Négociations directes avec lentité sioniste
Les autorités libanaises appelées à rectifier le tir
Lundi, 164e jour de l’agression américano-sioniste contre l’Iran et 54e jour depuis la signature de l’accord entre Téhéran et Washington.

Les discussions irano-omanaises sur l’administration du détroit dOrmuz se poursuivent. Une « carte de transit » a été établie, en attendant les « détails techniques ». Téhéran affirme que « dans cette phase » des discussions, les deux parties nont pas évoqué la question dintroduire une « taxe de passage » pour les navires empruntant cette voie de navigation. Mais, pour le moment, le détroit dOrmuz reste fermé. Car si lIran dit ne pas discuter de taxes, il veut en échange être dédommagé des énormes pertes économiques causées par lagression américano-sioniste. Cette nouvelle attitude de Téhéran complique davantage la situation de l’administration américaine de Donald Trump qui, « à moins de trois mois des élections de mi-mandat, et alors que le prix de lessence reste bien supérieur à son niveau davant le début du conflit fin février », cherche des « moyens de convaincre lopinion publique américaine que la guerre est gagnée ». Il voulait « proclamer la victoire si lIran rouvrait le détroit dOrmuz, allant même jusquà évoquer en privé avec ses principaux conseillers la possibilité de se retirer sans accord nucléaire », comme le révélait dimanche The Wall Street Journal (WSJ). « Cet objectif revu à la baisse sest compliqué lorsque lIran a exigé samedi le prix le plus élevé jamais fixé pour la réouverture du détroit, réclamant notamment des milliards de dollars de paiements américains, le retrait des troupes américaines de la région et la levée du blocus naval américain », précise la publication citant « des fonctionnaires américains ». Le journal rappelle que les multiples « menaces de reprise dune escalade massive » de Donald Trump, avant de se rétracter, ont montré finalement que « Téhéran est prêt à un conflit long et épuisant », en raison de sa capacité à « bloquer de facto » le détroit dOrmuz, paralysant le trafic commercial et perturbant les marchés pétroliers mondiaux, souligne le WSJ. L’Iran accueille favorablement lalliance de défense tripartite signée à La Mecque Contrairement aux supputations, l’Iran ne se considère pas visée par laccord de défense signé à La Mecque, vendredi dernier, par l’Arabie Saoudite, le Pakistan et la Turquie. Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré que « cet accord témoigne dune évolution dans la perception des pays de la région, qui ont compris que la sécurité ne sachète pas », a rapporté lagence de presse Tasnim. Jugeant cette « évolution digne dintérêt », lintervenant a expliqué que « la politique iranienne consiste à inciter les pays de la région à coopérer et à renforcer leur propre sécurité sans dépendre de puissances extérieures ». Selon lui, les pays de la région « sont parvenus à la conclusion que « les États-Unis ont contribué à linsécurité dans la région et que lentité sioniste naurait pu commettre ses crimes sans le soutien américain ». Une carte israélienne annexant une partie du Sud-Liban Dans un communiqué rendu public dimanche soir, le Hezbollah a dénoncé la publication par le ministère israélien des Affaires étrangères dune carte annexant une partie du Sud-Liban, considérant que cette carte « confirme les ambitions de lentité sioniste au Liban ». « Le ministère israélien des Affaires étrangères a publié aujourdhui (dimanche) une carte incluant le Sud-Liban occupé au sein de son entité illégitime, confirmant sans lombre dun doute les ambitions de lennemi israélien pour le Liban, son territoire, ses ressources et ses capacités, auxquels il na pas renoncé et ne renoncera pas », lit-on dans le communiqué du Hezbollah. La déclaration considère que lentrée de lentité sioniste en « négociations directes » avec les autorités libanaises « nest rien dautre quune tentative flagrante de gagner du temps et dimposer une nouvelle réalité sur le terrain ». Le Hezbollah considère que les autorités libanaises (la présidence et le Premier ministère) « portent lentière responsabilité de leur obstination à poursuivre une voie de concessions et à offrir des cadeaux à lennemi ». Il appelle les autorités libanaises à « rectifier leur trajectoire » et à mettre fin à ces « négociations directes et humiliantes » et « dagir immédiatement à tous les niveaux, du gouvernement au Conseil supérieur de la défense » quil faut convoquer à une « session durgence » afin de « prendre les mesures nécessaires pour traiter cette grave affaire, notamment le dépôt dune plainte urgente auprès du Conseil de sécurité des Nations Unies ». Sadressant à « tous les Libanais, quelles que soient leurs origines », le Hezbollah appelle à une « prise de conscience de lampleur des dangers auxquels les autorités font courir au Liban en persistant dans cette voie de concessions et de négociations humiliantes », et à « lunification des efforts et des positions pour défendre la souveraineté du Liban et ses droits absolus sur son territoire et ses ressources, et comprendre que les ambitions de lennemi ne se limitent pas au Sud-Liban, mais visent lensemble de son territoire », conclut la déclaration.