Intoxications alimentaires
Plus de 60% des cas enregistrés lors des fêtes de mariages
Les risques d’intoxication alimentaire, qui ont connu une baisse notable en Algérie au cours des trois dernières années, restent très élevés dans les espaces fa...

C’est ce qui a été souligné par le directeur chargé de la qualité et de la protection du consommateur au sein du ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché, Noureddine Haridi, qui a affirmé que les analyses ont révélé la persistance de certaines infractions liées au non-respect des conditions d’hygiène, de transport, de conservation et de la chaîne du froid. Dans des déclarations faites jeudi à l’émission « L’invité du matin » sur la première chaîne de la Radio algérienne, M. Noureddine Haridi a révélé que plus de 60% des cas d’intoxication collective en Algérie sont dus à des espaces privés destinés à la restauration collective lors des fêtes de mariages et de banquets, précisant qu’aucun cas d’intoxication n’avait été enregistré à ce jour sur le territoire national. Ajoutant dans ce sillage que «le ministère du Commerce a lancé un plan national visant à renforcer la surveillance des denrées alimentaires périssables pendant la saison estivale, dans le but de protéger la santé des consommateurs à proximité des établissements de restauration rapide et des zones touristiques. Dans ce cadre, il est prévu d’intensifier la présence des agents de contrôle dans les différentes wilayas, afin de s’assurer du respect des conditions d’hygiène et de santé publique, et de garantir le maintien de la chaîne du froid pour les denrées alimentaires périssables ». Poursuivant son intervention, il a souligné que « les services de contrôle accordent une importance particulière à la surveillance des conditions de conservation et de commercialisation de produits tels que la viande, le poisson, les fromages, les boissons et les eaux minérales, étant donné que la rupture de la chaîne du froid ou une mauvaise conservation comptent parmi les principales causes d’intoxications alimentaires collectives et individuelles ». Dans ce même contexte, il a rappelé le lancement, depuis le 2 juin dernier, d’une campagne nationale de sensibilisation qui se poursuivra jusqu’à la fin de la saison estivale, sous le slogan : «Faisons de la bonne alimentation un mode de vie permanent ». Cette campagne vise à promouvoir une culture de la consommation saine, à renforcer la prévention des intoxications alimentaires et à ancrer des habitudes saines dans la vie quotidienne des citoyens, a-t-il indiqué. La campagne a donné des résultats positifs depuis son lancement, notamment pendant les examens de fin d’année scolaire au niveau des collèges et des lycées, où les repas collectifs servis aux élèves se sont déroulés dans de bonnes conditions sanitaires, sans incident notable, grâce à la coordination entre le ministère du Commerce et les secteurs ministériels concernés. Un dispositif intégré M. Haridi a précisé que le contrôle couvre les différentes étapes de la chaîne d’approvisionnement des denrées alimentaires, depuis la fabrication jusqu’au consommateur, en passant par le transport, le stockage, la distribution et la vente au détail, soulignant que toutes ces étapes font l’objet d’un suivi continu par les services de contrôle afin de garantir la sécurité des produits. En ce qui concerne le cadre juridique, le directeur de la qualité et de la protection des consommateurs a cité la loi 09-03 relative à la protection du consommateur et à la lutte contre la fraude ainsi que tous les textes d’application qui en découlent, notamment le décret exécutif 12-203 fixant les règles en matière de sécurité des produits. La réglementation, qui interdit à l’agent chargé de la perception des paiements de toucher les denrées alimentaires, étant donné que l’argent est un vecteur de transmission de germes, définit par ailleurs les conditions de conservation propres à chaque catégorie de denrées alimentaires, en insistant sur la nécessité de respecter la chaîne du froid à toutes les étapes du transport, du stockage et de la présentation, a-t-il relevé. La loi prévoit également des normes relatives à la conception des restaurants et à l’aménagement de leurs espaces intérieurs, ainsi que l’obligation d’organiser des formations pour les professionnels dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité alimentaire. M. Haridi a indiqué que la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché avait donné des instructions à la Chambre nationale de commerce et d’industrie afin qu’elle informe les opérateurs économiques de la nécessité d’intensifier la formation en matière d’hygiène et de prévention des intoxications alimentaires. En ce qui concerne le rôle des laboratoires, le directeur de la qualité et de la protection des consommateurs a souligné que l’efficacité de tout système de sécurité alimentaire repose sur un dispositif intégré comprenant la législation, la surveillance, les inspections et les analyses en laboratoire. Il a précisé dans ce sillage que le ministère du Commerce supervise, par l’intermédiaire du Centre algérien de contrôle de la qualité et de lutte contre la fraude, un réseau de 42 laboratoires répartis dans les différentes wilayas du pays, auxquels s’ajoutent 16 nouveaux laboratoires en cours de réalisation. L’intervenant n’a pas manqué de souligner dans ce cadre que l’Algérie est passée à l’ère de la numérisation dans le domaine du contrôle en laboratoire, grâce à un réseau national comprenant 261 laboratoires relevant de plusieurs secteurs ministériels, actuellement placés sous la tutelle du secteur du commerce, ainsi que de huit laboratoires mobiles opérant aux postes-frontières pour la détection rapide des infractions, tout en encourageant les jeunes à créer des laboratoires privés contribuant au contrôle de la qualité des produits et à la vérification de leur conformité aux normes légales, ce qui renforce la protection des consommateurs et améliore le niveau de sécurité alimentaire sur le marché national.