Industrie pharmaceutique
Réduire la dépendance aux matières premières importées
L’Algérie mise sur une double ambition dans le secteur pharmaceutique: consolider sa souveraineté sanitaire à travers le développement de la production locale, ...

L’Algérie mise sur une double ambition dans le secteur pharmaceutique: consolider sa souveraineté sanitaire à travers le développement de la production locale, notamment des matières premières, et conquérir de nouveaux marchés à l’international pour faire de cette industrie un levier de diversification économique. C’est ce qu’a affirmé Redha Belkacemi, chargé d’études et de synthèse au ministère de l’Industrie pharmaceutique, lors de son intervention hier dans l’émission « L’Invité du jour » de la Chaîne 3 de la Radio algérienne. Pour accompagner cette dynamique, les pouvoirs publics ont engagé plusieurs facilitations douanières, administratives et bancaires destinées à soutenir les opérateurs économiques dans leurs démarches à l’exportation, a précisé l’invité de la Radio. Ces mesures comprennent notamment des avantages accordés aux opérateurs agréés, des dispositifs de soutien à la participation aux manifestations commerciales internationales. Ainsi que l’adaptation des procédures d’enregistrement des médicaments destinés exclusivement à l’exportation. Le potentiel industriel national constitue un atout majeur, souligne-t-il. Nous avons plus de 230 établissements de fabrication. Le renforcement de cette capacité passe par une réduction progressive de la dépendance aux matières premières importées. Plusieurs projets sont ainsi engagés, notamment dans la production de paracétamol et d’anticancéreux, ainsi que dans la modernisation, à Médéa, des installations de Saidal dédiées aux matières premières antibiotiques. En matière d’exportation, la dynamique est déjà amorcée. Selon les dernières déclarations du ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, les exportations algériennes de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux ont atteint près de 52 millions de dollars en 2025, avec des livraisons vers 33 pays, dont 18 pays africains. Dans cette perspective, l’Algérie poursuit également les réformes visant à atteindre le niveau de maturité 3 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette reconnaissance devrait renforcer la crédibilité du système réglementaire national et faciliter l’accès des médicaments algériens aux marchés étrangers, tout en confortant les exigences de qualité, de sécurité et d’efficacité. Au-delà des ambitions à l’exportation, la disponibilité des médicaments demeure une priorité. La première liste nationale des médicaments essentiels devrait être finalisée avant la fin de 2026. Élaboré par un comité d’experts, ce référentiel permettra de hiérarchiser les besoins sanitaires, de garantir la disponibilité des traitements prioritaires et d’identifier les médicaments importés susceptibles d’être fabriqués localement, afin d’orienter les investissements industriels. A cela s’ajoute le mécanisme de veille, associant plusieurs institutions et partenaires socio-économiques, assure le suivi des tensions d’approvisionnement pour anticiper les risques de pénurie et intervenir en amont.