Détroit d’Ormuz
L’Iran met en garde contre tout mouvement militaire
Samedi, 17e jour depuis la si-gnature de l’accord entre l’Iran et les Etats-Unis.

La bataille actuelle sur la question du détroit d’Ormuz éclipse totalement le dossier nucléaire iranien. Aux déclarations occidentales sur la nécessité de revenir à la situation d’avant l’agression du 28 février dernier, Téhéran répond en insistant sur la mise en œuvre d’un nouveau mécanisme de navigation dans cette voie maritime et sur l’imposition de droits de passage aux navires. Réagissant à une déclaration de la France et de la Grande-Bretagne concernant le détroit d’Ormuz, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales a averti, samedi dans une publication sur X, que « tout mouvement militaire » dans cette voie maritime aura des «conséquences». «Le détroit d’Ormuz n’est pas un théâtre d’exhibition militaire pour les puissances extrarégionales», a écrit Kazem Gharibabadi, samedi sur son compte X, mettant en garde contre «tout mouvement militaire dans cette voie maritime sensible». «La sécurité d’Ormuz repose sur les États côtiers», a-t-il souligné, ajoutant que «ceux qui sèment la discorde devront répondre des conséquences de leurs aventurismes ; c’est un avertissement sérieux». Cette réaction intervient suite à la déclaration du président français Emanuel Macron, vendredi sur X, annonçant le déploiement de moyens spécialisés de déminage dans le détroit d’Ormuz. « La France a déployé au Moyen-Orient des moyens de déminage, avec notamment deux chasseurs de mines. Accompagnés de deux frégates et d’un avion de patrouille maritime, ces moyens sont prêts à contribuer, avec nos partenaires, à la pleine reprise de la navigation et à garantir la sécurité du trafic dans le détroit d’Ormuz », lit-on dans la déclaration de Macron. Téhéran renforce les mesures de contrôle dans le détroit Sur l’état de la navigation dans le détroit, l’agence Bloomberg a rapporté hier, citant des données maritime, que « huit navires » ont « modifié leur cap » avant de traverser cette voie en raison du renforcement des mesures de contrôle par Téhéran. « Au moins huit navires tentant de quitter le golfe Persique le long des côtes omanaises ont fait demi-tour entre vendredi et samedi, dernier signe en date que la réouverture du détroit d’Ormuz reste compliquée par la volonté de l’Iran d’affirmer son contrôle sur cette voie maritime stratégique », écrit Bloomberg. « Certains navires, dont des pétroliers, des vraquiers et des transporteurs de véhicules, ont poursuivi leur traversée en empruntant une route plus proche de l’Iran », souligne l’agence. « Certains étaient parvenus jusqu’à la pointe de la péninsule de Musandam qui s’avance dans ce passage étroit, avant de faire brusquement demi-tour. Un pétrolier, deux transporteurs de produits raffinés et un vraquier ont ensuite mis le cap au nord pour emprunter une route de sortie imposée par l’Iran », explique encore Bloomberg. Par ailleurs, selon Reuters, le PDG de CMA-CGM Rodolphe Saadé a annoncé, vendredi, qu’un des porte-conteneurs de la compagnie maritime, le San Antonio, gravement touché par un missile dans le détroit d’Ormuz début mai, pourrait être démantelé. Après être resté bloqué dans le détroit pendant des semaines, le San Antonio a été escorté jusqu’à un lieu sûr, a précisé le PDG de la compagnie, ajoutant que le groupe ne prévoit pas, pour l’instant, de reprendre l’envoi de navires dans le Golfe, soulignant que c’était la partie iranienne qui déconseillait actuellement de le faire.