Téhéran dément toute discussion en cours

Trump continue de brouiller les cartes

Lundi, 157e jour de lagression américano-sioniste contre lIran et 47e jour depuis la signature de laccord entre Téhéran et Washington.

Trump continue de brouiller les cartes
Après avoir annoncé quil nallait pas ordonner de bombarder les installations civiles iraniennes, le président américain a déclaré, hier, que des discussions devaient commencer lundi après-midi au sujet du mécanisme et du format des négociations à venir. « Nous sommes actuellement en train de dialoguer avec eux, dans le cadre des négociations. Cela commence demain après-midi », a affirmé Trump, sans apporter de détails sur le lieu de ces discussions ni les participants. Téhéran a démenti formellement, et affirmé quil ny aucune discussion en cours, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, qui a indiqué que « lIran navait pas lintention daccueillir de délégations étrangères ni denvoyer de négociateurs à létranger dans les prochains jours », rapporte Reuters. Baghaei a ajouté que tous les négociateurs iraniens se trouvaient actuellement dans le pays, à lexception du ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, qui se trouve en Irak pour un pèlerinage religieux. Les seules discussions en cours, a-t-il précisé, portaient sur la gestion du détroit dOrmuz avec Oman. De son côté, lagence de presse Tasnim a annoncé, hier, larrivée de Abbas Araqchi dans la ville sainte de Najaf. Téhéran tient tête à Washington Au moment où Trump menaçait que les Etats-Unis allaient mener, conjointement avec lentité sioniste, une « importante attaque », les Iraniens ont clairement dit aux intermédiaires pakistanais et qataris : « nous navons aucun problème avec la guerre », a rapporté hier le New York Times (NYT), citant un ancien responsable iranien. « Lorsque M. Trump a laissé entendre ces derniers jours quune escalade majeure était imminente en labsence de concessions, deux anciens responsables iraniens ont affirmé que les dirigeants de Téhéran lui avaient donné le feu vert », écrit le NYT. Selon Amir al-Mousawi, ancien diplomate iranien, cité par le journal, les dirigeants iraniens « sont prêts à la guerre et ils ne reculeront pas ». Al-Mousawi a indiqué « avoir rencontré durant le week-end léquipe entourant le négociateur en chef iranien et président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf ». Décrivant un « échange de messages entre responsables américains et iraniens, transmis durant le week-end par lintermédiaire de responsables pakistanais et qataris », il affirme que «Trump a menacé de lancer une attaque denvergure contre des infrastructures civiles, notamment des centrales électriques, si les Iraniens ne reprenaient pas les négociations ». Les Iraniens ont refusé, a-t-il déclaré, à moins que Washington ne revienne au « protocole daccord » convenu précédemment, précise le journal. « Nous navons aucun problème avec la guerre et nous sommes prêts pour la grande confrontation », a déclaré M. al-Mousawi aux Iraniens et aux Américains. « Trump a dit aux Iraniens : Je frapperai le pouvoir en Iran. Alors les Iraniens ont dit : Si vous frappez, nous frapperons », indique encore le NYT. MAE iranien : Un accord avec Mascate ne suffit pas à rouvrir le détroit dOrmuz « Nos négociations avec Oman concernant le détroit dOrmuz ne datent pas dhier, et nous sommes déterminés à coopérer pour mettre en place un mécanisme de passage des navires », a déclaré, dimanche à la télévision, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, soulignant que dans tous les cas « la situation dans le détroit dOrmuz ne peut revenir à ce quelle était avant la guerre ». « Nous discutons actuellement avec le sultanat dOman dun nouvel itinéraire dans le détroit dOrmuz (qui) nest pas la route nord. Lactuelle route sud sera modifiée ; il sagira dun itinéraire entièrement nouveau, convenu par les deux parties », précise lintervenant, cité par Al Jazeera. A propos de la route du sud du détroit dOrmuz, qui passe par Oman, et à laquelle les Etats-Unis ont poussé, lintervenant estime que sa mise en place « a déstabilisé la sécurité régionale et a porté atteinte aux intérêts nationaux iraniens ». Revenant sur la reprise de la guerre par les Américains, Baghaei rappelle que « Washington na pas permis la reprise du trafic maritime à Ormuz dans les délais convenus (dans le cadre du Mémorandum, ndlr) et nous a attaqués avant lexpiration de ces délais ». « Durant les 22 ou 23 premiers jours de la mise en uvre de laccord, la voie nord du détroit était parfaitement sûre et la navigation y était régulière. » Il a ajouté : « Avant même la fin du délai de 30 jours prévu pour le retour du trafic maritime à son niveau davant-guerre, [lautre partie] a commis un acte dagression contre lIran », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par lagence Fars. Esmail Baghae a également affirmé que Téhéran a « reçu des assurances de la Grande-Bretagne, de lUkraine et de la Bulgarie, que ces pays ne prendraient pas part à une guerre contre nous ». Légende de l'image