les médias traditionnels». En pratique, son mode opératoire consistait à inonder et à saturer l’espace médiatique notamment numérique, jusqu’a paralyser les récepteurs des messages. Et surtout à surcharger les professionnels de l’information en les noyant dans un flot continu sur un même sujet, avec des informations contradictoires, ambigües, douteuses, parfois évasives ,vagues et obscures de sorte à les bloquer, voire les empêcher de faire leur travail dans des conditions normales. Il s’agissait pour lui surtout submerger ses adversaires politiques et autres contempteurs, en faisant diversion pour les attirer à s’intéresser aux détails de certaines affaires banales, les décentrant des données essentielles d’autres, car ébruitées, celles-ci feraient perdre des voies à son candidat. Alors, ils annonçaient en temps précis, par manœuvres bien calées en minutage, d’autres informations pour monopoliser toutes les attentions sur des nouvelles prétendues, scoops et exclusivités et ainsi faire passer le fait essentiel du moment au statut de non évènement. Dès lors tout l’environnement médiatique se trouve déboussolé, particulièrement une partie de l’électorat qui, déstabilisée, abandonne le processus démocratique et se réfugie dans un système de représentation souvent fait de valeurs traditionnelles de préservation de l’existant qui lui assurerait un semblant de sécurité pour l’avenir et le pousse à s’opposer à tout changement. C’est ce modèle de gestion politique du mouvement qui est développé et entretenu par la mouvance MAGA. Cela se vérifie à l’international comme au plan local. Les républicains ont déjà pris, selon la quasi-totalité des indicateurs, une grosse option pour perdre leur courte majorité à la chambre et au sénat, ce qui aura pour conséquences de rendre compliquée, délicate et essoufflera la deuxième moitié du mandat présidentiel, bien avant son échéance, dans deux ans. La plausibilité de ce cas de figure impactera fatalement la géopolitique internationale entendue comme rapport de forces dans les rivalités pour le contrôle spatial du monde. Déclinée en conséquence courante, cela donne une remise en cause évidente de l’état actuel de la configuration des influences dominantes. L’agression par l’état sioniste de l’Iran soutenue par toute la logistique technologique étasunienne, armes et munitions sophistiquées a eu pour effet d’entrainement immédiat et dommageable le paysage qu’incarne et résume le chamboulement de l’approvisionnement du monde en pétrole. La perturbation des flux de passage par le détroit d’Ormouz qui en temps normal assurait les 20% d’hydrocarbures consommés dans le monde, s’est transformée en bout de chaine en une forte inflation qui a pratiquement vu s’envoler, aux USA et ailleurs, tous les prix des produits de base. Avec en bonus majeur, l’indispensable douloureuse facture à la station-service. Ainsi cette action politico-militaire à l’internationale s’est retrouvée in situ, à bouleverser et à pénaliser de millions d’étasuniens dans leur quotidien. Les apologistes politiques et les stratèges militaires porteurs de cette décision pour le moins imprudente, car tactiquement malavisée, doivent in fine rendre des comptes aux électeurs et accepter les scores sortis des urnes. Un autre indicatif de la pratique de la théorie du fou adossée à celle du flood the world with shit, se vérifie à travers la décision du président étasunien de commander du diésel russe. Le blocage du détroit d’Ormouz et les perturbations de la navigation des tankers à travers Bab El Mandab ont eu pour conséquences directes et immédiates le dérèglement du marché local étasunien avec répercutions directes sur toute la population. Qu’à cela ne tienne ! Trump se transforme. D’allier principal de l’Ukraine dans le conflit qui l’oppose à la Russie, avec soutien et livraison d’armes notamment en missiles anti-chars Javelin, mais aussi des facilités d’accès aux renseignements à travers starlink , il devient client demandeur et achète 200 000 tonnes de diésel russe, en première livraison. Ce faisant, le président US continue d’être dans son élément et se tient en accord parfait avec ses références idéologiques. Si pour le commun des mortels, il s’agit d’une cacophonie, Trump lui, l’entend autrement. Mais demeure t-il encore audible ? Peut importe, ses conseillers creusent encore le filon idéologique dans sa veine «diversion». En guise d’illustration, le président US exploite les manifestations qui secouent depuis le 17 octobre 2026 la France pour essayer de reconquérir l’électorat. Le mardi, 06/10/2026 il avait livré sur sa plateforme Truth Social, sa lecture du mouvement : «Ce qui se passe en France n’est rien d’autre qu’une immigration de masse hors de contrôle. Il ne s’agit pas des écoles, il s’agit de l’islam qui veut s’emparer d’un pays autrefois grand ! ». Le 20 octobre 2026, bis repetita, lors d’un meeting de campagne organisé à Greeneville, en Caroline du nord ; il revenait à la charge et assénait : «Vu avez vu ce qui se passe en France, cela n’arriveras jamais ici, je vous le promets. Si vous voulez ce qui est en jeu dans ces élections regardez ce qui se passe en France une nation autrefois grande qui a été conquise saccagée et brulée par des migrants, des djihadistes et des communistes». A la même époque, comme si un timing d’offensive politique promotionnelle avait été entendu, le vice président US, J D Vance, le 18/10/2026, sur le réseau social X, soutenait : «les progressistes occidentaux ont importé le tiers monde en France». Et de conclure :» J’espère que les américains sont attentifs. Voilà l’avenir que les parlementaires démocrates veulent pour notre pays». Cette confluence de visions qui confirme, s’il en était besoin, la tendance à maintenir le cap sur ce système de pensée exposé plus haut. C’est ainsi et ils tiennent mordicus, combien même, selon toutes les sources, analyses et autres investigations, les manifestations qui secouent la France depuis le 17 octobre 2026 sont dues à la dégradation des établissements et du milieu scolaires en général en particulier. Et aux inégalités sociales, à l’échec du service public et bien entendu à la hausse du coût de la vie, en général. Depuis lors, cette vague de manifestations s’était propagée à l’Italie, au Portugal, à la Belgique, à la Grèce et à l’Albanie, pour certaines mêmes revendications et à d’autres exclusives, d’ordre local. Alors, dans tous ces pays s’agit-il de mouvements planifiés, organisés et exécutés par des djihadistes, de communistes et de migrants ? Si déplacer les contextes, les champs et le focus des débats sied aux partisans militants, il finit par lacer, démoraliser et décourager les sympathisants et les adeptes conjoncturels qui constituent pour le cas de figure, le gisement électoral que les républicains aussi bien que les démocrates tentent à rallier, pour les midterms. Les différences des centres d’intérêt finissent par contrarier les indécis et au final, faire perdre des voix à ceux qui s’engagent sur un combat un jour et le lendemain passent à autre, laissant le premier en souffrance ; etc... Dans le même entendement doctrinal, à la suite d’une interview donnée à l’hebdomadaire newyorkais Time magazine, publié le 01/10/2026, répondant à la question suivante : Prévoyez-vous d’envoyer les agents de l’ICE aux bureaux de vote pour les élections de mi-mandat ? Le président Trump répondait : «je ne n’y avais pas pensé». Et à la suivante : Excluriez-vous la possibilité de déclarer l’état d’urgence à l’approche des élections de mi-mandat sauf en cas de violences généralisées dans les rues ? Sa réponse fut : je n’exclus rien. On verra. Vous parlez de la loi sur l’insurrection ? Il visait cette loi de 1807 qui autorise le président des Etats-Unis à déployer l’armée et la garde nationale pour réprimer les insurrections, des troubles à l’ordre publics et aussi faire exécuter des lois. Les analystes conclurent que c’est une forme de menace pour intimider l’électorat adverse, alerter les alliés, les bienveillants et les indécis, mais aussi préparer tout le monde pour justifier une prévisible contestation des résultats en cas de défaite. A ce propos, Romuald Sciora, chercheur associé l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques, directeur de l’observatoire politique et géostratégique des Etats-Unis dans une publication sur le site l’institut français, présage que: «L’objectif de ces déclarations est transparent : préparer le terrain et légitimer une contestation des résultats de novembre. Le scénario se dessine depuis des mois. Si les républicains perdent la Chambre, Trump n’acceptera pas le verdict. Il invoquera des fraudes, des ingérences étrangères, un complot «radical-gauchiste.» Il a déjà pratiqué l’exercice en 2020. Il recommencera». Mais cette fois, il pourrait aller plus loin. Des rumeurs persistantes circulent à Washington selon lesquelles il envisagerait de proclamer l’état d’urgence en octobre - avant même la tenue du scrutin -pour en retarder l’organisation». Le 26 octobre 2026 Trump annonçait sur son média Truth social :» qu’il versera une récompense de 1 million de dollars à toute personne qui signalera une fraude électorale lors de scrutins passés ou des élections de mi-mandat de novembre 2026, à condition que ces informations mènent à l’arrestation et à la condamnation des auteurs.» La majorité des observateurs avait relevé que président US amplifie le doute, accentue la suspicion et renforce la méfiance sur la sincérité des résultats des midterms, et partant il préparait l’opinion à leur contestation. Cette atmosphère politique d’avant scrutin augure d’une crise institutionnelle inédite à venir aux Etats-Unis. Face aux futures salves croisées neutralisantes du congrès le président Trump pourrait d’un côté être contraint de gouverner par décrets présidentiel - les executives order- pour éviter de négocier avec les démocrates majoritaires au congrès. Mais de l’autre il pourrait être confronté à des recours contentieux en cascade devant les tribunaux, soit pour surseoir à leur exécution sinon pour les annuler. Cette situation aura nécessairement des répercutions sur la dynamique économique mondiale, sur relations internationales et les autres équilibres qui à minima feront que des populations les plus démunies sur la planète et qui dépendent des aides alimentaires étasuniennes les premières victimes. Elles perdront leur seul repas par jour. Faut-il rappeler que l’Usaid a tellement été dénaturée et vidée de sa mission par la nouvelle administration US à travers le DOGE le département de l’efficacité gouvernementale attribué par Trump à Elon Musk , que les populations de Ghaza dont la majorité sont des enfants, acculées par l’état et l’armée sionistes à l’indigence, à la faim et au froid sous des bâches sur le sable mouillé des plages, ne reçoivent plus aucune aide depuis 2025. En conclusion et pour rester dans les sagesses populaires, citons celle-ci ;» Ventre affamé n’a point d’oreille». La privation des minimums vitaux occultent les promesses politiques, diraient les plus avertis. Pour résumer, notons que ni les recommandations du projet 2025 de la Heritage Foundation, ce laboratoire étasunien d’élaboration et de développement de l’idéologie conservatrice de droite, ni les avertissements d’avant élections encore moins les leçons de morale n’ont connu une incidence certaine sur la population: ils sont demeurés inaudibles. Il est vain de tenter de raisonner avec des discours politiques nébuleux, quelqu’un qui n’a pas d’accès aux nécessités humaines fondamentales comme : pouvoir travailler, se loger, se nourrir, se soigner, au moins, quand c’est vital et se chauffer quand il fait froid au pays du rêve américain et de toutes les libertés. Quand ce sont le portefeuille, les poches et les factures qui décident du sort des hommes et des femmes, ils camperont pour un temps long, le champ des questionnements en souffrance, au-delà de toutes autres exigences. Et comme disait le prix Nobel de littérature 2016, le chanteur folk, Bob Dylan dans son historique tube de 1963, le protest song qui fut l’hymne des droits civiques au pays de l’oncle Sam : blowin’ in the wind :» La réponse, mon ami, est soufflée par le vent. La réponse est soufflée par le vent.»