Détroit d’Ormuz
Premiers accords entre l’Iran et Oman
Mercredi, 180e jour de l’agression américano-sioniste contre l’Iran et 70e jour depuis la signature de l’accord entre Téhéran et Washington. L’administration am...

Les discussions entre l’Iran et Oman sur la gestion du détroit d’Ormuz semblent s’accélérer après la visite du MAE omanais à Téhéran mardi. Hier, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères annonce que la voie de transit convenue avec Oman a une largeur de 7 miles. Pour le moment, les transits via le détroit d’Ormuz sont à leur plus bas niveau, et les données d’entreprises spécialisées confortent la version iranienne sur la fermeture de cette importante voie de navigation. Des compagnies pétrolières « évitent les navires figurant sur la liste noire iranienne » a rapporté, hier, l’agence Reuters. Une soixantaine d’entités visées par des sanctions économiques américaines Dans l’objectif de « couper tous les liens économiques vitaux » de l’Iran, les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions économiques « secondaires » contre une soixantaine d’entités qui entretiennent des relations commerciales avec Téhéran. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé ces mesures lundi, qualifiant la campagne d’« asphyxie économique » de l’Iran. « Partout dans le monde, notre objectif est de couper tous les liens économiques vitaux qui soutiennent ce régime tyrannique, jusqu’à ce que Téhéran soit totalement isolé », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par Al Jazeera English. Les 60 entités, ainsi que des personnes, sont accusées par Washington d’aider l’Iran à générer des revenus pétroliers, à se procurer des armes et à mener des cyberopérations, ajoute le même source. Il s’agit, globalement, des entreprises liées aux actifs numériques, la technologie, l’or, l’aviation et le transport maritime. Iran-Oman: Accord sur un passage large de 7 milles Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a annoncé, mardi soir, que Téhéran et Mascate sont arrivés à un accord délimitant un « passage temporaire » sous leur contrôle via le détroit d’Ormuz, ainsi que la fermeture de la voie méridionale proche des eaux territoriales omanaises, a rapporté Al Jazeera. « Nous sommes parvenus à un accord avec Oman concernant des négociations techniques visant à convenir d’une voie alternative à celle utilisée précédemment dans le détroit d’Ormuz », a déclaré Kazem Gharibabadi. Selon lui, la voie de transit convenue avec Oman « mesure 7 miles de large », précisant qu’il s’agit d’un passage « temporaire », le temps pour les négociations entre deux pays de dégager une « voie permanente». D’une «durée de 30 à 60 jours », ces négociations concernent également « les modalités futures de gestion du détroit d’Ormuz ». « Nous avons convenu avec Oman que l’activation de la voie commune dans le détroit d’Ormuz impliquerait la fermeture de la voie méridionale », a soutenu le même responsable, avant de rappeler que « les États-Unis et les autres pays doivent savoir que le détroit d’Ormuz ne sera pas ouvert sans l’accord de l’Iran ». De leur côté, les Gardiens de la révolution iraniens (CGRI) ont affirmé que « si les États-Unis abandonnent leurs manœuvres d’obstruction et réintègrent le Mémorandum d’entente, nous pourrons ouvrir le détroit d’Ormuz ». « Nous avons un accord avec Oman concernant notre partage respectif des eaux et des revenus du détroit d’Ormuz », ajoute le CGRI. Par ailleurs, selon les données de suivi des navires de la société Kpler, citées par Reuters, « 5 navires ont franchi le détroit d’Ormuz mardi », dont deux méthaniers transportant du gaz de pétrole liquéfié (GPL) et un autre transportant du bitume ont quitté le détroit, alors que deux pétroliers vides sont entrés dans le détroit. Ce nombre est nettement inférieur à la moyenne des 10 derniers jours, qui est de 15 navires, précise-t-on. Des compagnies pétrolières évitent les navires de la «liste noire» établie par Téhéran Selon Reuters, des compagnies pétrolières prévoient d’éviter les navires figurant sur la liste noire iranienne. «Au moins trois raffineurs indiens et un grand groupe énergétique international prévoient de cesser d’utiliser les navires figurant sur la nouvelle liste noire iranienne, notamment pour les transbordements de navire à navire, en raison de problèmes de sécurité, ont indiqué cette semaine quatre sources directement informées du dossier », révèle l’agence. Pour Reuters, la décision iranienne de mettre sur liste noire 45 navires « vise à entraver les opérations de navette que les producteurs de pétrole du Golfe, tels que les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, ont mises en œuvre avec des pétroliers dédiés pour acheminer le pétrole du Golfe via le détroit d’Ormuz, afin de le décharger par transbordement de navire à navire dans le golfe d’Oman, puis de le transférer sur des navires destinés aux utilisateurs finaux ». Les navettes maritimes ont permis de maintenir les flux pétroliers en provenance du Moyen-Orient, fortement réduits par les restrictions imposées par l’Iran au trafic maritime dans le détroit en raison du conflit. En outre, plusieurs sociétés d’affrètement et de transport maritime examinent la possibilité de poursuivre ou d’interrompre les transbordements de pétrole de navire à navire et évaluent l’avertissement iranien, selon l’agence de presse. Légende de l'image