Proche - Orient
Nouveaux échanges de tirs entre les USA et l'Iran
Dimanche, 11e jour depuis la signature du Mémorandum d’entente, entre l’Iran et les Etats-Unis.

Les attaques militaires américaines, une dizaine selon le CENTCOM, contre des installations de surveillance situées sur la côte sud de l’Iran, et la riposte iranienne visant des installations militaires US au Koweït et à Bahreïn, ont eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche. Concernant le détroit d’Ormuz, alors que l’Iran continue de revendiquer un contrôle effectif de cette voie de navigation, Oman semble se diriger, sous la pression américaine et de nombreux pays du Golfe, à l’aménagement d’un passage des navires proche de ses côtes. Selon CNN, «plusieurs grands navires commerciaux, dont deux pétroliers et deux méthaniers, ont (déjà) franchi la partie sud du détroit d’Ormuz en direction des ports du Golfe». Si, comme le suggèrent de nombreux commentateurs, la démarche américaine au Liban et concernant le détroit d’Ormuz, est de nature à mettre en danger la viabilité du Mémorandum d’entente, du 17 juin, voire à le dénoncer implicitement, Téhéran continue de revendiquer son application tout en gardant «la main sur la gâchette». C’est principalement sur ces deux points que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est exprimé, hier, en marge de sa visite à Baghdad, affirmant qu’«aucune partie n’est responsable du fonctionnement du détroit d’Ormuz, et (que) toute action contraire viole le mémorandum d’entente avec Washington». Concernant le Liban, le MAE iranien a affirmé le «mémorandum d’entente ne doit pas être dévié de son objectif, et sa première clause est la cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban», rappelant qu’il est de «la responsabilité du gouvernement américain» d’imposer le «retrait de l’armée sioniste» des territoires qu’elle occupe au sud du pays. L’accord de sécurité est «inacceptable» Les courants politiques de la résistance libanaise et leurs alliés sont montés au créneau pour dénoncer l’accord de Washington qualifié de «nul et non avenu» par le Hezbollah, de «risque pour la souveraineté» du pays par le Mouvement Amal, alors d’autres accusent les autorités libanaises de «complicité avec l’ennemi». Pour le Mouvement Amal, de Nabih Berri (président du Parlement), l’accord de Washington, qui «présente des risques politiques et de souveraineté», est «inacceptable». «Nous appelons le peuple libanais à faire preuve de la plus grande vigilance et d’unité nationale, et à ne pas se laisser entraîner dans les manœuvres de l’ennemi (israélien, ndlr) de semer la discorde», a indiqué le Mouvement dans un communiqué rendu public samedi soir, qualifiant l’accord de «déséquilibré», «favorable à l’ennemi» et «présente des risques politiques et de souveraineté». Najah Wakim, du Mouvement Populaire, a dénoncé l’accord dont «le fondement est l’élimination de la résistance à l’occupation, et non la libération du Liban de l’occupation». «Si les autorités libanaises faisaient preuve d’un minimum de patriotisme, de sens des responsabilités et de sagesse, elles auraient privilégié des négociations militaires indirectes avec l’ennemi, fondées sur une cessation complète et définitive de l’agression et le retrait de l’ennemi de notre territoire occupé», a-t-il ajouté. De son côté, la députée et professeure de Droit international, Halima el Kaakour, du parti socio-démocrate ‘Lana’, a dénoncé l’accord, notamment une de ses clauses qui stipule que les deux parties doivent « s’abstenir de prendre toute mesure hostile ou conflictuelle dans les forums politiques ou juridiques internationaux ». «Cela signifie-t-il renoncer au droit d’engager des poursuites judiciaires pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ? Vous refusez la justice à des milliers de victimes de crimes de guerre, (…) Ne réalisez-vous pas qu’il ne peut y avoir de paix sans justice ? » a-t-elle déclaré. Bombardements israéliens et embuscade du Hezbollah Hier, l’armée israélienne a annoncé la mort d’un officier et un soldat blessé lors d’une embuscade menée par un combattant du Hezbollah dans le sud-Liban. Selon Al Jazeera English (AJE), l’officier de grade de capitaine, tué dans la nuit de samedi à dimanche, était commandant de section du 12e bataillon de la brigade Golani. Des médias israéliens ont précisé que l’embuscade menée par un combattant du Hezbollah a eu lieu à Deir Siryan située en plein cœur de ce que Netanyahu appelle la «zone de sécurité». Samedi, au lendemain de la signature d’accord de sécurité entre les autorités libanaises et l’entité sioniste, l’armée israélienne poursuivait ses bombardements dans le sud-Liban, menant plusieurs frappes aériennes sur la ville de Nabatieh al-Fawqa et ses environs. Hier, l’Agence nationale libanaise a rapporté que les forces israéliennes ont tiré des bombes à fragmentation sur les abords des villes de Chebaa et Chouya, dans le district de Hasbaya. Par ailleurs, Al Jazeera a rapporté, citant la Chaîne 15 israélienne, que «l’accord signé entre le Liban et Israël autorise l’armée israélienne à pénétrer sur des sites afin de vérifier qu’ils sont désormais exempts d’armes et d’infrastructures».