Plan de cessez-le-feu

Téhéran étudie la réponse des États-Unis

Mercredi, 215e jour de l’agression américano-sioniste contre l’Iran et 105e jour depuis la signature de l’accord entre Téhéran et Washington.

Téhéran étudie la réponse des États-Unis
L’Iran a reçu une réponse des États-Unis à son plan portant des conditions d’un cessez-le-feu de sept jours avant la réouverture du détroit d’Ormuz. La proposition américaine a été transmise au Président Pezeshkian, a déclaré la porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani. Téhéran devrait à son tour, évaluer le document de la Maison Blanche, avant de se prononcer sur la suite à lui donner. A Ghaza, le bilan, publié mardi, par le Bureau des médias du gouvernement, sur les résultats d’une année depuis la signature de l’accord de «cessez-le-feu», en octobre 2025, démontre la complicité totale des Etats-Unis dans les crimes de l’entité sioniste, et l’incapacité évidente des médiateurs arabes à faire respecter ses engagements à la partie israélienne. « Sortir de l’impasse » L’Iran a reçu une proposition de la part des États-Unis dans le cadre des efforts diplomatiques des médiateurs qataris visant à « sortir de l’impasse» concernant le conflit en cours, a déclaré la porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, dans un communiqué relayé par l’agence iranienne IRNA. Mme Mohajerani a indiqué que le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait confirmé la réception de cette proposition lors d’une réunion du gouvernement mercredi, mais qu’il n’a donné aucun détail sur sa teneur, précisant que le document a été transmis au président iranien Massoud Pezeshkian, pour examen et discussion avec le gouvernement et d’autres instances dirigeantes du pays. Selon la correspondante d’Al Jazeera English (AJE) à Téhéran, l’examen de la réponse américaine est un «processus de longue haleine», du fait de la «complexité du système politique iranien», «avec à sa tête le Guide suprême, Mojtaba Khamenei, aux côtés du Conseil suprême de sécurité nationale, ensuite le gouvernement ainsi que l’appareil militaire, incluant à la fois l’armée régulière et le Corps des gardiens de la révolution islamique». Par ailleurs, selon un analyste, la dernière proposition américaine adressée à l’Iran suggère que Washington cherche à modifier le calendrier du plan initial de sept jours prévu par Téhéran pour mettre fin au conflit. Cela signifie que les États-Unis ne remettent pas en cause « les sujets de discussion, mais la manière dont ils vont mettre en œuvre la séquence des différents volets de cet accord», a déclaré Luciano Zaccara, professeur associé adjoint à l’université de Georgetown au Qatar, à Al Jazeera. « Je pense que les deux parties cherchent à sortir de cette guerre tout en sauvant la face», a-t-il ajouté. Ghaza : 5147 violations israéliennes du cessez-le-feu Un an après l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Ghaza, le 11 octobre 2025, «l’occupation israélienne a violé ses engagements à 5147 reprises, causant la mort de 1421 martyrs, blessant 4983 personnes, et 198 arrestations, ainsi qu’une situation humanitaire catastrophique à tous égards, exposant des centaines de milliers de personnes déplacées à des conséquences mortelles », a déclaré le Bureau des médias du gouvernement dans un bilan publié mardi. Répondant aux «allégations trompeuses de l’occupant concernant des «fournitures abondantes», le communiqué affirme, chiffres à l’appui, que seuls 72.826 camions ont été autorisés à entrer dans Ghaza sur les 210.600 attendus conformément à l’accord (600 camions par jour) soit un «taux de conformité inférieur à 35 %». En matière de circulation des voyageurs, «seules 13.785 personnes sur les 35.000 autorisées ont pu quitter ou rejoindre la bande de Ghaza, soit un taux de respect de seulement 39%». Concernant la crise humanitaire sans précédent que vit l’enclave, le document dénonce une « véritable destruction de l’existence » du peuple palestinien à Ghaza, résultant du ciblage délibéré des systèmes de santé, d’éducation et des infrastructures, conjugué à une «politique de famine brutale et systématique» imposée quotidiennement. À l’approche de l’hiver, «plus de 1,5 million de personnes déplacées vivent dans 162.000 tentes délabrées et inutilisables, sur les 270.000 tentes que compte la bande de Ghaza», ce qui représente un «taux de détérioration supérieur à 60%». En outre, «plus de 255 bâtiments fissurés menacent de s’effondrer à tout moment, faisant craindre une répétition de la tragédie de l’immeuble «Happiness Building» de la ville de Ghaza». Le Bureau des médias appelle la communauté internationale, l’ONU et les organisations internationales à «intervenir d’urgence» et à «exercer une pression réelle» sur l’occupation pour «sauver la population de Ghaza du génocide perpétré et des massacres de civils», et réclame «la réouverture complète des points de passage, l’autorisation pour les malades et blessés de se faire soigner, la fourniture des produits de première nécessité, la fin de la politique de famine et de soif, ainsi que l’acheminement urgent de secours d’hiver pour éviter une catastrophe humaine de grande ampleur».