Drogues et psychotropes

Une cartographie nationale pour renforcer la lutte

La consommation de drogues et de substances psychotropes suscite une inquiétude grandissante en raison de ses lourdes conséquences sanitaires, sociales et sécur...

Une cartographie nationale pour renforcer la lutte
Les jeunes figurent parmi les catégories les plus exposées, ce qui pousse les pouvoirs publics à renforcer continuellement leur politique de prévention et leur dispositif de lutte contre ce fléau. Le tragique accident de Boumerdès, qui a coûté la vie à 27 personnes, est venu rappeler les effets dévastateurs de la consommation de stupéfiants, notamment lorsquelle est associée à la conduite. Selon le communiqué du parquet général près la Cour de Boumerdès, les premiers éléments de lenquête ont révélé que le conducteur décédé était sous lemprise de stupéfiants et que deux comprimés psychotropes ont été retrouvés dans ses vêtements. Ces révélations ont relancé le débat sur les dangers liés à la consommation de ces substances et sur la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention et de contrôle. Conscients des multiples répercussions de ce phénomène, les pouvoirs publics multiplient les initiatives pour mieux cerner son ampleur et adapter les politiques publiques. Cest dans cette optique quune convention-cadre de coopération a été signée lundi dernier à Alger entre lOffice national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT) et lInstitut national de santé publique (INSP). Signé par les directeurs généraux des deux institutions, Tarek Kour et Abderrezak Bouamra, cet accord vise à instaurer un partenariat scientifique et technique durable au service de la Stratégie nationale de lutte contre la drogue et les substances psychotropes. À cette occasion, quatre conventions dexécution ont été conclues pour le lancement de quatre études de terrain spécialisées (une étude épidémiologique en milieu général, une étude en milieu scolaire, une étude en milieu universitaire ainsi quune étude consacrée aux décès liés aux surdoses « overdose »). Selon les responsables de lONLCDT, ces travaux ont pour objectif détablir une cartographie nationale précise de la répartition géographique de la consommation de drogues et de substances psychotropes en Algérie. Cette base de données permettra de disposer dindicateurs fiables pour orienter les politiques publiques, cibler les actions de prévention et renforcer la lutte contre ce phénomène, notamment auprès des jeunes. À travers cette initiative, les autorités entendent se doter doutils scientifiques et institutionnels capables de mieux comprendre les facteurs de propagation de la toxicomanie, daméliorer la prise en charge des personnes concernées et dintensifier les campagnes de sensibilisation. Cette démarche sinscrit dans une stratégie plus large de prévention. Pour rappel, le dépistage de lusage de stupéfiants et de substances psychotropes est désormais obligatoire dans les établissements déducation, denseignement et de formation. Le décret exécutif n° 26-77, signé le 14 janvier 2026 par le Premier ministre Sifi Ghrieb, fixe les conditions et les modalités de ces analyses afin de garantir un environnement scolaire et universitaire sûr et de préserver la santé physique et mentale des élèves, des étudiants et des stagiaires. Par ailleurs, les tests de dépistage sont également exigés lors des opérations de recrutement dans les secteurs public et privé. En vertu du décret exécutif n° 26-76, tout candidat à un emploi doit désormais présenter un test négatif attestant de la non-consommation de stupéfiants et de substances psychotropes avant son recrutement.