Les Algériens votent aujourd’hui

Une législature de rupture

Tout est fin prêt pour glisser le bulletin de vote dans l’urne.

Une législature de rupture
À la veille du scrutin législatif du 2 juillet, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a affirmé que tous les dispositifs sont en place pour assurer le bon déroulement de l’opération électorale, aussi bien sur le territoire national qu’à l’étranger. S’exprimant hier mercredi sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, le président par intérim de l’ANIE, Karim Khelfane, a dressé un état des lieux global des préparatifs. Le responsable a d’abord fait le point sur le vote au niveau des bureaux itinérants destiné aux populations nomades des wilayas du Grand Sud. « C’est une exception où ce n’est plus le citoyen qui se déplace vers l’urne, mais l’urne qui va à sa rencontre. C’est un principe universel de rapprocher le vote du citoyen, et nous allons encore plus loin en rejoignant directement nos concitoyens nomades. C’est d’ailleurs dans ces bureaux itinérants que nous enregistrons généralement les taux de participation les plus élevés, parfois proches de 100%», a expliqué M. Khelfane. Le président de l’ANIE est également revenu sur le vote de la communauté nationale établie à l’étranger, entamé cinq jours avant le scrutin en Algérie, rappelant que cette année, le nombre de sièges réservés à la diaspora passe de huit à douze. Selon M. Khelfane, «les premiers jours de vote se sont déroulés dans des conditions normales malgré les fortes chaleurs enregistrées dans plusieurs pays». Il a indiqué que «les premiers taux de participation varient entre 2% et 7% selon les zones, tout en estimant ces chiffres encourageants compte tenu du fait que le scrutin s’étale sur six jours». Abordant la campagne électorale, le responsable de l’ANIE s’est déclaré satisfait de son déroulement, marqué, selon lui, par un climat serein et respectueux. Il a rappelé que «l’Autorité avait veillé au respect des dispositions de la Constitution et de la loi électorale, notamment l’interdiction des discours de haine, de discrimination ou portant atteinte aux constantes nationales». «Notre objectif n’a jamais été de gêner les partis politiques ou les listes indépendantes». La lutte contre la corruption et l’argent sale constitue une priorité «Nous avons privilégié la pédagogie, attiré leur attention lorsque cela était nécessaire et, dans la grande majorité des cas, les candidats ont été très réceptifs», a affirmé M. Khelfane, indiquant que «quelques mises en demeure et saisines de la justice ont été engagées dans des cas limités de dépassements». À propos du financement des campagnes, Karim Khelfane a rappelé que «la lutte contre la corruption et l’argent sale constitue une priorité inscrite dans la Constitution et dans la loi organique portant régime électoral». « Il est hors de question que l’argent sale investisse le champ politique ou influence la volonté des électeurs. Les partis politiques et les listes indépendantes sont tenus de justifier l’origine de leurs ressources et l’utilisation de leurs dépenses. La traçabilité est un élément fondamental», a-t-il insisté. Non sans préciser que «la commission chargée du contrôle des dépenses électorales poursuivra son travail pendant plusieurs mois après la proclamation définitive des résultats». L’intervenant a également mis en avant le renouvellement de la classe politique à travers la forte présence des jeunes candidats. Plus de 7 millions d’électeurs inscrits sont âgés de 25 à 40 ans et la loi impose que la moitié des candidats figurant sur les listes appartiennent à cette tranche d’âge. Plus de 2.000 femmes sont également candidates, tandis que les jeunes des listes indépendantes peuvent bénéficier d’une aide publique destinée notamment aux frais de transport et d’affichage. Karim Khelfane a enfin assuré que «toutes les institutions concernées, notamment les ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de la Justice, de la Communication, de la Santé ainsi que les différents corps de sécurité, travaillent en coordination permanente avec l’ANIE afin d’assurer le bon déroulement du scrutin». Concernant la journée du vote, qui se déroule aujourd’hui, il a indiqué que «des prolongations d’horaires pourront être décidées, conformément aux dispositions légales, jusqu’à 20 heures lorsque les circonstances l’exigent, notamment pour permettre aux électeurs encore présents dans les centres de vote d’accomplir leur devoir électoral». Les résultats provisoires seront proclamés par l’ANIE dans le délai légal de 72 heures après réception du dernier procès-verbal, avant leur transmission à la Cour constitutionnelle, seule habilitée à annoncer les résultats définitifs après examen des éventuels recours. « Le dernier mot appartiendra aux électeurs et aux électrices qui s’expriment déjà à travers les bureaux itinérants et à l’étranger, et qui se prononceront ce jeudi 2 juillet dans les urnes», a conclu M. Khelfane.