Santé
Le dossier médical électronique arrive
Le lancement de la généralisation du dossier médical électronique à l’échelle nationale se concrétisera dans les deux ou trois prochains mois.

C’est ce qui a été annoncé par le directeur général de la Numérisation et des Systèmes d’information et de l’informatique au sein du ministère de la Santé, Mouhoub Messaoudi. Chargé de diriger la transformation numérique du secteur de la santé à l’échelle nationale, M. Mouhoub Messaoudi a affirmé, hier, que le ministère allait lancer cet été la généralisation du dossier médical électronique à l’échelle nationale, conformément à une stratégie mûrement réfléchie, ce qui permettra la création d’un dossier national unifié pour chaque patient et la connexion des différents établissements de santé à une base de données centrale. S’exprimant sur les ondes de la chaîne 2 de la Radio algérienne, M. Messaoudi a soutenu que la numérisation du secteur de la santé en Algérie a réalisé d’importants progrès en matière d’infrastructures et de systèmes numériques. Précisant que le ministre de la Santé, le Professeur Mohamed Seddik Aït Messaoudène, accorde une grande importance au projet de numérisation et suit de près les différentes étapes de son développement et de sa mise en œuvre. Il a ajouté que le ministère avait fourni les moyens techniques nécessaires au développement de l’infrastructure numérique et à l’équipement des établissements de santé en matériel moderne compatible avec les systèmes d’information, ce qui permet de transférer les données de santé directement vers la base de données centrale en toute sécurité. L’intervenant a précisé que la première phase du projet de numérisation a porté sur la numérisation des services des urgences, ce qui a contribué à mieux organiser l’accueil des patients, à mettre en place un système électronique d’enregistrement des citoyens et à gérer les files d’attente, ainsi qu’à appliquer un système de tri médical qui a révélé qu’une grande partie des personnes se rendant aux urgences ne nécessitaient pas de soins d’urgence, et qu’elles auraient pu être prises en charge au niveau des établissements de santé de proximité. Selon le même responsable, le dossier médical électronique constitue le service le plus important destiné au citoyen, le système hospitalier étant désormais directement relié à la base de données de l’état civil du ministère de l’Intérieur, ce qui permet l’identification immédiate du patient grâce à la carte biométrique et la création d’un dossier médical national unifié basé sur l’identifiant national, et regroupant l’ensemble des actes médicaux et paramédicaux dont bénéficie le citoyen, avec la possibilité d’y accéder depuis n’importe quel établissement de santé du pays sans avoir à se munir de dossiers papier. M. Messaoudi a indiqué que le ministère allait, au cours des trois prochains mois, généraliser cette technologie dans toutes les wilayas, en formant les compétences spécialisées avant de procéder au déploiement du système au niveau des établissements de santé. Une plateforme destinée à la diaspora scientifique Il a également révélé que l’on s’apprêtait à intégrer plus de 12 nouveaux services au sein du portail national des services numériques, parmi lesquels un service permettant de localiser les établissements de santé les plus proches et de connaître leurs spécialités avec les services qu’ils proposent, ainsi qu’une plateforme destinée à recueillir les réclamations des citoyens, des services d’inscription aux concours de recrutement dans le secteur de la santé, sans oublier des plateformes permettant de recenser les paramédicaux, les médecins, les pharmaciens et les chirurgiens-dentistes inactifs, ce qui permettra de les répartir entre les établissements de santé en fonction des besoins et des postes disponibles. Il a également annoncé la mise en place d’une plateforme destinée à la diaspora scientifique afin que ses membres puissent présenter leurs projets et leurs propositions au ministère de la Santé. Dans le même contexte, le responsable a appelé les citoyens à la prudence face aux applications de santé non officielles qui sollicitent leurs données de santé, soulignant que ces données sont considérées comme sensibles et que le ministère de la Santé travaille au développement d’une application officielle permettant au citoyen de consulter son dossier médical électronique ainsi que les résultats de ses analyses et examens, et de bénéficier d’autres services numériques une fois ceux-ci intégrés au portail national des services numériques. Tout en relevant que le ministère utilise des plateformes numériques pour gérer les stocks de médicaments et de matériel médical, ce qui permet d’assurer un suivi des stocks à l’échelle nationale et de signaler immédiatement toute pénurie ou panne technique, soulignant l’existence d’une coordination numérique entre les secteurs de la santé, des finances, de l’industrie pharmaceutique, de l’intérieur et de la sécurité sociale afin de garantir une prise en charge rapide de ces situations. En conclusion, M. Messaoudi a affirmé que le ministère de la Santé avait entrepris, conformément aux directives du président de la République visant à renforcer la coopération avec les pays africains, d’élaborer des programmes de coopération avec plusieurs pays, dont le Tchad et le Niger, comprenant l’échange d’expériences et le transfert du savoir-faire algérien dans les domaines de la santé et du numérique, par le biais de visites et d’échanges de personnel médical et paramédical.