Réouverture du détroit dOrmuz
Téhéran pose ses conditions
Samedi, 162e jour de lagression américano-sioniste contre lIran et 52e jour depuis la signature de laccord entre Téhéran et Washington.

« La réouverture du détroit dOrmuz dépend de lacceptation par les États-Unis des conditions iraniennes et de la cessation de leur ingérence dans les négociations régionales », a déclaré, hier, Hossein Mohebbi, le porte-parole des Gardiens de la révolution islamique dIran, ajoutant que cette éventualité na « aucun lien avec les discussions en cours avec Oman ». Cette déclaration intervient au moment où Washington entretient lespoir dun accord entre Téhéran et Mascate aboutissant à la réouverture du détroit fermé depuis le début de lagression israélo-américaine le 28 février dernier. Mohebbi a souligné limportance stratégique du détroit, ajoutant : « Pour la République islamique dIran, ce détroit nest pas simplement une voie navigable ou un axe économique, mais un atout géopolitique crucial, utilisé conformément à des considérations de défense et de souveraineté ». Selon lui, « le calendrier et les modalités de cette réouverture dépendent de lacceptation de ces conditions par les États-Unis », a rapporté lagence Tasnim. Araghchi : Les États-Unis doivent indemniser lIran Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a affirmé hier que les États-Unis doivent indemniser lIran pour les violations du protocole daccord afin que le détroit dOrmuz puisse rouvrir, selon lagence iranienne IRNA. Tout en annonçant que lIran et Oman sont « très proches » de sentendre sur un nouveau protocole pour le détroit dOrmuz, Araghchi a indiqué que la réouverture du détroit dépend dautres conditions, citant notamment une compensation américaine à lIran pour les violations du protocole daccord dIslamabad. « Les violations (américaines) du Mémorandum dentente doivent être traitées une à une. La cinquième clause du mémorandum était en cours dapplication par la République islamique dIran, et les conditions de navigation devaient revenir à la normale dans un délai dun mois. Or, en deux semaines, la navigation avait (déjà) atteint 60% de son niveau normal. Malgré cela, les Américains ont cherché à établir de nouvelles routes dans le détroit dOrmuz et ont tenté de saper la gestion du détroit par lIran », a expliqué le MAE iranien. La fermeture du détroit dOrmuz retarde les salaires des fonctionnaires en Irak La fermeture du détroit dOrmuz a fait chuter les exportations de brut de 75%, a déclaré samedi le ministre irakien du Pétrole, expliquant que « cette baisse des recettes a affecté la trésorerie et retardé le versement des salaires des fonctionnaires ». Selon des propos rapportés par Al Jazeera, le ministre a indiqué que « des discussions sont en cours avec lIran afin de permettre la reprise des exportations de pétrole irakien ». Il a également souligné le rejet par son pays de « toute attaque contre les compagnies pétrolières irakiennes », précisant que lEtat sest engagé à « les indemniser en cas de dommages ». En outre, selon Al Jazeera, les exportations de pétrole iranien entrent dans une phase critique suite à larrêt des opérations de chargement sur lîle de Kharg. A propos dattaques, la compagnie pétrolière des Emirats arabes unis ADNOC a annoncé quune attaque de missile a ciblé, tôt samedi matin, un de ses navires dans le détroit dOrmuz précisant quaucun blessé nest à déplorer. Un autre navire a été touché hier par un « projectile non identifié au large de Khasab, Oman », a indiqué lorganisme britannique UKMTO. Lincident a été signalé à 18 milles nautiques à lest de Khasab, provoquant un incendie qui a depuis été maîtrisé, ajoute la même source. Liban : Escalade israélienne suite à léchec des pourparlers de Rome Israël refuse de quitter ses positions au Sud-Liban, exige le désarmement du Hezbollah, et renoue depuis quelques jours avec les bombardements, alors quaucune avancée na été enregistrée lors des « négociations » de Rome. Lartillerie israélienne a bombardé, depuis vendredi soir et durant la journée de samedi, plusieurs régions du Sud-Liban, notamment la ville de Mansouri, les abords de Nabatieh al-Fawqa, ainsi que Tallousa, Markaba et Houla. Cette escalade intervient deux jours après le septième cycle de négociations de Rome entre le Liban et Israël, sous légide des États-Unis, qui na abouti à aucune avancée significative concernant la mise en uvre de laccord-cadre signé à Washington quelques semaines plus tôt, notamment sur lentité chargée de vérifier la mise en uvre de laccord, et louverture de nouvelles zones pilotes, rapporte Al Jazeera. Cependant, selon Reuters, citant une source libanaise bien informée, les deux parties ont établi une liste restreinte de pays candidats à la mission de vérification du désarmement du Hezbollah, ajoutant quIsraël et les États-Unis avaient exclu la France de cette liste. Rappelons que le Hezbollah a totalement rejeté lidée dun désarmement, appelant au retrait total de larmée israélienne du Sud-Liban et au déploiement de larmée libanaise dans ces zones libérées.