CONFESSIONS

Livres : Aurais-je été mauvais mari et mauvais père. (Histoire inspirée de faits réels). Récit de Djamila Lounis-Belhadj. Editions El Qobia, Alger 2024,181 page...

Un drôle de titre? Avec cela, on était assuré d’aller à confesse. La confession plus qu’intime d’un homme mais... racontée cette fois-ci par une femme qui nous assure que tout cela est bel et bien tiré de faits réels. On la croit, sachant (et ce dès les premières pages après avoir saisi de quoi il retournait) que ce n’est, en fait là, qu’un exemple parmi beaucoup d’autres... dans notre pays. De quoi s’agit-il ? Un mariage, mi-amour, mi raison, qui, après avoir enfanté plusieurs garçons et filles, voit rapidement l’ambiance tourner au vinaigre. Une épouse, pourtant encore belle, instruite (enseignante), large d’esprit et respectueuse des us et coutumes de la famille d’accueil...mais un mari, qui, appuyé par la belle famille, laisse percer son narcissisme pervers en le concrétisant par les moqueries, et même des insultes, un égocentrisme à nul autre pareil,... allant jusqu’à malmener physiquement, souvent devant les enfants, sa «moitié»». De plus radin comme pas possible et concentré sur la construction (au frais de son épouse qui lui remettait tout son salaire) de «sa» maison. Elle sera bel et bien terminée. Les enfants sont partis s’installer à l’étranger. Une invitation à y séjourner ! C’est l’occasion rêvée pour la maman martyrisée de ne plus revenir auprès du «macho», lequel, avec l’âge, ne s’était nullement bonifié. Ne lui reste que les regrets d’avoir mal agi...sa villa vide d’habitants... et son chien. Il a compris, en fin de vie et dans sa solitude, qu’une famille se construit non dans l’autoritarisme et la violence mais dans l’écoute et la compréhension. Mais très tard, trop tard ! Et, toute réponse à son interrogation ne lui servira à rien L’Auteure : Native de Ain Benian. Professeur de français (1972-2011), aujourd’hui retraitée. Auteure de livres para-scolaires. Ecrit des contes pour enfants .Ayant traduit de l’arabe au français les fables de «Kalila et Dimna». Premier prix du concours international de la nouvelle organisée en 2004, par «Les quatre points cardinaux». Elle a déjà publié un recueil de nouvelles, «La femme en clair-obscur» et un ouvrage consacré aux «Guillotinés de Guyotville. Table des matières : 16 / «Dernières pages» Extraits : «Nos ancêtres ne sont pas les crottés Gaulois mais les fiers Numides, ceux qui n’avoueraient pas, même sous la torture, à une femme, qu’elle leur manque» (p13), «En Algérie nos femmes sont plus mères qu’épouses, elles sont plus près de leur progéniture que de leur mari. Ce dernier semble un fardeau qu’elles doivent supporter, traîner» (p 119) Avis : Un livre «illisible».En tout cas difficilement. Non pas parce qu’il est «mal écrit»... mais parce que trop dur. Il décrit une situation, non pas incroyable mais surtout inadmissible car très, trop réaliste: le machisme extrême, avec un époux pervers narcissique dans un couple qui, pourtant, au départ, paraissait assorti Citations : «L’amour est aveugle mais le mariage lui rend la vue» (p 15), «Les sentimentaux disent que la vengeance est divine, la pragmatique qu’elle est humaine» (p 123), «Dans les pays dits «civilisés», l’âge n’a pas d’importance, tout s’apprend, tout s’étudie sans penser qu’on est trop vieux. C’est nous qui avons ce complexe de l’âge, dès quarante ans, nous quittons le monde des jeunes pour nous engouffrer dans celui des gens âgés» (p170) Douleurs muettes. Nouvelles de Fatiha Belkacem. Editions El Qobia, Alger 2022, 78 pages,(Fiche de lecture déjà publiée en décembre 2024 ; Faiza, Fodil, Kallou, Attika, Rachida, Samia, Zahra, Rabea, Zakia, Wahiba, Miryam, Latifa, Nacera, Fadila. Quatorze récits de vies douloureuses, s’exprimant à travers cet ouvrage qui a réussi, en peu de pages, à résumer les «douleurs muettes», surtout féminines. Douloureuses parce qu’elles expriment, à travers des mots simplement dits et franchement écrits des situations multiples mais «invisibles» sinon à travers les conséquences... emplissant, par la suite, soit les pages de la presse, soit les bancs des tribunaux, soit les cellules des prisons, soit les lits d’hôpitaux (...) L’Auteure : Née à Boufarik en 1949. Etudes en philosophie, correspondante d’un journal, carrière dans une banque en tant que cadre dirigeante.. Aujourd’hui, résidant à Blida, elle gère un établissement de restauration où l’on consomme, dit-on, de la très, très bonne cuisine. Note: sœur du défunt journaliste Kamel Belkacem. Déjà auteure d’un ouvrage-récit, «En ouvrant le livre de ma vie» Extraits : «Elles sont si nombreuses ces personnes condamnées à se taire en traînant leurs lourds secrets dans leurs sépultures» (p 5) Avis : Les douleurs «muettes» ne sont pas aussi rares qu’on le croit, sont bien plus nombreuses et bien souvent bien plus proches. (...) Citations : «Beaucoup de personnes sont anxieuses face à ce calme ; celui-ci est relatif selon les êtres. Le silence peut être une échappatoire utile plus ou moins pour certaines personnes. Il peut être pesant ou salvateur, explicatif ou interrogatif, ami ou ennemi, silencieux ou criard...» (p 21), «La première (note :La première union par le mariage)est un contrat social avec beaucoup d’obligations et la seconde (note : Une seconde union) un contrat moral sans engagements ni responsabilités et pour la plupart des cas on craint beaucoup plus la société que la morale qu’on peut piétiner quand on le souhaite, par lâcheté ou facilité» (p 61). Extraits pour rappel. Fiche complète in www.almanach-dz.com/societe/bibliotheque d’almanach)