Yémen-Arabie Saoudite
Une guerre en chasse une autre
Mardi, 221e jour de l’agression américano-sioniste contre l’Iran et 111e jour depuis la signature de l’accord entre Téhéran et Washington.

Le Qatar affirme que «les contacts se poursuivent pour faire avancer les pourparlers entre Washington et Téhéran», a indiqué hier le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. «Les contacts et les visites se poursuivent afin de faire progresser les pourparlers entre Washington et Téhéran», a déclaré, hier, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. «Nous soutenons toute initiative prise par les pays de la région, y compris l’«Alliance de La Mecque», a-t-il ajouté, avant de souligner qu’ «il est prématuré d’évoquer une éventuelle adhésion du Qatar» à cette coalition, «mais nous soutenons toute mesure visant à stabiliser la région», a rapporté Al Jazeera. Quelques heures plus tard, le Cabinet de l’Émir du Qatar a annoncé que Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani s’est entretenu à Doha avec le ministre iranien de l’Intérieur, Eskandar Momeni, au sujet de l’évolution de la situation dans la région et des efforts visant à réduire les tensions. Le pétrole sous la barre des 100 dollars, mais le diesel ne fléchit pas Le prix du baril de pétrole est passé mardi en dessous des 100 dollars. Mais, «les consommateurs n’achètent pas de pétrole brut. Ils achètent de l’essence, du carburant pour avion et du diesel», affirme le patron d’un cabinet Conseil cité, lundi, par le Wall Street Journal (WSJ). Les cours du pétrole ont reculé mardi, lors des échanges en Asie, alors que les marchés continuent de peser la fiabilité des informations faisant état d’une hausse des exportations de brut du Moyen-Orient. Le Brent perdait 0,75% pour s’établir à 99,57 dollars le baril, alors que le West Texas Intermediate (WTI) a reculé de 1,2% à 88,37 dollars le baril, selon les données d’Oilprice.com rapportées par Al Jazeera qui fait état d’une hausse des flux pétroliers atteignant «81% des niveaux antérieurs à la guerre américano-israélienne contre l’Iran». Cependant, si le WSJ confirme que les quantités de brut traversant le détroit d’Ormuz sont «presque équivalentes à celles d’avant la guerre», il note que les navires acheminent moins de carburants, particulièrement le diesel. Le journal explique que «samedi, la moyenne sur sept jours des cargaisons de brut transitant par cette voie maritime s’élevait à 10,3 millions de barils par jour (mbj), soit 76% du volume enregistré avant la guerre», toutefois, «les cargaisons de produits pétroliers (essence et diesel) représentaient 1,3 million mbj, soit seulement 11% des flux totaux», contre «plus de 20% des cargaisons pétrolières transitant par le détroit» avant le 28 février 2026. Quant au prix du diesel aux Etats-Unis, le Wall Street Journal rapporte que la moyenne nationale du prix du gallon de diesel a atteint un niveau record de 6,53 dollars à la fin du mois dernier, contre 8,44 dollars le gallon en Californie, où l’approvisionnement est de plus en plus tendu et les taxes sur le carburant plus élevées. L’information, l’autre guerre du Yémen Au Yémen, autant que les combats et les bombardements, la guerre des versions entre l’Arabie saoudite et la coalition gouvernementale contre les Houthis, concernant la situation sur le terrain, fait également rage. Lundi, les forces de la coalition gouvernementale, soutenue militairement par l’Arabie saoudite, ont annoncé leur contrôle de Bab el-Mandeb. Dès les premières heures de mardi, cette version a été revue largement à la baisse, laissant entendre qu’il s’agissait juste d’une «percée» dans la région de «Dhubab», proche de Bab el-Mandeb. Mardi, les Houthis ont annoncé qu’ils maintenaient leur «contrôle des positions acquises» il y a quelques semaines, qualifiant d’ «illusion d’héroïsme» ce que les forces d’Aden «ont présenté comme un exploit». Pour la journaliste yéménite, basée au Caire, Mona Safwan, la diffusion de la fausse information sur le contrôle de Bab el-Mandeb a non seulement «détruit la crédibilité des chaînes» d’information arabes qui l’ont propagée (saoudiennes et qataries), mais sa remise en cause a été l’œuvre de «l’allié émirati et des médias du sud du Yémen (alliés à leur tour des Emirats, ndlr)». Mona Safwan affirme, dans une interview sur la BBC News, qu’en «occupant des positions dans les montagnes surplombant Bab el-Mandeb», les Houthis «contrôlent de fait» ce détroit stratégique. Par ailleurs, la journaliste explique que la déclaration du général de division Turki Al-Maliki, porte-parole des forces de la coalition, à propos de la participation «100 avions de combat dans l’opération «Aube du Yémen»», signifie clairement que «l’Arabie saoudite est entrée officiellement dans cette guerre». Le but étant, selon elle, «l’activation du «Pacte de la Mecque»», qui ne «signifie pas une offensive turco-pakistanaise contre les Houthis», mais plutôt «une formule défensive dans le cas d’une invasion terrestre contre l’Arabie saoudite, ce qui est potentiellement possible», a-t-elle conclu.