Marché des fruits et légumes
Les intermédiaires pointés du doigt
Après une période de forte volatilité, les prix des fruits et légumes amorcent progressivement une phase de stabilisation.

Si la baisse reste en deçà des attentes des consommateurs, une différence de 10 à 30 DA le kg, elle apporte néanmoins un léger soulagement aux ménages, confrontés depuis plusieurs semaines à la cherté des produits alimentaires. Mouad Abed, responsable du bureau de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) pour la wilaya d’Oran, a affirmé que son organisation poursuit toujours ses actions de sensibilisation auprès des commerçants et des mandataires à travers les différentes wilayas du pays. Concernant la pomme de terre, il indique que son prix est désormais passé de 110 à 90 DA le kilogramme, à la faveur du plafonnement décidé par les pouvoirs publics. Certes, cette mesure a entraîné une légère perte pour les agriculteurs, mais celle-ci demeure, selon lui, supportable. La tomate, en revanche, continue de se vendre à des prix élevés, oscillant entre 140 et 150 DA le kilogramme, en raison du d’une légère baisse des récoltes. Une situation qui rappelle, une nouvelle fois, le rôle déterminant de l’équilibre entre l’offre et la demande dans la formation des prix. La courgette a également connu un recul de son prix, passé de 170 à 120 DA le kilogramme, chez le détaillant. Une évolution certes modeste, mais considérée comme positive. Le poulet a, également, enregistré une légère baisse, jugée toutefois insuffisante pour soulager significativement les consommateurs. Au-delà de ces évolutions, le représentant de l’UGCAA estime que la priorité doit désormais être accordée à la lutte contre les intermédiaires opérant dans l’informel. Selon lui, les contacts établis avec les agriculteurs, les grossistes et les détaillants ont permis de mettre en évidence le rôle de ces acteurs dans la fixation des prix et la régulation de la distribution. Il explique que certains intermédiaires achètent d’importantes quantités de fruits et légumes directement auprès des producteurs, parfois dès la récolte, avant de fixer leurs propres prix. Ces pratiques, selon lui, leur permettent d’exercer une influence importante sur les tarifs avant même que les produits n’arrivent chez les détaillants. Pour Mouad Abed, il est donc essentiel de renforcer les mécanismes de signalement afin d’identifier ces intervenants, souvent difficiles à repérer par les services de contrôle, mais connus de certains agriculteurs et commerçants. Il appelle ainsi à une mobilisation accrue des professionnels pour dénoncer les pratiques spéculatives et contribuer à une meilleure transparence du marché. Pour avoir une idée assez claire, et selon le site El Likaa, les prix des légumes enregistrés hier samedi 10 octobre au marché de gros de Boufarik indiquent que l’oignon est cédé entre 55 à 60 DA/kg, la laitue à 80 DA/kg, les carottes à 70 DA/kg, les navets à 120 DA/kg, les betteraves à 75 DA/kg, les poivrons doux à 110 DA/kg, les courgettes à 180 DA/kg, les haricots verts à 180 DA/kg, les aubergines à 40 DA/kg et les tomates de « qualité supérieure » sont cédées entre 160 à 180 DA/kg. Ces prix relevés au marché de gros illustrent les écarts qui persistent entre les différents produits et les catégories de qualité.