Détroit d’Ormuz
Le plan de l’Iran pour faire cesser les hostilités
Vendredi, 210e jour de l’agression américano-sioniste contre l’Iran et 100e jour depuis la signature de l’accord entre Téhéran et Washington.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré jeudi que Téhéran avait proposé à Washington un « plan de sept jours visant à faire cesser les hostilités, à rouvrir le détroit d’Ormuz et à entamer ensuite des pourparlers globaux sur le programme nucléaire du pays », selon le New York Times. Les ministres des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont réunis jeudi à New York, en marge de l’AG de l’ONU, pour discuter de l’activation de l’Accord de défense conjointe de La Mecque. La rencontre intervient alors que les combats au Yémen s’intensifient entre les forces gouvernementales et le groupe des Ansarallah pour la prise de positions stratégiques à l’ouest du pays. Une feuille de route en sept jours pour mettre fin à la guerre L’Iran a proposé une feuille de route de sept jours visant à mettre fin à la guerre avec les États-Unis, a rapporté le New York Times. Le plan a été présenté aux journalistes, jeudi à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, par le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, selon la même source. Il vise à mettre en œuvre les mêmes conditions du Mémorandum d’entente conclu en juin entre Téhéran et Washington, avant d’être rompu par ce dernier. « Nous avons présenté un plan aux États-Unis par l’intermédiaire de médiateurs : si certaines conditions sont remplies, le détroit d’Ormuz serait ouvert au terme du septième jour et les pourparlers reprendraient », a déclaré M. Araghchi. La feuille de route iranienne demande aux États-Unis de remplir certaines conditions, dont l’arrêt des hostilités sur tous les fronts, y compris à Ghaza et au Liban, sous sept jours, afin de relancer les pourparlers de cessez-le-feu et de mettre fin au blocus qui paralyse ce détroit stratégique. Washington est appelé également à débloquer les avoirs iraniens gelés, estimés à au moins 12 milliards de dollars, et lever les sanctions sur le pétrole iranien ainsi que le blocus naval. La proposition stipule que le détroit d’Ormuz rouvrirait au septième jour, les négociations sur le programme nucléaire iranien débuteraient immédiatement. Selon Al Jazeera English (AJE), un responsable de la Maison Blanche, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué à CNN que l’administration menait des « discussions positives et constructives par l’intermédiaire des médiateurs ». De son côté, le New York Times, citant des analystes, indique que le président Donald Trump « devra mettre en balance les avantages d’un accord avec l’Iran avant les élections de mi-mandat et le maintien d’une pression économique étouffante dans l’espoir d’obtenir davantage de concessions de la part de Téhéran ». M. Araghchi a déclaré aux journalistes qu’il « vaudrait mieux » parvenir à un accord avant ce scrutin, souligne AJE. Le ministère qatari des Affaires étrangères a annoncé vendredi que le chef de la diplomatie, le cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al Thani s’était entretenu avec le président iranien Massoud Pezeshkian au sujet de la désescalade et des conditions du dialogue. Réunion trilatérale à New York pour activer l’Accord de défense conjointe de La Mecque Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a annoncé que les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, de la Turquie et de l’Arabie saoudite se sont réunis, jeudi à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, pour « examiner les progrès accomplis en vue de la mise en place du secrétariat, des comités et des groupes de travail prévus par l’accord, ainsi que les préparatifs en vue du début de leurs travaux », selon Al Jazeera. Au cours de la rencontre, les ministres « ont réaffirmé le droit de l’Arabie saoudite de prendre toutes les mesures qu’elle juge nécessaires pour défendre sa sécurité, conformément à l’article 51 de la Charte des Nations Unies ». « Les ministres ont discuté de la possibilité de convoquer une réunion urgente des chefs d’état-major des trois pays afin d’examiner les moyens d’aider l’Arabie saoudite en vertu de l’Accord de défense conjointe de La Mecque, qui stipule qu’une attaque contre l’une des parties est considérée comme une attaque contre toutes les parties », précise la déclaration. Les chefs d’état-major pakistanais et turc étaient attendus, hier, à Riyad pour une réunion avec leur homologue saoudien dans le cadre de l’Accord de défense conjointe de La Mecque. Le ministère saoudien des Affaires étrangères avait indiqué, jeudi, que les chefs d’état-major tiendraient une réunion d’urgence pour discuter des moyens de soutenir le Royaume, pour faire face aux attaques des Houthis du Yémen. Au Yémen, les forces loyales au gouvernement yéménite ont annoncé la prise du sommet du mont Numan, site stratégique, et de la zone de Dar al-Kafir, dans la province de Lahj. De leur côté, les Houthis ont revendiqué jeudi deux attaques militaires « visant des cibles sensibles à Riyad et de la société Aramco à Yanbu ».