Économies des pays du Golfe
La guerre laissera des séquelles
Vendredi, 231e jour de l’agression américano-sioniste contre l’Iran et 121e jour depuis la signature de l’accord entre Téhéran et Washington.

Les conséquences de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, pour les pays du Golfe ne disparaîtront pas de sitôt. Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à un rebond des économies du Moyen-Orient, mais pas à moyen terme. Pour l’Arabie saoudite, la situation est encore plus compliquée. En raison de l’escalade du conflit au Yémen, et les attaques des Ansarallah sur les aéroports et les installations pétrolières, le Conseil européen a annoncé le report du deuxième sommet entre l’Union européenne et le Conseil de coopération du Golfe, initialement prévu le 24 octobre à Ryadh. De nombreux événements sportifs prévus dans le royaume sont également perturbés ou reportés. « Les dommages environnementaux causés par la guerre contre l’Iran menacent les générations futures», a déclaré le président iranien, Massoud Pezeshkian, lors de la 17e Conférence des parties à la Convention des Nations unies qui se tient en Arménie. FMI : Les économies du Golfe ne retrouveront pas de sitôt la croissance d’avant-guerre Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit un rebond des économies des pays du Golfe, mais pas à moyen terme, a déclaré le responsable régional de l’organisation dont les propos ont été rapportés par Al Jazeera English (AJE). « Nous ne retrouverons pas la trajectoire d’avant-guerre à moyen terme, car ce choc laissera des séquelles dans divers secteurs, perturbera certaines infrastructures et nécessitera des dépenses supplémentaires pour renforcer la résilience », a expliqué aux journalistes Jihad Azour, directeur régional du FMI. En outre, ajoute la même source, le FMI prévoit une contraction des économies du Golfe, après plus de sept mois de guerre qui continue de peser sur le transport maritime d’énergie et autres bien de consommation. Les projections du FMI, publiées mardi, indiquent que la région Moyen-Orient et Asie centrale, directement exposée à la guerre contre l’Iran, devrait enregistrer une contraction de 0,3% en 2026. L’Arabie saoudite figure parmi les pays les plus durement touchés, avec une contraction attendue de 3,3% de son économie. Par ailleurs, le ministre irakien des Affaires étrangères, Fouad Hussein, a déclaré, mercredi, que les pertes économiques essuyées par le pays, en raison de cette guerre, atteignent 60 milliards de dollars. Le sommet UE-CCG prévu le 24 octobre à Ryadh reporté Le Conseil européen a annoncé que le deuxième sommet entre l’Union européenne et le Conseil de coopération du Golfe, initialement prévu le 24 octobre à Ryadh a été reporté. Dans un communiqué, le Conseil a indiqué qu’une nouvelle date sera communiquée en temps opportun. Outre cette rencontre institutionnelle UE-CCG, l’escalade des attaques des Ansarallah du Yémen visant Ryadh, suivies d’annulations en séries par des compagnies aériennes régionales et internationales des vols de et vers l’Arabie saoudite, ont provoqué des perturbations et des annulations de plusieurs événements sportifs «L’Asian Tour de golf a reporté sine die le tournoi ‘PIF Saudi International’ prévu en 2026», a indiqué hier AJE. Egalement prévu dans la capitale saoudienne, le tournoi de tennis exhibition « Six Kings Slam » a été décalé d’octobre à décembre, tandis que la FIFA a annoncé, jeudi, le report des « FIFAe Finals 2026», une compétition de jeux vidéo, à une date ultérieure indéterminée. Par ailleurs, invoquant des préoccupations liées à la sécurité pour le déplacement à Ryadh, l’Australie a annoncé, vendredi, le retrait de son équipe des championnats du monde de cyclisme urbain prévu début novembre. «À la suite de ces récents développements, de sérieuses interrogations ont surgi quant au maintien, en Arabie saoudite, de la Coupe d’Asie de football, prévue du 7 janvier au 5 février prochains», a commenté Al Jazeera English. Pezeshkian : Les dommages environnementaux de la guerre contre l’Iran Le président iranien Massoud Pezeshkian a mis en garde, vendredi, lors de 17e Conférence des parties à la Convention des Nations unies qui se tient en Arménie, contre l’impact environnemental de la guerre que mènent les États-Unis contre l’Iran. « La guerre ne vise pas seulement les populations et les infrastructures ; elle détruit également les forêts, les zones humides et les ressources en eau, pollue les sols, anéantit des habitats, déplace des espèces animales et introduit des produits chimiques ainsi que des métaux lourds dans les cycles naturels, laissant des séquelles durables bien après la fin du conflit», a déclaré Pezeshkian. Sur un registre lié, Pezeshkian a réaffirmé que son pays «ne cherche pas à se doter d’armes nucléaires», ajoutant que l’Iran est «toujours disposé au dialogue», mais «ne cédera pas à la force».