En cas d’intervention de la Syrie contre le Hezbollah
Téhéran menace de représailles
Vendredi, 168e jour de l’agression américano-sioniste contre l’Iran et 58e jour depuis la signature de laccord entre Téhéran et Washington.

L’Iran a averti plusieurs capitales arabes proches de la Syrie, qu’il mènerait des représailles si Damas intervenait militairement contre le Hezbollah. La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran étrangle les exportations de pétrole et de gaz des pays du Golfe, poussant davantage vers le haut les prix du carburant aux Etats-Unis ce qui pèse sur le pouvoir d’achat des Américains. Le blocus des ports iraniens par le CENTCOM américain produit les mêmes effets sur l’industrie de raffinage des produits pétroliers en Iran qui peine à assurer les approvisionnements nécessaires pour les stations dessence du pays. Le Parlement iranien a approuvé « les principes d'un projet de loi visant à sécuriser le détroit d'Ormuz et à interdire le passage de matériel en provenance de pays hostiles », a révélé le site de la chaîne libanaise El-Mayadeen proche du Hezbollah. Une « centaine de cibles stratégiques » L’agence de presse iranienne a rapporté, sur sa chaîne Telegram, que « Téhéran a informé les capitales régionales Ankara, Baghdad, Doha et Riyad que si la Syrie menait une quelconque aventure militaire au Liban contre le Hezbollah, cela dégénérerait en un conflit régional de grande ampleur à l'intérieur même du pays ». L'Iran menace de riposter par des missiles visant plus dune « centaine de cibles stratégiques », dont le palais présidentiel à Damas, ajoute la même source. Toujours selon Tasnim, le message iranien a été également transmis au bureau du président syrien Ahmed al-Charaa. Rappelons que le président américain avait déclaré, à la mi-juin, en marge de la réunion du G7 à Evian en France, avoir « suggéré à Israël de laisser la Syrie s'occuper du Hezbollah » au Liban. A noter également que la Syrie avait formellement démenti tout rôle militaire au Liban. Iran : Un projet de loi visant à sécuriser le détroit d'Ormuz Le site Web de la chaîne libanaise Al Mayadeen a rapporté, hier, que « le Parlement iranien a approuvé les principes généraux d'un projet de loi stratégique relatif à la sécurité du détroit d'Ormuz ». Valiollah Bayati, porte-parole de la Commission des affaires intérieures et des conseils du Parlement, a déclaré que parmi les dispositions approuvées figure « l'interdiction du passage et du transfert de matériel et de fournitures appartenant aux États-Unis, à Israël et à d'autres pays hostiles via le détroit d'Ormuz ». L’Iran affirme contrôler totalement le détroit d’Ormuz, et que tout passage via cette voie maritime nest possible quavec son autorisation. De son côté, le président Donald Trump a déclaré, mercredi, que « les États-Unis contrôlent le détroit d'Ormuz », alors que le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a affirmé que « les exportations de pétrole du Moyen-Orient sont revenues à des niveaux quasi normaux ». Wall Street Journal : Lemprise de lIran sur le détroit dOrmuz Le Wall Street Journal (WSJ) estime qu'il y a un « décalage » entre les déclarations de Trump et la réalité, et que laction du CENTCOM « reste marginale ». « La réalité sur le terrain est tout autre », écrivait mercredi le WSJ, citant des données maritimes. « Les données de suivi des navires montrent que seulement 14 bateaux ont traversé ce passage maritime mardi. Onze de ces navires ont emprunté la route administrée par l'Iran », souligne le journal, relevant que le trafic a été ralenti tout au long du mois de juillet, avec une moyenne de 26 passages par jour, et en juin, avec 33 passages par jour. Le WSJ ajoute : « Bien que la marine américaine ait guidé plusieurs pétroliers à travers le détroit, allégeant ainsi la pression sur les marchés de lénergie, son action reste marginale. Pour appuyer ce constat, le journal rapporte une déclaration d’Amin Nasser, PDG de Saudi Aramco, la semaine dernière, confirmant que «lemprise de l’Iran sur le détroit a coûté au monde plus de 2,6 milliards de barils de pétrole depuis le début de la guerre menée par les États-Unis et Israël en février ». La hausse des prix des carburants pèse sur le pouvoir d'achat des Américains Avec des prix de l'essence et du diesel atteignant des niveaux record aux États-Unis, le coût des carburants exerce une pression croissante sur le pouvoir d'achat des Américains, dans ce contexte de guerre et de perturbations des approvisionnements pétroliers via le détroit d'Ormuz. Selon l’American Automobile Association (AAA), après une semaine de baisse, le prix moyen national du gallon dessence ordinaire a remonté depuis jeudi. « Le prix moyen national du gallon d'essence ordinaire est de nouveau à la hausse après une semaine de baisse. Aujourd'hui (jeudi 13 août, ndlr), il atteint 4,07 $ après être tombé à 4,00 $ lundi », lit-on dans une publication de l’Association. « À ce jour, le prix moyen national de l'essence est le plus élevé jamais enregistré pour un mois d'août », ajoute lAAA qui rappelle quil y a un mois lessence ordinaire était à 3,87 $ le gallon et 3,15 $ il y a un an. Pour le diesel, élément vital pour le secteur du transport des marchandises aux Etats-Unis, le prix du gallon est passé, jeudi, à une moyenne de 5,4 $.