Extincteurs exigés dans les véhicules

La Fédération des consommateurs demande un gel de la mesure

Face à la forte demande et certaines tensions concernant la disponibilité des extincteurs sur le marché et à la flambée de leurs prix, la Fédération algérienne ...

La Fédération des consommateurs demande un gel de la mesure
Dans une lettre adressée la semaine dernière au ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports ainsi qu’à la présidence de l’Assemblée populaire nationale (APN), la Fédération préconise de suspendre momentanément cette obligation, le temps de permettre un approvisionnement suffisant du marché en équipements répondant aux normes et aux besoins des automobilistes. Contacté hier, le président de la FAC, Zaki Hariz, a estimé qu’il serait plus pertinent, dans l’immédiat, de hiérarchiser l’application de cette disposition, en commençant par les véhicules présentant les risques les plus importants. Il cite notamment les camions, les bus de transport de voyageurs, les taxis ainsi que les véhicules touristiques fonctionnant au GPL. L’obligation pourrait ensuite être étendue à l’ensemble des voitures particulières une fois le marché correctement approvisionné. Selon lui, la forte demande enregistrée ces dernières semaines a entraîné une rupture de stocks chez de nombreux revendeurs et favorisé la spéculation. Les petits extincteurs, lorsqu’ils sont disponibles, sont ainsi proposés jusqu’à 10.000 ou 12.000 DA, contre environ 2.000 à 3.000 DA auparavant. Une situation que nous avons pu constater sur le terrain. Une simple virée chez plusieurs détaillants à Birtouta a permis de relever l’absence d’extincteurs dans les points de vente visités. Les commerçants expliquent que leurs stocks sont épuisés et que les grossistes eux-mêmes ne disposent plus de quantités suffisantes. Pour Zaki Hariz, l’objectif de renforcer la sécurité routière est légitime, mais son application doit tenir compte des réalités du marché et des priorités en matière de sécurité. « Il est toujours positif d’être plus exigeant en matière de sécurité routière », souligne-t-il, tout en appelant à revoir l’ordre de mise en œuvre de certaines mesures afin d’éviter de placer les automobilistes dans une situation difficile. La Fédération affirme avoir été saisie par de nombreux automobilistes confrontés à cette pénurie. Elle a, à son tour, saisi les pouvoirs publics concernés et attend désormais une réponse favorable à sa proposition de gel temporaire. La loi n° 26-09 du 12 mai 2026 portant Code de la route prévoit plusieurs équipements de sécurité obligatoires à bord des véhicules, notamment le gilet réfléchissant, le triangle de pré-signalisation et l’extincteur. Le défaut d’équipement est passible d’une amende forfaitaire de 4.000 DA. La FAC ne remet pas en cause le principe du renforcement des équipements de sécurité. Elle estime toutefois que toute nouvelle obligation doit être accompagnée par les moyens nécessaires à sa mise en œuvre, notamment une disponibilité suffisante des équipements sur le marché et à des prix accessibles. Le président de la Fédération rappelle, par ailleurs, que les règles relatives aux extincteurs diffèrent selon les pays et les catégories de véhicules. Dans certains pays, par exemple, leur présence n’est pas obligatoire dans les voitures particulières, alors que certaines catégories de véhicules professionnels sont soumises à ce genre d’exigences.