Souveraineté sur Ceuta et Melilla

La réponse cinglante de Madrid au Makhzen

Le ton monte entre Madrid et Rabat. Si les tensions diplomatiques ont été relativement maîtrisées dans un premier temps, suite à la vague migratoire massive mon...

La réponse cinglante de Madrid au Makhzen
Et, c'est le Maroc qui fait dans la provocation à travers de récentes déclarations de son ministre de la Justice, reprochant à l'Espagne sa politique migratoire laxiste et évoquant de nouveau le statut de Ceuta et Melilla. Dans une intervention sur la chaîne publique " 2M ", le représentant du régime du Makhzen a relancé la polémique sur les revendications territoriales, qualifiant les deux villes espagnoles de " droit historique et géographique " du Maroc, et réclamant la création d'une " commission de dialogue " bilatérale pour coordonner leur éventuel transfert. Il n'en fallait pas plus pour faire sortir le gouvernement espagnol de sa réserve. " Ceuta et Melilla sont deux villes espagnoles qui constituent des frontières de l'Espagne et de l'Union européenne ", a ainsi répondu vendredi dernier le gouvernement espagnol aux responsables du régime du Makhzen. Selon le média espagnol " The Objective ", qui cite des sources au sein du cabinet du Premier ministre espagnol, le gouvernement espagnol rejette catégoriquement " toute autre proposition concernant Ceuta et Melilla ", ajoutant que cette position a été " clairement communiquée par les voies diplomatiques appropriées ". La diplomatie espagnole a fermement rejeté toute tentative de dialogue, à la suite des déclarations controversées du ministre marocain de la Justice. Le gouvernement espagnol n'a pas été le seul à réagir aux déclarations de Rabat. Le porte-parole parlementaire de la coalition " Gauche unie ", Enrique Santiago, a défendu la souveraineté de l'Espagne sur les villes de Ceuta et Melilla, affirmant que les habitants de ces deux villes autonomes souhaitent rester espagnols, lors d'une interview accordée à la Radio nationale espagnole (RNE). Le porte-parole parlementaire a également appelé le gouvernement à adopter " une position beaucoup plus ferme à l'égard du Maroc ", et a réaffirmé que la crise migratoire survenue le 30 juillet, au cours de laquelle plus de 60.000 migrants ont franchi la frontière marocaine pour entrer à Ceuta, constituait une " attaque hybride " lancée par le Maroc. D'autres membres de l'exécutif espagnol, à l'instar de la Défense, ont rappelé avec insistance que Ceuta et Melilla demeurent totalement espagnoles, exigeant par ailleurs du Maroc une coopération rigoureuse face aux vagues migratoires.