Pénurie artificielle et manipulation des prix
Le Premier ministre met en garde
Le gouvernement entend renforcer le contrôle des circuits de distribution afin d’endiguer les pénuries artificielles, les manipulations de prix et les pratiques...

Face aux dysfonctionnements constatés sur le marché, notamment le non-respect du prix plafonné de la pomme de terre, sa rareté dans certains marchés et les fausses tensions signalées dans l’approvisionnement en huile de table, les pouvoirs publics affichent leur fermeté. Ils réaffirment leur volonté de garantir la disponibilité des produits de première nécessité, de lutter contre les pratiques spéculatives et de préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé, jeudi dernier , une réunion interministérielle consacrée au lancement officiel d’une nouvelle plateforme numérique destinée au suivi quotidien des prix et de la disponibilité des produits de consommation de base à travers l’ensemble des wilayas du pays. À cette occasion, le Chef du gouvernement a réaffirmé la détermination des pouvoirs publics à combattre la spéculation et toute forme de manipulation des prix, assurant qu’aucune complaisance ne sera accordée aux contrevenants. Il a également prévenu que les autorités mobiliseraient tous les moyens légaux et dissuasifs nécessaires pour mettre fin à ces pratiques. Sifi Ghrieb a, par ailleurs, renouvelé l’engagement du gouvernement à accompagner les véritables agriculteurs et opérateurs économiques, tout en dénonçant les agissements de ceux qui s’introduisent dans les circuits commerciaux à des fins spéculatives. Il a reconnu que l’application des nouvelles mesures pourrait se heurter à des résistances, mais a assuré que les pouvoirs publics poursuivront leurs efforts sans relâche pour contrer toute tentative de manipulation du marché. « Ceux qui souhaitent travailler dans la transparence et dans le respect des règles commerciales sont les bienvenus. En revanche, ceux qui s’adonnent à des pratiques frauduleuses feront l’objet de mesures dissuasives », a-t-il souligné. Le Premier ministre a également appelé à renforcer la coordination entre les autorités, les agriculteurs, les opérateurs économiques et les commerçants de gros, préconisant des échanges réguliers, voire quotidiens, afin d’anticiper les tensions et garantir un approvisionnement continu du marché. Il a rappelé que les portes de ses services restaient ouvertes aux professionnels, soulignant que la responsabilité du développement économique du pays était collective. Une traçabilité renforcée des circuits de distribution Au cœur de cette démarche figure la nouvelle plateforme numérique, qui repose sur une approche participative associant les différents intervenants dans les chaînes d’approvisionnement. Elle doit permettre de suivre les marchandises depuis leur production jusqu’à leur arrivée chez le consommateur, en passant par les différentes étapes de distribution, tout en assurant une meilleure visibilité sur les volumes disponibles et les prix pratiqués. Le Premier ministre a notamment insisté sur la nécessité de connaître précisément les transactions réalisées par les opérateurs. « Je dois savoir ce que vous avez vendu, à quel prix et à qui ! », a-t-il lancé. Ce n’est pas de la facturation dit-il, mais c’est assurer plutôt une traçabilité complète des produits, notamment agricoles, afin d’identifier les quantités récoltées, les acheteurs, les prix et les différents intermédiaires intervenant dans leur commercialisation. Ce suivi doit contribuer à détecter les pratiques suspectes, à mieux comprendre les écarts de prix entre les différents maillons de la chaîne et à prévenir les pénuries artificielles, a expliqué le Premier ministre. Dans le même esprit, les walis ont été appelés à prendre immédiatement les mesures légales et dissuasives nécessaires contre toute tentative de perturbation de l’approvisionnement, de rétention de marchandises ou de manipulation des prix. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’application des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à renforcer la régulation du marché national et à protéger les consommateurs. Huile de table : les industriels écartent tout risque de pénurie Cette fermeté intervient dans un contexte marqué par des inquiétudes concernant la disponibilité de certains produits de consommation, notamment l’huile de table. Le groupe Cevital Agroalimentaire a tenu à rassurer quant à la régularité de son approvisionnement. Face aux rumeurs de pénurie et aux informations faisant état de hausses de prix, les principaux producteurs nationaux ont tenu à rassurer les consommateurs. Cevital, Sim et LaBelle affirment à travers des communiqués que leurs unités de production fonctionnent normalement et qu’aucune perturbation majeure n’affecte, à ce jour, la fabrication ou la distribution de leurs huiles alimentaires. Dans son communiqué, Cevital Agroalimentaire assure veiller régulièrement à l’approvisionnement du marché national et indique n’avoir enregistré aucun incident susceptible de perturber la production ou l’acheminement de ses produits vers les commerces. De son côté, le groupe Sim affirme que ses deux marques d’huile, Zitna et Bahia, continuent d’être produites selon le calendrier habituel. L’entreprise indique que ses unités fonctionnent à pleine capacité et que ses stocks de matières premières restent suffisants pour assurer la continuité de l’approvisionnement.