Envoi de troupes de l’ANP au Niger

Le Sénat donne son feu vert

Une première depuis 1973. Le Conseil de la nation a approuvé à l’unanimité, hier dimanche, la demande du président de la République portant envoi d’unités de l’...

Le Sénat donne son feu vert
Convoqués pour une séance plénière extraordinaire à huis clos, les sénateurs ont donné leur accord, en s’appuyant sur l’article 91 (alinéa 2) de la Constitution amendée en 2020, qui permet au président de la République d’ordonner l’envoi d’unités militaires à l’étranger après approbation à la majorité des deux chambres du Parlement. La même décision devait donc être soumise le même jour (dans la soirée) aux députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) pour un vote semblable, et ce après avoir des interventions des présidents des groupes parlementaires. Le débat au sein des milieux partisans et politiques porte sur le fait que le déploiement d’unités de l’armée se justifie, notamment pour «s’adapter aux évolutions sécuritaires et régionales», et «adapter la politique de défense aux nouvelles réalités», compte tenu de «l’ampleur croissante des menaces transfrontalières, de la multiplication des conflits dans la région du Sahel et en Afrique, ainsi que de la propagation du terrorisme, du crime organisé et du trafic d’armes et de stupéfiants». Cette orientation repose également sur la nécessité de protéger les intérêts vitaux et stratégiques du pays, grâce à «l’adoption d’une approche sécuritaire proactive tenant compte de l’interdépendance entre la sécurité nationale et les évolutions sécuritaires dans le contexte régional et international». La décision des autorités algériennes d’envoyer des unités de l’armée au Niger intervient après la signature, mercredi dernier, d’un protocole d’accord pour le renforcement de la coopération militaire entre les deux pays, prévoyant dans ce cadre « une coopération et un échange d’expériences dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, ainsi que la réponse à tout projet demandé par les autorités nigériennes visant à renforcer les capacités opérationnelles de l’armée nigérienne ». À l’occasion de la visite en Algérie, la semaine écoulée, du ministre nigérien de la Défense nationale, Salifou Mody, le général d’armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire algérienne (ANP), avait affiché «la disponibilité de l’Algérie à examiner toute proposition de la partie nigérienne susceptible de consolider la coopération militaire et sécuritaire, au service des intérêts supérieurs des deux pays frères et conformément à la volonté affirmée de leurs dirigeants ». Rappelons dans ce sillage que l’Algérie a officiellement fait don de quatre hélicoptères militaires et de plusieurs équipements à l’armée du Niger le 9 août 2026. Et, vers la fin du mois d’août, au lendemain d’une tentative de coup d’État, l’Algérie a envoyé au Niger un détachement aérien (quatre chasseurs Soukhoï Su-30 flanqués d’un Iliouchine Il-76 de transport militaire et d’un Iliouchine Il-78 de ravitaillement en vol), qui a tracé la voie vers une assistance militaire plus étendue.