Détroit d’Ormuz
L’emprise iranienne se renforce
Dimanche, 18e jour depuis la signature de l’accord entre l’Iran et les Etats-Unis. L’emprise iranienne sur le détroit d’Ormuz se renforce, selon Bloomberg.

L’agence américaine expliquait, hier, que «le nombre de navires empruntant le détroit d’Ormuz le long de la côte omanaise a chuté dimanche, au lendemain de demi-tours brusques effectués par plusieurs navires qui sortaient par cette voie», ce qui souligne «la volonté persistante de l’Iran de maintenir son emprise sur ce passage maritime». «Entre vendredi et samedi, au moins huit navires ont été observés en train de faire demi-tour alors qu’ils traversaient le détroit d’Ormuz par la voie omanaise. Quatre d’entre eux ont ensuite mis le cap au nord vers la voie iranienne avant de quitter le détroit», affirme encore Bloomberg, ajoutant que «19 navires ont traversé (samedi) le détroit d’Ormuz dans un sens ou dans l’autre, mais un seul a ouvertement signalé son entrée dans le détroit par la voie omanaise». La même source relève que «les compagnies de transport pétrolier peinent à s’adapter à la réouverture en dents de scie du détroit d’Ormuz», mais souligne que la disposition de ces compagnies à «prendre le risque» de traverser ce passage étroit «est cruciale pour la normalisation du marché pétrolier, qui se remet encore d’une crise historique de quatre mois». Six ONG internationales mettent en garde contre l’accord-cadre libano-israélien Amnesty International et cinq autres organisations de défense des droits humains et de liberté de la presse ont averti, vendredi dans un communiqué, que l’accord-cadre, conclu le 26 juin à Washington entre l’entité sioniste et les autorités libanaises, «trahit les victimes de crimes de guerre au Liban». «Certaines dispositions (de l’accord) semblent viser à empêcher les victimes de crimes internationaux graves de demander justice devant des instances internationales», alors que d’autres «semblent cautionner le déplacement forcé, prolongé et à durée indéterminée, de dizaines de milliers d’habitants de vastes zones du sud du Liban occupées par les forces israéliennes», affirment Amnesty International (AI), Human Rights Watch (HRW), Legal Agenda, Lebanese Center for Human Rights (CLDH), the Union of Journalists in Lebanon, et RSF. La déclaration note que la «clause 13 de l’accord engage les gouvernements d’Israël et du Liban à mettre fin à «toute action hostile ou défavorable au sein d’instances politiques ou juridiques internationales»», et souligne que le texte «ne semble pas engager Israël à mettre un terme aux initiatives prises dans les instances internationales à l’encontre du Hezbollah». En outre, ajoutent les six ONG, «la clause 3 contrevient au droit international et à l’interdiction des déplacements forcés, en subordonnant le retour des habitants dans des zones spécifiques situées le long de la frontière - actuellement occupées par Israël - au «désarmement effectif des groupes armés non étatiques et au démantèlement de leurs infrastructures»». «Les victimes de crimes de guerre et d’autres violations méritent justice. Tout accord qui ne centre pas leurs droits à la justice, à la responsabilité et aux réparations échouera sous l’impunité même qu’il crée. (…) Les États qui prétendent défendre l’ordre juridique international doivent s’exprimer : la justice, la réparation et le respect du droit international au Liban et au-delà ne sont pas négociables», a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International. Pour Elsy Moufarrej, présidente du Syndicat des journalistes au Liban, en signant cet accord-cadre, « le gouvernement libanais a cédé un droit qui ne lui appartient pas : celui des victimes de poursuivre les responsables et de les amener à rendre des comptes ». « C’est le droit de ceux qui ont perdu des proches, dont les foyers et les souvenirs ont été détruits. C’est le droit de ceux qui ont accompli leur devoir malgré les dangers, comme les journalistes et les secouristes », a-t-elle ajouté. Les ONG signataires concluent leur déclaration en appelant les autorités libanaises à «prendre d’urgence des mesures concrètes pour honorer leurs obligations au titre du droit international» et d’explorer «toutes les voies possibles pour garantir l’obligation de rendre des comptes, notamment en conférant compétence à la Cour pénale internationale et en cherchant à obtenir réparation pour les violations du droit international» commises par Israël. A noter que l’accord-cadre n’empêche pas l’armée sioniste de continuer à bombarder le Sud-Liban, notamment sur les localités de Deir Siryan, d’Al-Mansouri, et de Tallousah, ainsi qu’à la démolition de maisons et d’infrastructures dans les zones qu’elle occupe.