Développement de la filière viandes rouges
L’Algérie se tourne vers l’Espagne
L’Algérie et l’Espagne affichent leur volonté de renforcer leur partenariat dans la filière des viandes rouges, en privilégiant désormais les investissements, l...

Cette nouvelle dynamique s’est concrétisée par la signature de deux accords de coopération entre des organismes professionnels des deux pays, en marge d’une rencontre bilatérale placée sous le thème « Unir les marchés, renforcer le secteur ». Le premier accord a été signé entre l’Algérienne des viandes rouges (ALVIAR) et les organisations interprofessionnelles espagnoles INTEROVIC et PROVACUNO, tandis que le second a été conclu entre ces deux organismes et le Syndicat national des importateurs de viandes rouges. Le PDG d’ALVIAR, filiale du groupe AGROLOG, Mohamed Rezgui, a expliqué que cette convention-cadre vise notamment à favoriser l’échange d’informations et d’expériences entre les professionnels des deux pays, à contribuer à l’amélioration des races animales et à développer la coopération dans le domaine logistique. Au-delà des échanges commerciaux, ce partenariat ambitionne ainsi d’ouvrir la voie à une implication accrue des opérateurs espagnols dans le développement de la filière en Algérie. Selon le porte-parole du Syndicat national des importateurs algériens de viandes rouges, Sofiane Bahbou, cette coopération pourrait notamment favoriser l’implantation d’entreprises espagnoles en Algérie, en particulier dans la modernisation des abattoirs et le développement de l’élevage intensif dans les régions du Sud, grâce à l’apport de technologies et de savoir-faire. Concernant l’approvisionnement du marché national, Mohamed Rezgui a indiqué que le groupe AGROLOG avait pris, conformément aux directives du président de la République et en coordination avec le ministère du Commerce, les dispositions nécessaires pour répondre à la demande durant le mois de Ramadhan. De son côté, Sofiane Bahbou a assuré que les préparatifs en prévision du mois sacré avaient débuté près de six mois à l’avance. Il a affirmé que « toutes les quantités nécessaires seront importées » afin d’éviter toute rupture d’approvisionnement sur le marché national. Pour sa part, l’ambassadeur d’Espagne en Algérie, Ramiro Fernandez Bachiller, a souligné la volonté de son pays, présenté comme le premier fournisseur de viandes rouges de l’Algérie, d’aller au-delà des échanges commerciaux pour construire une coopération durable dans le secteur de l’élevage. La conseillère économique et commerciale de l’ambassade d’Espagne, Cristina E. Olazabal Valiente, a rappelé, quant à elle, que l’Algérie constituait la première destination des exportations espagnoles de viande bovine hors de l’Union européenne. La rencontre s’est achevée par des rencontres B2B entre opérateurs économiques algériens et espagnols, consacrées à l’examen des opportunités d’investissement, de coopération et de partenariat dans la filière des viandes rouges. Plus de 40.000 tonnes importées d’Espagne en 2025 L’Algérie a commencé à importer des quantités significatives de viandes rouges d’Espagne notamment à partir de 2021, avec un premier quota de 2.500 tonnes destiné à renforcer l’approvisionnement du marché à l’approche du mois de Ramadhan. Depuis, les échanges ont considérablement progressé. Les exportations espagnoles de viande vers l’Algérie ont atteint 332 millions d’euros en 2025, soit 16,5% des ventes espagnoles vers le marché algérien. En volume, elles ont dépassé 40.000 tonnes, dont plus de 27.000 tonnes de viande bovine et près de 14.000 tonnes de viande ovine et caprine, selon des chiffres rapportés par le journal Horizons. La tendance s’est poursuivie au premier trimestre 2026, avec environ 15.000 tonnes de viande bovine et plus de 8.000 tonnes de viande ovine exportées vers l’Algérie, pour une valeur dépassant 200 millions d’euros. Les professionnels du secteur et les pouvoirs publics s’accordent ainsi sur l’importance des importations pour assurer l’approvisionnement du marché et répondre à la demande, notamment durant les périodes de forte consommation. Le vice-président de la Fédération nationale des éleveurs Brahim Amrani a, à ce titre, rappelé l’impact positif des importations de moutons vivants décidées avant le précédent Aïd El-Adha, ainsi que celui des importations de viandes rouges durant le mois sacré. Ces opérations ont permis de diversifier l’offre et de proposer différents niveaux de prix, entre les produits importés et ceux issus de la production locale. Mais au-delà de cette réponse conjoncturelle, les acteurs de la filière estiment que le développement de la production nationale demeure la solution à privilégier à long terme. Le renforcement de l’élevage local permettrait progressivement de réduire la dépendance aux importations, d’assurer une offre plus régulière et de mieux répondre aux besoins croissants du marché national. C’est justement dans cette perspective que s’inscrivent les accords algéro-espagnols signés lundi, en ouvrant notamment la voie à une coopération plus étroite dans la modernisation des abattoirs et le développement de l’élevage intensif, notamment dans les régions du Sud. L’objectif étant de faire progressivement évoluer la relation entre les deux pays, de simples échanges commerciaux vers un partenariat axé également sur l’investissement, le transfert de technologies et le développement de la production nationale.