Approvisionnement en pétrole et en carburant
«La pénurie devrait s’aggraver»
Lundi, 220e jour de l’agression américano-sioniste contre l’Iran et 110e jour depuis la signature de l’accord entre Téhéran et Washington.

Les expéditions de gaz naturel liquéfié (GNL) via le détroit d’Ormuz «ont poursuivi la reprise amorcée en septembre», mais restent «inférieures de plus de 75 % aux niveaux d’avant-guerre», a indiqué Reuters lundi. «Au moins trois cargaisons de GNL ont quitté cette voie maritime stratégique depuis la fin de la semaine dernière, selon les données de suivi des navires compilées par Bloomberg et Kpler. Bien que le trafic sortant ait atteint en septembre son niveau le plus élevé depuis le début du conflit impliquant l’Iran fin février, les flux restent inférieurs de plus de 75 % aux niveaux d’avant-guerre», explique la même source. Une «reprise durable» des expéditions de GNL «pourrait contribuer à faire baisser les prix juste avant l’hiver dans l’hémisphère nord, période où la demande de chauffage connaît généralement un pic», note Reuters, relevant que «cette hausse du trafic survient alors que les risques pour le transport maritime restent élevés, suite à une série d’incidents survenus ces derniers jours». P-DG d’Aramco : La reconstitution des stocks mondiaux «pourrait prendre deux ans» «La pénurie d’approvisionnement en pétrole brut et en carburants raffinés devrait s’aggraver», alors que «la reconstitution des stocks mondiaux pourrait prendre deux ans», a déclaré lundi Amin Nasser, P-DG de Saudi Aramco, dont les propos ont été rapportés par Bloomberg. «Tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas totalement rouvert et que la confiance ne sera pas rétablie, la réalité brutale est que la pression s’intensifiera aux deux extrémités de la chaîne pétrolière. Même alors, reconstituer les stocks tout en répondant à la demande pourrait prendre jusqu’à deux ans», a-t-il affirmé lors de la conférence Energy Intelligence à Londres. Selon lui, depuis le début du conflit, «près de 3 milliards de barils de pétrole ont fait défaut», et «un milliard de barils a été puisé dans les réserves». Le facteur aggravant, note le P-DG de la compagnie saoudienne, c’est que «la majeure partie des prélèvements effectués à ce jour provenait des stocks commerciaux, alors que les quelque 6 milliards de barils restants en réserve ne sont pas réellement disponibles». Reprises des attaques iraniennes visant des pétroliers «La capacité de l’Iran à cibler des navires s’est accrue ces dernières semaines, augmentant ainsi les risques dans le détroit d’Ormuz», a rapporté, lundi, le Wall Street Journal (WSJ) citant un responsable américain. Le même responsable a ajouté que les États-Unis «ont renoncé à cibler des pétroliers iraniens après l’attaque contre leur base en Jordanie, survenue il y a quelques semaines». Hier, un nouvel incident a été signalé à 11 milles marins au nord de Khasab, dans le Sultanat d’Oman, a indiqué l’organisme britannique UKMTO. ll s’agit, ajoute la même source, d’un «pétrolier traversant le détroit d’Ormuz qui s’est conformé à un avertissement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) lui ordonnant de faire demi-tour sous peine d’être pris pour cible». Dimanche, l’UKMTO a signalé qu’un navire a été «touché par un projectile non identifié, causant des dommages à la salle des machines», précisant que l’équipage était en sécurité et qu’aucun impact environnemental n’a été enregistré. Selon des médias iraniens, il s’agit d’une «explosion survenue sur un pétrolier dans le détroit d’Ormuz, tandis qu’un drone a été abattu dans l’espace aérien de l’île de Qeshm». Offensive anti-houthis du gouvernement d’Aden Le président du Conseil de direction présidentiel, Rashad Al-Alimi, a annoncé, hier, le lancement de l’opération «Aube du Yémen» visant à «libérer la capitale Sanaa et à mettre fin au coup d’État des milices terroristes houthies». Selon le porte-parole des forces de la Coalition d’Aden, «100 avions de combat ont participé, à l’opération «Aube du Yémen»», détruisant «324 cibles (houthies, ndlr) de grande valeur». «Nous assurons la protection aérienne du détroit de Bab el-Mandeb», a souligné le porte-parole de la coalition, annonçant également une «offensive stratégique sur la capitale Sanaa», aux mains des Ansarallah et leurs alliés dans le pays. Quelques heures après la déclaration du président du Conseil de direction (basé en Arabie Saoudite), les Houthis ont annoncé à leur tour «le contrôle de la résidence du président du Conseil de direction présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, dans le gouvernorat de Taëz», a rapporté l’agence de presse yéménite (Saba). Dans la nuit de dimanche à lundi, «l’avancée des Houthis sur le front d’Al-Kadha leur a permis de prendre position dans la zone d’Al-Birin, entraînant la coupure de la route reliant Taëz à Al-Turbah», a rapporté Al Jazeera. Information de dernière minute : Selon l’agence de presse Saba, le «Centre de coordination des opérations humanitaires (des Houthis) met en garde toutes les compagnies aériennes civiles que l’espace aérien du Royaume d’Arabie saoudite n’est pas sécurisé, à l’exception de ceux de La Mecque et de Médine».