Sortie de l’Algérie de la liste grise du GAFI

Une reconnaissance internationale des réformes financières

Le Groupe d’action financière (GAFI) a officiellement retiré l’Algérie de sa liste des juridictions placées sous surveillance renforcée, communément appelée «li...

Une reconnaissance internationale des réformes financières
Cette décision, qualifiée «d’historique», donne surtout de la crédibilité aux réformes financières menées en Algérie, et marque un tournant dans l’évaluation internationale de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, après des années d’ajustements réglementaires et de renforcement des mécanismes de contrôle financier. Pour l’économiste, consultant et expert financier Idir Saci, cette décision marque «une plus grande responsabilisation de toutes les institutions financières et les acteurs, comme les notaires, qui gèrent les fonds publics». Intervenant, hier dimanche, sur les ondes de la Radio nationale, Idir Saci, a expliqué que l’Algérie, «depuis plusieurs années, travaille selon les recommandations du GAFI pour accentuer la lutte contre les ressources financières d’origine criminelle». Pour l’invité de la Radio, «des techniques modernes sont désormais utilisées pour une meilleure détection des risques en responsabilisant davantage tous les acteurs financiers, surtout les banquiers, quant à l’origine réelle des fonds et une meilleure traçabilité de leur provenance». L’expert a également expliqué les mécanismes d’évaluation du GAFI, comme la liste grise qui inclut les pays sous surveillance accrue pour des lacunes stratégiques, tandis que la liste noire regroupe les pays présentant de graves déficiences en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. «Et si l’Algérie se trouvait jusque-là sur la liste grise, c’est parce que nous avions des lacunes que nous avons corrigées», a-t-il souligné. Citant l’exemple de la problématique du cash, Idir Saci a indiqué qu’entre autres raisons à l’origine du classement de l’Algérie dans la zone grise en 2024, «un cadre juridique qui n’était pas clair et précis, un réseau bancaire peu outillé en plus d’une gestion des risques peu fiable des banques et autres institutions financières». «Une meilleure prise de conscience au plus haut niveau de l’Etat, a permis justement d’adopter un certain nombre de mesures légales et réglementaires qui ont permis un déclassement de l’Algérie de la zone grise du GAFI», a encore expliqué l’hôte de la Radio, ajoutant qu’une «approche plus raffinée de la Banque d’Algérie en matière de gestion des risques, a donné des résultats palpables sur le terrain assez rapidement». L’expert financier a néanmoins tenu à rappeler que la bancarisation «reste l’objectif premier malgré les contraintes imposées par les recommandations du GAFI». Pour l’invité de la Radio, la sortie de l’Algérie de la zone grise «n’est pas un point d’arrivée mais un point de départ pour accélérer les réformes financières en cours dans le pays, permettre une meilleure innovation financière pour un marché émergent comme l’Algérie, et améliorer le climat d’affaires pour attirer des investissements étrangers», a-t-il conclu.