Tout en préservant le pouvoir d’achat

Tebboune mise sur la production locale et la croissance

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé la volonté de l’Algérie de poursuivre la transformation de son économie, en réduisant sa dépend...

Tebboune mise sur la production locale et la croissance
Il a souligné la nécessité de passer d’une économie dirigée à une économie davantage ouverte et fondée sur la liberté d’entreprendre, sans provoquer de dégâts sociaux. Un processus de transition qui devrait, selon lui, s’achever à l’horizon 2027. Lors de son intervention devant les opérateurs économiques, au Centre international de conférences (CIC) Abdelatif-Rahal, à Alger, le chef de l’État a salué l’initiative du Conseil du renouveau économique algérien (CREA) d’organiser ce forum périodique, devenu, selon lui, « une bonne tradition ». Cette rencontre constitue une occasion de renforcer le dialogue entre les opérateurs économiques et les membres du gouvernement afin d’accompagner l’activité économique et l’investissement. Reconnaissant l’existence de certaines insuffisances, Abdelmadjid Tebboune a néanmoins mis en avant les progrès réalisés entre 2020 et 2026. Il a rappelé qu’auparavant, l’économie nationale était caractérisée par un manque de coordination entre les secteurs et une forte orientation vers l’importation. L’Algérie occupe aujourd’hui, a-t-il affirmé, la troisième place économique en Afrique. Le président a également souligné la baisse structurelle des importations, dont la facture est passée de 62 à 42 milliards de dollars. Cette évolution ne signifie pas que l’Algérie a cessé d’importer, a-t-il précisé, mais qu’elle développe davantage sa production nationale et réserve les importations aux besoins nécessaires. À titre d’exemple, il a cité l’industrie pharmaceutique nationale, qui couvre désormais 83% des besoins du marché. Il a également relevé la progression de la contribution de l’industrie au produit intérieur brut (PIB), passée de 3% à 10%. Des avancées importantes qui doivent, selon lui, être consolidées, notamment à travers le développement de la production nationale. Le chef de l’État a, par ailleurs, fait état de 18.000 de véritables projets d’investissement, des projets effectifs, dont 11.000 projets d’extension, témoignant de la dynamique engagée par les entreprises. S’agissant de l’amélioration du climat des affaires, Tebboune a mis en avant le rôle du guichet unique de l’investissement, appelé à devenir l’interlocuteur des investisseurs nationaux et étrangers. Présentant ce dispositif comme une structure inédite, il a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’un simple guichet administratif, mais d’un véritable « mini-gouvernement », placé sous la responsabilité d’un manager ayant rang de ministre d’État. Le transfert des prérogatives de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) vers ce guichet devrait intervenir dans un délai de deux mois, soit à l’horizon de janvier, a-t-il indiqué. L’objectif est de faciliter les démarches des investisseurs, de lever les entraves administratives et de simplifier l’accès au foncier économique. Le président de la République a également abordé la question des fluctuations des prix, appelant certains acteurs à s’éloigner des pratiques relevant de la cupidité afin de préserver le pouvoir d’achat, notamment celui des classes moyenne et défavorisée. Il a estimé que les hausses de prix pouvaient se justifier pour certains produits hors saison, dont la production nécessite notamment le recours aux serres agricoles. En revanche, il a jugé intolérables les augmentations touchant les produits de saison. Il a cité l’exemple de la pomme de terre, dont le prix était descendu à 40 DA le kilogramme, au moment où certains réclamaient l’autorisation d’exporter les excédents de production, avant de grimper brusquement à 120 DA le kilogramme. Les autorités sont alors intervenues pour plafonner son prix à 90 DA le kilogramme. Pour Tebboune, une économie moderne ne peut fonctionner sans régulation du marché, afin de limiter les dégâts et de protéger le pouvoir d’achat des citoyens. De son côté, le président du CREA, Kamel Moula, a affiché son optimisme quant aux perspectives économiques du pays, prévoyant une croissance de 4%, contre 3,8% selon les prévisions évoquées lors de son intervention. Il a salué les progrès accomplis en matière de diversification économique et insisté sur la nécessité de renforcer le partenariat entre l’État et les entreprises, tout en luttant contre les pratiques illégales qui portent atteinte à la concurrence loyale et à l’image des opérateurs économiques.