Le CNESE se penche sur le phénomène
Les cours particuliers gagnent le primaire
Le Conseil national économique, social et environnemental (CNESE) a consacré une partie de sa troisième session ordinaire de l’Assemblée générale, tenue avant-h...

Présentant ce rapport, le président du CNESE, Sidi Mohammed Boukhari, a estimé que cette question « revêt des dimensions multiples et profondes, dépassant le cadre d’une simple pratique éducative ». Le document s’intéresse notamment aux causes de la propagation de ce phénomène ainsi qu’à ses répercussions socio-économiques et pédagogiques sur le système éducatif. Le CNESE affirme avoir privilégié une approche « objective et équilibrée », visant à comprendre le phénomène à travers ses causes, ses motivations et ses effets, afin de proposer des approches plus adaptées et efficaces pour la scolarisation des enfants. Contacté par nos soins, le pédagogue et ancien syndicaliste du secteur de l’Education, Meriane Meziane, plaide pour une approche scientifique permettant d’identifier les véritables raisons de l’engouement croissant pour les cours particuliers. Il relève que cette pratique, autrefois davantage associée aux classes d’examen, s’est progressivement étendue aux différents niveaux scolaires, jusqu’à toucher les élèves du primaire. Selon lui, cette évolution mérite une réflexion approfondie. « Lorsqu’on voit des cours particuliers destinés à des enfants du primaire, il y a de quoi se poser des questions et se pencher sérieusement sur le phénomène », estime-t-il, appelant à déterminer les facteurs qui expliquent cette tendance. Pour Meriane Meziane, le recours aux cours particuliers peut être compréhensible pour les classes de terminales, où les élèves sont confrontés à des examens importants et peuvent avoir besoin de davantage d’entraînement et de pratique. En revanche, leur généralisation aux élèves du primaire constitue, selon lui, un phénomène qui doit faire l’objet d’une analyse spécifique. Face à l’ampleur prise par cette pratique, le pédagogue estime qu’une réglementation des cours particuliers devrait être envisagée. Celle-ci permettrait notamment de garantir des conditions appropriées d’hygiène, d’accueil et d’enseignement, tout en mettant fin à certaines situations où des élèves sont regroupés dans des salles inadaptées ou dans des espaces ne répondant pas aux normes requises. Il suggère également de réfléchir à l’utilisation des établissements scolaires pour l’organisation de ces cours, afin de garantir de meilleures conditions d’accueil et de permettre aux enfants issus de familles modestes ou plus aisées d’accéder à un encadrement pédagogique dans des conditions convenables. S’agissant des raisons qui poussent les élèves à recourir aux cours particuliers, Meriane Meziane évoque également la question des programmes scolaires. Toutefois, il tient à préciser que le problème ne réside pas nécessairement dans leur densité. Selon lui, les programmes sont officiellement conçus pour être enseignés sur 32 semaines, alors qu’ils sont, dans les faits, dispensés sur une période de 27 semaines. Cette réduction du temps consacré aux apprentissages pourrait, estime-t-il, accentuer la pression sur les enseignants et les élèves et contribuer à favoriser le recours aux cours particuliers, tout en évoquant également la surcharge des classes dans certains établissements.