Sortie de la liste grise du GAFI

Une nouvelle étape de réformes annoncée

La sortie officielle de l’Algérie de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), placée sous surveillance renforcée, constitue une excellente nouvelle ...

Toutefois, elle ne doit pas être considérée comme une finalité. C’est ce qu’a affirmé hier l’expert en numérique et président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), Souheil Guessoum, lors de son passage à l’émission de L’invité du jour de la Chaîne 3 de la Radio nationale. Selon lui, cette décision représente « une avancée majeure pour l’économie nationale » et devrait contribuer à améliorer sensiblement l’image et la crédibilité financière de l’Algérie sur la scène internationale. Il estime néanmoins que cette réussite doit être perçue comme le point de départ d’une nouvelle étape de réformes. À ce titre, il rappelle que le président de la République a instruit les ministères des Finances et de la Justice de poursuivre leur action avec « rigueur et fermeté » afin de prévenir les infractions financières, de renforcer les mécanismes de contrôle et de consolider les acquis enregistrés. Pour l’expert, l’enjeu dépasse désormais la seule conformité aux standards financiers internationaux. Soulignant que notre pays est appelé à s’adapter aux profondes mutations technologiques qui redessinent les économies à l’échelle mondiale. Il a plaidé ainsi pour une accélération de l’adoption des technologies financières (FinTech), des nouveaux moyens de paiement et des solutions numériques innovantes. Selon lui, ces outils constituent un levier stratégique pour moderniser l’économie nationale, favoriser l’inclusion financière et améliorer l’efficacité des services destinés aux citoyens et aux entreprises D’ailleurs, dans un communiqué rendu public, la CAPC a salué cette décision du GAFI, la qualifiant d’acquis stratégique reflétant les importantes réformes engagées par l’État algérien sous la conduite du président de la République. Cette organisation patronale considère que cette évolution traduit une reconnaissance internationale des efforts accomplis en matière de transparence financière, de modernisation du cadre législatif et réglementaire, ainsi que de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. La CAPC estime également que cette avancée renforcera la crédibilité de l’Algérie auprès des institutions financières internationales, améliorera son attractivité pour les investisseurs étrangers et facilitera les échanges commerciaux et financiers des entreprises algériennes. Pour son président, la sortie de la liste grise envoie un signal positif aux investisseurs et partenaires économiques, attestant de l’amélioration du climat des affaires et de la stabilité de l’environnement économique national. L’organisation considère également que ce succès est le fruit des réformes entreprises ces dernières années, ouvrant de nouvelles perspectives de croissance, d’exportation, d’investissement et de création d’emplois, tout en consolidant la position de l’Algérie comme partenaire économique fiable sur la scène internationale. La numérisation, un levier majeur contre la bureaucratie Sur la transformation numérique de l’administration, M. Guessoum a précisé que cette dernière est parmi les priorités des pouvoirs publics. Soulignant que le lancement prochain du portail national des services numériques, annoncé lors du dernier Conseil des ministres, marque une nouvelle étape dans la modernisation de l’action publique. Conçu comme un guichet numérique unique, ce portail permettra aux citoyens d’accéder à l’ensemble des services administratifs à partir d’une seule plateforme. Accessible aussi bien sur ordinateur que sur smartphone, il offrira la possibilité d’effectuer de nombreuses démarches à distance, sans avoir à se déplacer d’une administration à une autre. Pour Souheil Guessoum, cette initiative constitue un levier majeur pour réduire la bureaucratie et améliorer la qualité du service public. Elle devrait contribuer à simplifier les procédures, accélérer le traitement des dossiers et renforcer la transparence dans les relations entre l’administration et les usagers, tout en garantissant un accès unifié et sécurisé aux services publics. L’expert a rappelé que l’Algérie a déjà enregistré des avancées significatives dans ce domaine, notamment à travers la délivrance en ligne de documents administratifs, tels que les extraits de naissance et les casiers judiciaires, ainsi que le paiement électronique de certaines taxes. Le nouveau portail vise à centraliser l’ensemble de ces prestations au sein d’une interface unique afin de rendre les démarches administratives plus fluides et plus accessibles. Au-delà de la dématérialisation des procédures, la prochaine phase de la transformation numérique reposera, selon lui, sur l’intégration de l’intelligence artificielle. Celle-ci apparaît désormais comme un outil incontournable pour accroître l’efficacité des services publics et hisser l’administration algérienne aux standards internationaux les plus avancés.