Pourparlers Iran/Etats-Unis

«Une feuille de route en vue d’un accord final»

Lundi, 115e jour de l’agression américano-sioniste contre l’Iran.

«Une feuille de route en vue d’un accord final»
Les discussions de la première journée des pourparlers de paix entre l’Iran et les Etats-Unis se sont finalement poursuivies hier, après la protestation des Iraniens concernant les propos menaçants de Trump et bien sûr la situation au sud-Liban, et se sont terminées «avec succès», aboutissant à la «création d’un Comité de supervision politique de haut niveau et au lancement d’un nouveau cycle de négociations techniques», a déclaré, hier, le Premier ministre pakistanais. Shehbaz Sharif a décrit une «atmosphère positive et constructive» et ayant permis de «réaliser des progrès encourageants, notamment un accord sur une feuille de route en vue d’un accord final dans un délai de 60 jours». Dans le sillage de ces discussions, le Pakistan accueille aujourd’hui mardi le président de la république islamique d’Iran Massoud Pezeshkian, a indiqué l’Agence de presse Tasnim. De son côté, après avoir rencontré le secrétaire adjoint iranien du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ghadir Nezami, en marge d’une réunion des BRICS à New Delhi, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a déclaré que «la mise en œuvre du mémorandum d’entente entre l’Iran et les États-Unis contribuera à consolider le cessez-le-feu chèrement acquis et ouvrira de nouvelles perspectives pour les relations irano-américaines», a rapporté Al Jazeera. «En tant que partenaire stratégique global de l’Iran, la Chine a toujours maintenu une position juste et objective, soutient tous les efforts propices à la paix et soutient l’Iran dans la sauvegarde de sa souveraineté, de sa sécurité et de sa dignité nationale», a déclaré Wang. Des avancées sur le dossier libanais et les avoirs iraniens gelés Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a souligné, hier, que les discussions de dimanche ont permis de «réaliser des progrès significatifs vers la fin de la guerre au Liban». Dans une déclaration sur la plateforme X, Araqchi écrit : «Les efforts de médiation inlassables du Pakistan et du Qatar ont permis de réaliser des progrès significatifs vers la fin de la guerre au Liban. Les sanctions sur les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques ont été suspendues, le blocus naval a été levé, une partie des avoirs gelés a été débloquée et le grand plan de reconstruction et de développement économique de l’Iran a été mis en œuvre». Toujours concernant le dossier libanais, Le Wall Street Journal, citant des médiateurs, rapporte que l’Iran et les États-Unis se sont entendus sur un mécanisme visant à mettre fin aux combats entre Israël et le Hezbollah, suite à l’escalade des tensions entre les équipes de négociation dimanche. Par ailleurs, l’Agence de presse Tasnim, citant le gouverneur de la Banque centrale iranienne, a fait état de «progrès significatifs» dans le déblocage des avoirs iraniens lors des discussions tenues en Suisse. La confirmation américaine est venue, hier, par le vice-président américain, J.D. Vance, qui a laissé entendre, lors d’un point de presse, que les États-Unis pourraient accepter de dégeler des avoirs iraniens pour «financer des achats américains» a rapporté Al Jazeera English (AJE). Cependant, Vance a déclaré qu’il s’agit «en cas de dégel d’avoirs iraniens», de «garantir que l’argent iranien serve à aider le peuple iranien et non à financer le terrorisme», citant l’achat de «maïs et de blé américains au profit du peuple iranien.» Cette dernière déclaration n’a pas encore été commentée par les Iraniens. Reprise du trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz Reuters a fait état hier d’une reprise progressive du trafic maritime après la faible activité de dimanche, suite à la fermeture annoncée par l’Iran. Citant des données de suivi des navires, l’agence indique que deux pétroliers transportant un peu moins de 2 millions de barils de pétrole brut ont traversé, lundi, le détroit d’Ormuz. Plus tôt, les données et analyses de suivi maritime de Kpler montrent que deux autres superpétroliers, d’une capacité de 4 millions de barils chacun, ont emprunté le détroit lundi pour entrer dans le Golfe persique. L’un d’eux se dirigeait vers le port irakien de Bassora. Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ne représente toujours qu’une fraction du transit quotidien moyen de 125 pétroliers enregistré avant le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran le 28 février. Toujours selon Kpler, «les traversées du détroit d’Ormuz ont rebondi fortement les 19-21 juin, avec 71 transits confirmés et un pic de week-end de 35 le 20 juin». «Les traversées commerciales se sont redressées avec les remises en service des transpondeurs AIS, mais les volumes restent inférieurs aux normes d’avant-crise», explique la société. Le ‘Financial Times’ rapporte de son côté que 441 grands navires de la taille de pétroliers, sont positionnés au large des côtes de Sohar et de Fujairah, les deux principaux ports situés sur la rive orientale du détroit d’Ormuz, dans l’attente de sa réouverture plus large suite aux négociations entre les États-Unis et l’Iran. Parallèlement, la télévision iranienne a annoncé l’arrivée d’un deuxième cargo iranien au port Shahid Rajaee, dans la ville de Bandar Abbas, au sud du pays, après la levée du blocus naval américain. La télévision iranienne a ajouté que des pétroliers iraniens avaient transporté 25 millions de barils de pétrole par la mer d’Oman la semaine dernière.