Après les attaques américaines

Situation très tendue dans le détroit d’Ormuz

Vendredi, 133e jour de l’agression américano-sioniste contre l’Iran et 23e jour depuis la signature de l’accord entre Téhéran et Washington.

Situation très tendue dans le détroit d’Ormuz
La situation reste très tendue dans le détroit d’Ormuz qui est quasiment fermé à la navigation depuis les attaques américaines sur plusieurs villes iraniennes mercredi dernier. Dans sa riposte, l’Iran a bombardé des bases américaines au Koweït et à Bahreïn. Si la journée de jeudi a été calme, une recrudescence des attaques américaines et une riposte iranienne n’est pas à écarter, ce qui risque de compliquer davantage la situation dans le détroit d’Ormuz. Selon des données de navigation de l’unité Open Source d’Al Jazeera, le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz était quasiment à l’arrêt dans les deux sens jeudi matin, suite à la reprise des attaques américaines contre l’Iran. Al Jazeera rapporte également que les données de la plateforme Marine Traffic indiquent un passage limité dans le détroit d’Ormuz, restreint à six navires, dont deux pétroliers, un méthanier, deux cargos et un vraquier, lors de la matinée de vendredi. L’Iran avait menacé mercredi de fermer complètement le détroit d’Ormuz si les États-Unis lançaient de nouvelles attaques. Par ailleurs, l’Iran a averti que toute attaque contre ses infrastructures entraînerait une riposte et qu’Israël « ne sera pas épargné», a rapporté hier Press TV. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien (CSSN), Mohammad Baqer Zolqadr, a déclaré vendredi sur son compte X, que « toute attaque contre les infrastructures iraniennes entraînera une riposte ». Cet avertissement intervient suite aux nouvelles menaces du président américain Donald Trump de cibler les ponts et les centrales électriques iraniennes en début de semaine. L’armée américaine a mené plusieurs attaques, mercredi et jeudi, dans plusieurs provinces iraniennes, ciblant des sites militaires et civils ayant fait au moins 14 martyrs. Une «question d’interprétation» du Mémorandum d’accord Le Qatar et le Pakistan déploient, depuis jeudi, des efforts concertés pour réduire les tensions militaires entre Téhéran et Washington et éviter une confrontation ouverte, selon le chef du bureau d’Al Jazeera à Téhéran. La même source indique que les médiateurs s’attachent à résoudre les principaux désaccords relatifs à la navigation dans le détroit d’Ormuz et au mécanisme de gestion des fonds iraniens gelés, et lever les obstacles qui entravent l’activation des comités conjoints chargés du dossier nucléaire et la levée des sanctions. Le chef du bureau d’Al Jazeera à Téhéran explique que le principal point de désaccord réside dans les interprétations divergentes des protocoles d’accord, en particulier son article 5. Rappelons que l’article en question stipule que «dès la signature de l’accord», l’Iran doit «assurer le passage gratuit et sécurisé des navires commerciaux entre le Golfe persique et la mer d’Oman, et vice-versa, pendant une période de 60 jours seulement» et de «procéder au déminage dans un délai de 30 jours». Le même article assure aussi le droit de l’Iran à engager «un dialogue avec le Sultanat d’Oman afin de définir la future administration et les services maritimes dans le détroit d’Ormuz, en concertation avec les autres États riverains du Golfe persique, conformément au droit international applicable et aux droits souverains des États côtiers du détroit d’Ormuz». AIE : L’escalade menace la reprise de l’approvisionnement en pétrole L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a averti, vendredi, que la reprise des combats entre les États-Unis et l’Iran menace d’aggraver la crise énergétique mondiale. L’agence onusienne a souligné le risque que la reprise des hostilités ne compromette les espoirs d’une reprise rapide des marchés de l’énergie qui était en cours depuis la signature du mémorandum d’entente signé le 17 juin dernier. Selon le dernier rapport mensuel de l’AIE sur le marché pétrolier, la demande mondiale de pétrole devrait chuter cette année pour la première fois depuis 2020, le conflit continuant de perturber la production et les exportations au Moyen-Orient. Selon les estimations de l’Agence, la fermeture effective du détroit d’Ormuz avait réduit les flux de pétrole brut de 14 millions de barils par jour (bpj), avec pour conséquence une importante pénurie de carburants et une hausse des prix qui ont durement frappé l’économie mondiale. Depuis la signature du Mémorandum d’entente et de la réouverture du détroit, l’offre mondiale de pétrole a augmenté de 4,1 millions de bpj en juin, mais demeure loin des 9,4 millions de bpj d’avant-guerre, précise encore l’AIE. En supposant une reprise totale de la navigation dans le détroit d’Ormuz, l’Agence internationale de l’énergie avait prévu un excédent de 4,62 millions bpj dans l’offre mondiale en 2027, contre un déficit de 860.000 barils par jour en 2026.