Associations de commerçants et de consommateurs

Une réponse nécessaire au déséquilibre du marché

Face aux hausses injustifiées des prix, une série de mesures visant à renforcer la régulation du marché national a été décidée lors du Conseil des ministres, di...

Une réponse nécessaire au déséquilibre du marché
Parmi les principales mesures annoncées figurent l’encadrement strict des intermédiaires, le plafonnement des prix et des marges bénéficiaires, le renforcement des contrôles ainsi que la mise en place d’une base de données numérique permettant de détecter les anomalies et d’intervenir rapidement. Le chef de l’État a également ordonné l’ouverture d’enquêtes sur les pratiques de certains importateurs de viandes et de bouchers soupçonnés de favoriser la spéculation et le monopole. Les investigations devront notamment porter sur les écarts de prix entre les wilayas et au sein d’une même ville, afin d’identifier les éventuelles pratiques abusives et de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs. Ces décisions ont été favorablement accueillies par l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) et la Fédération algérienne des consommateurs (FAC), qui y voient une réponse nécessaire aux déséquilibres constatés sur le marché. Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, l’UGCAA a exprimé sa satisfaction quant aux conclusions du Conseil des ministres, saluant les orientations présidentielles visant à lutter contre la spéculation et les pratiques commerciales illicites. L’organisation a également mis en avant le renforcement du contrôle des différentes étapes de production et de distribution, la généralisation de la facturation et l’encadrement de l’activité des intermédiaires. Elle a, par ailleurs, salué les mesures relatives au stockage des excédents de la production nationale et à leur remise sur le marché en cas de besoin, estimant qu’elles contribueront à garantir la disponibilité des produits et à stabiliser les prix. L’UGCAA a enfin réaffirmé sa disponibilité à mobiliser ses structures nationales et locales pour accompagner la mise en œuvre de ces mesures, tout en appelant à leur application rigoureuse à l’ensemble des intervenants et à la sanction des contrevenants. Pour sa part, le président de la FAC, Zaki Hariz, a également salué les décisions du président de la République, estimant que l’intervention de l’État devient nécessaire lorsque les mécanismes du marché ne permettent plus de prévenir les déséquilibres et les hausses injustifiées. Dans une déclaration au Quotidien d’Oran, il a relevé que le marché des produits alimentaires connaît actuellement des perturbations, marquées par l’augmentation des prix de certains produits. S’il reconnaît que l’intervention de l’État dans le fonctionnement du marché n’est pas toujours souhaitable, il considère qu’elle devient indispensable lorsque la situation échappe à tout contrôle, afin de préserver les intérêts des consommateurs comme ceux des producteurs. À ce titre, il a rappelé que la loi sur la concurrence et relative aux règles applicables aux pratiques commerciales prévoit l’intervention de l’Etat et des dispositions permettant de lutter contre les pratiques abusives et de protéger les consommateurs. Il a ainsi estimé que les orientations du président de la République vont dans le bon sens. Pour davantage de transparence sur les marges bénéficiaires Au-delà du plafonnement des prix, Zaki Hariz plaide pour davantage de transparence dans la formation des prix et pour l’adoption d’un texte réglementaire fixant des marges bénéficiaires de référence entre les grossistes et les détaillants. Selon lui, le manque de visibilité sur les marges appliquées par les différents intervenants complique le suivi et le contrôle du marché. Il déplore notamment que certains détaillants appliquent des marges pouvant atteindre 150%. Pour illustrer cette situation, il cite le cas de la carotte, achetée à 30 DA le kilogramme sur le marché de gros et revendue à 100 DA au détail. Le président de la FAC appelle également à moderniser les mécanismes de contrôle de la production agricole. Il estime que le recours à des logiciels de gestion et à la comptabilité analytique permettrait de déterminer les coûts de revient des produits et de mieux comprendre les facteurs à l’origine des variations de prix. Il préconise, dans ce cadre, d’accompagner les agriculteurs confrontés à des difficultés de production et de commercialisation, afin de lever les contraintes qui freinent leur activité et de les encourager à accroître leur production. Il a notamment évoqué le manque de main-d’œuvre pour les opérations de récolte, tout en rappelant la décision du président de la République relative à l’installation de coopératives agricoles relevant du groupe AGRODIV. Celles-ci seront chargées de prendre en charge la location d’engins agricoles destinés aux labours, à la moisson et aux autres prestations nécessaires, en fonction des superficies cultivées dans les différentes wilayas. Enfin, Zaki Hariz a plaidé pour la création de centres de tri, de nettoyage et de calibrage des produits agricoles. Une mesure qui permettrait, selon lui, de faciliter l’application de l’arrêté interministériel fixant les spécifications et les conditions de présentation des fruits et légumes frais destinés à la consommation humaine, en vigueur depuis plusieurs mois.