Détroit d’Ormuz
Les USA dévoilent leurs véritables intentions
Lundi, 136e jour de l’agression américano-sioniste contre l’Iran et 26e jour depuis la signature de l’accord entre Téhéran et Washington.

Le président Donald Trump a dévoilé lundi l’objectif des Etats-Unis concernant le détroit d’Ormuz. Il veut en assurer le contrôle et percevoir une indemnisation de 20% en retour de la part des pays qui veulent utiliser cette importante voie maritime pour le transit de la production mondiale de pétrole brut et de gaz naturel. Dans une déclaration téléphonique à Fox News, rapportée par Reuters, Donald Trump a déclaré que les États-Unis prendraient probablement le contrôle du détroit d’Ormuz et devraient être indemnisés pour la gestion de cette voie maritime vitale. « Nous allons garder le détroit et probablement le gérer. Nous en deviendrons les gardiens. On pourrait même dire les anges gardiens. Et nous devrions être indemnisés pour cela », a-t-il affirmé lors d’un entretien téléphonique avec l’émission « Fox & Friends » de Fox News. « Nous allons être payés pour le garder. Nous serons remboursés, car les autres nations sont très riches. Elles sont de notre côté, et on ne peut pas s’attendre à ce que nous fassions cela gratuitement », a-t-il ajouté. Hormis la position ferme de Téhéran sur son droit de gestion de ce détroit qui passe par ses eaux maritimes territoriales, au même titre que le Sultanat d’Oman, la déclaration de Trump n’a suscité, jusqu’à hier après-midi, aucune réaction de la part des pays du Golfe et ceux de l’Union européenne qui réclament à l’Iran une totale liberté de navigation dans cette voie. Outre de divulguer les intentions des Etats-Unis, la déclaration de Trump démontre que le détroit d’Ormuz est encore sous contrôle iranien, contrairement à ses précédents propos et ceux des communiqués du commandement du CENTCOM américain qui annonçaient que la voie maritime est totalement ouverte à la navigation. Pas plus tard qu’hier, Trump a affirmé que le «détroit d’Ormuz est ouvert à la navigation commerciale». Iran : «Pas d’ingérence américaine dans le détroit d’Ormuz» «Nous n’autoriserons absolument pas les États-Unis à s’ingérer dans la gestion du détroit d’Ormuz», a réagit, hier, le quartier général central de Khatam al-Anbiya aux propos de Donald Trump sur Fox News. «La responsabilité de l’insécurité et de l’escalade du conflit dans la région incombe aux États-Unis et aux pays qui coopèrent avec leur armée. Les aventures américaines, qui consistent à s’ingérer dans la gestion d’Ormuz, constituent une grave menace pour la sécurité, le commerce et le trafic maritime de la région», ajoute la déclaration rapportée par Al Jazeera. «Nous continuerons d’exercer notre souveraineté sur le détroit d’Ormuz et de contraindre les puissances étrangères et leurs alliés à capituler», a déclaré de son côté le porte-parole du Corps des Gardiens de la révolution (CGRI). Le Conseiller du Guide suprême affirme lui aussi qu’«aucun Iranien n’envisagerait de renoncer au détroit d’Ormuz», ajoutant que son pays défend ses intérêts dans cette voie maritime «afin de ne pas avoir à faire de concessions à l’ennemi à l’avenir pour garantir le passage de ses navires». Pour le moment, la navigation dans le détroit d’Ormuz reste au point mort dans les deux sens. MAE iranien : «Le Mémorandum d’entente (est) en crise» Dans une déclaration de son porte-parole, le ministère iranien des Affaires étrangères estime que le «Mémorandum d’entente entre l’Iran et les États-Unis est en crise» et que Téhéran ne «prendra pas l’initiative d’une violation» de l’accord contrairement à «Washington (qui) l’a violé à plusieurs reprises». «Washington a fait preuve d’impatience et a violé le Mémorandum sans attendre l’expiration du délai de 30 jours concernant nos engagements dans le détroit d’Ormuz. Nous avons cherché à établir un mécanisme de passage pour les navires, en consultation avec le Sultanat d’Oman, mais les pressions exercées par Washington sur Mascate ont empêché cela», a déclaré Ismail Baghaei. Sur la même question, le porte-parole a estimé que «la déclaration de la troïka européenne concernant le détroit d’Ormuz est dénuée de sens». «Les pays européens étaient et sont encore capables de jouer un rôle constructif dans l’évolution de la situation régionale, mais ils n’ont pas l’intention de le faire en raison de leur soumission à Washington», a-t-il souligné.. Concernant les attaques iraniennes menées dans plusieurs pays du Golfe, Baghaei a expliqué que «nos frappes sont défensives, et ciblent les bases et les équipements militaires américains dans la région». «Nous n’hésiterons pas à nous défendre, et nos ripostes viseront toute zone ou tout point d’où sont lancées des attaques contre notre pays», a-t-il ajouté, rappelant que Téhéran «a appelé à plusieurs reprises les pays de la région à ne pas permettre aux États-Unis et à Israël d’utiliser leur territoire pour nous attaquer». Deux porte-avions américains près du golfe d’Oman «Des images satellites capturées par les satellites européens Sentinel-2 ces deux derniers jours montrent les porte-avions américains USS Abraham Lincoln et USS George H.W. Bush naviguant en mer d’Arabie, près du golfe d’Oman», a annoncé Al Jazeera citant son unité de renseignement open source (OSINT). «Selon les premières mesures effectuées dimanche par l’unité Open Source d’Al Jazeera, l’Abraham Lincoln se trouvait à environ 255 kilomètres des côtes iraniennes, près de l’île de Chabahar, juste à l’extérieur du détroit d’Ormuz, tandis que le George H.W. Bush était à environ 165 kilomètres», ajoute la même source. «Une autre image montrait un navire de guerre accompagnant l’USS George H.W. Bush, indiquant son déplacement au sein d’une formation navale plus importante dans la région», commente la même publication.